2 Manchoises sur les pas de St Jacques ,2009.

Vers le col de Roncevaux
Vers le col de Roncevaux

Mon amie Françoise sur 3 années a pélégriné sur La "Via Podiensis" du  Puy en Velay jusqu'à St Jean Pied de Port.

Lui restant le camino en Espagne,  nous avons décidé de le faire ensemble sur 2 années.

Nous avons commencé le chemin le 7 juin 2009, aprés avoir visité St Jean et participé à la messe célébrée en basque.

Moment magique dans cette église,  d'émotions lorsque les hommes se mettent à chanter. Notre pélerinage commence dans la joie et c'est le coeur léger que nous prenons la direction d'Orisson.   Première étape  avec 9km de montée raide. Pour cette première journée, le soleil est avec nous. Passer Honto nous trouvons un coin de verdure, nous prenons le temps de nous arrêter pour nous restaurer. C'est ainsi que nous rencontrons Jean-Jacques parti de son lieu d'habitation "Vire Calvados" pour rejoindre Santiago. Nous repartons avec lui en admirant le paysage qui s'offre à nous. Nous arrivons au refuge d'Orisson tôt dans l'aprés midi, il y a dèjà pas mal de monde. L'ambiance est bonne dans ce lieu, les pélerins se reposent à la terrasse  en se faisant soigner par un ancien pélerin qui paraît - il,  soigne tous les maux par la médecine douce.  Le refuge d'Orisson Chez Etchandy contient 18 places, 1/2 pension,   il est fort conseillé de réserver à l'avance.   Etape de 9km

Nous quittons Orisson
Nous quittons Orisson

Belle soirée dans ce refuge, un repas excellent mais une nuit mouvementée par les ronflements. 

C'est  le coeur gai que nous partons  pour notre  2ème journée sur le Camino. Bernadette de Lilles, nous demande si elle peut nous accompagner, car elle ne souhaite  pas cheminer seule, sauf que Bernadette marche plus vite que nous, nous la reverrons qu'à Roncevaux. Ce matin du 8 juin, il fait soleil, le vent est puissant dans ces montagnes. Le paysage est à couper le souffle, apparaît sur une crête d'un  rocher, la vierge d'Orisson "Vierge de Biakorri". Le vent nous accompagne tout au long de notre marche. Chevaux, brebis, vaches broutent l'herbe en toute liberté. La montagne nous livre ses plus beaux atouts avec cette journée ensoleillée. Arrivées à Roncevaux, nous allons à l'accueil des pélerins pour faire tamponner nos créanciales. Nous visitons l'église Santa Maria, l'église Santiago,  hélas  fermée. Nous pique-niquons  puis repartons en direction d' Espinal où nous trouvons une pension, chambre avec petit dèj. "Espinal est une localité de 240 habitants, il y a  une petite épicerie pour faire le ravitaillement du lendemain et notre repas du soir". Nous retrouvons un pélerin  "Luxembourgeois"  rencontré à Orisson pas très en forme. Il est parti du Vezelay et depuis 2 jours il se plaint de la hanche, nous espérons pour lui qu'il pourra continuer le chemin. Ce soir nous nous endormons avec l'orage.    Etape de 24 kms

Bonne nuit dans ce petit village de la Navarre.  Nous partons vers 7h40, un peu tard mais le petit déjeuner est servi à 7 h.  Sur le chemin, nous retrouvons Jean-Jacques le Virois et Philippe. Le parcours est sinueux mais le paysage magnifique. Les villages s'égrènent au fil des kms. Nous prenons le temps de nous reposer et prendre notre repas dans un tout petit village nommé Urubi.  Nous zigzagons avec le bitume car le Camino, hélas  a  souvent été  dévié. Nous franchissons le Col de l'Erro (810m) direction Larrasoana,  la campagne est  épargnée par le modernisme, la Navarre est boisée est verte. Nous entrons petit à petit dans la peau du pélerin. le village de Larrasoana s'offre à nous avec une rue principale et de jolies maisons. Nous nous dirigeons vers l'albergue municipal où beaucoup de pélerins font la queue pour avoir un lit. Nous sommes acceptées ainsi que le Luxemborgeois qui souffre de plus en plus. Il y a une cuisine  dans ce refuge, mais chose mystérieuse, on ne doit pas cuisiner. Il y a 2 restaurants dans ce village, ceci explique t-il cela! L'ambiance est agréable au repas, car nous retrouvons les pèlerins que nous avons connu à Orisson.    Etape de 20km.

Mercredi 10 juin  6h, nous prenons notre petit dèj sur un banc  dehors, puis prenons un café au restaurant de la veille.  Le refuge n'est pas de première propreté, pas de couvertures non plus, des dames n'ayant que leur drap ont eu froid la nuit. Nous partons vers 7 h15, le temps est beau, nous sommes heureuses de cheminer avec toutes ces personnes de divers nationalités, jeunes moins jeunes, croyants ou simples randonneurs. Aujourd'hui, pas de difficulté, le chemin se faufile à travers prés, sous bois, puis en franchissant des petits ponts très anciens. Pampelune s'ouvre à nous,  magnifique ville que j'affectionne particulièrement. Nous visitons la cathédrale Santa Maria  avec 2 de nos compagnons de route, magnifique monument, le musée diocésain, son cloître. Les ruelles avec ses anciennes demeures, ses places,  où les passants flânent devant un verre, attablés dans les multiples petits cafés. Nous aussi nous nous installons devant une terrasse avec pour repas  une tortilla et une San Miguel. Nous reprenons le parcours en suivant les coquilles qui sont inscrites tous  les 20m  sur les trottoirs, impossible de se perdre.  Nous arrivons à Cisur Menor petite commune de plus de 2000 habitants où 2 albergues sont à la disposition des pélerins. Nous nous dirigeons vers le privé  le Meribel, refuge de 52 places, propre, cuisine, petit jardin, et terrasse pour se reposer. Nous faisons la connaissance d'une Bordelaise  qui chemine depuis Orisson, nous l'invitons à partager notre mince repas. Elle se sent seule sur le chemin et souhaite se joindre à nous pour continuer. Etape de 20 km.

En montant la Sierra Del Pardon
En montant la Sierra Del Pardon

Belle journée pour ce jeudi 11 juin, 7h10 nous prenons le chemin vers la Sierra Del Pardon. Notre Bordelaise ne s'est pas levée à temps, elle nous rejoindra  sur le sommet des pèlerins . Le parcours est difficile mais tellement beau, sauf les éoliennes qui perturbent le silence et cassent un peu les monts. La montée est à la hauteur du spectacle. Nous laissons les Pyrénées derrière nous, lorsque nous arrivons sur la Sierra Del Pardon (780m). Les pèlerins "touristes" en bus, arrivent aussi en masse dans ce lieu. Nous nous arrêtons quelques instants pour prendre des photos et admirer le spectacle qui s'offre à nous. Nous entrons dans le cœur de l'Espagne et bientôt  dans la Maseta. La descente est caillouteuse très pentue,  sur le chemin nous nous arrêtons au village Maruzabal prendre un café "léché, faire nos adieux à Philippe qui repart sur le  Col du Somport. (Philippe est parti de Vézelay et continuera sa route sur le chemin d 'Arles).

Nous continuons  la piste tout en passant dans des petits villages, Uterga, Obanos. Il fait chaud en ce mois de juin. Nous arrivons à Puento la Reina assez tôt pour nous restaurer et visiter la ville. Nous traversons le magnifique Pont Roman qui franchit le cours de l'Arga,   construit au XIe siècle sur ordre de la reine Doña Mayor, épouse de Sanche III de Navarre. Il s’agit de l’un des emblèmes du chemin de Saint-Jacques.

Au cœur  de Puente la Reina, on peut découvrir l'Eglise de Santiago qui date du XIIème siècle. Son village et ses ruelles. 

Le pont de Puent la Reina
Le pont de Puent la Reina

 Après avoir passé un bon moment à Puente la Reina, nous reprenons la route pour la destination de Cirauqui. Nous apercevons l'église baroque à Maneru, nous avons chaud mais le spectacle est à la hauteur tout au long de notre parcours.  En compagnie de Jean-Jacques et Véronique nous arrivons vers le village de Cirauqui, que nous apercevons de loin perché sur une petite colline  à 499 mètres d'altitude. Nous sommes toujours  dans la Navarre. Nous entrons par le bas du village en zigzagant dans les ruelles et trouvons le refuge privé Marlotx (32pls). L'hospitalière nous propose le menu que nous acceptons. Après la douche nous partons visiter  le bourg , l' église San Roman, de style gothiqueun portail en ogive et arcs polylobés.  Une messe y est célébrée nous y participons.

Le repas est copieux,  l'hospitalière a eu la bonne idée rassembler chaque nationalité. Nous retrouvons Alain et Guy "que nous avons connu en montant la colline Del Pardon"  Jean-Jacques et la Bordelaise   avec qui nous cheminons depuis Cisur Menor.

Dormir dans une chambrée de 10 pèlerins pour certaines personnes, pourrait être une mésaventure. En ce qui nous concerne, nous trouvons ce moment agréable  d'être tous ensemble pour partager nos journées passées sur les chemins, nos bobos, et nos bonheurs.

La lessive est un rituel de tous les soirs, surtout lorsqu'il fait  soleil, lavé, séché,  ramassé. C'est aussi  défaire  le sac puis tout remettre,  le quotidien de nos fins de journées.    Etape de 27 km.

Estella
Estella

Ce matin du 12 juin nous partons de bonne heure pour la destination d' Estella, le parcours s'annonce facile jusqu'à cette ville. Nous suivons à bonne distance  la N111. Nous passons le village Villatuerta où se trouve une église romane, Ponts romains tout au long de l'étape, beaux paysages en perspective. 

Nous visitons la ville d'Estella, Le pont del Càrcel, L’église de San Pedro de la Rúa, L’église de San Miguel, L’église du Santo Sepulcro, La Basilique de Notre-Dame du Puyo, Le Palais des Rois de Navarre, LePlaza de San Martin.

Nous y faisons des courses,  puis prenons la direction d'Irache. Nous découvrons le superbe monastère,  daté de 958, le monastère d'Irache,  se trouve au pied du mont Montejurra,  d'une église romane à tour carrée, qui existait sans doute dès l'époque  wisigothique.

Nous sommes récompensées en  découvrant la fontaine à vin qui a été  construite contre un mur qui longe le Camino, les Bodegas Irache   l'ont construite en 1991, en pierre, ainsi, les pèlerins peuvent se désaltérer. Ca tombe bien, nous prenons le pique-nique à cet endroit. Un verre ça va, deux on chantera!

Nous reprenons le chemin jusqu'à Villamayor de Monjarin, un parcours à travers des champs puis sous les chênes verts qui nous conduit en droite ligne au pied de la colline de Monjarin.  

Le village situé sur le versant sud de Monjarín . Au sommet se dressent les restes d’un château, alors que la municipalité s’étend autour de l’église San Andrés.

Des remparts médiévaux du château, seuls sont conservés les vieux murs de grès et l’ancienne citerne d’une maison au toit voûté. Au niveau architectural, il faut signaler l’église paroissiale, un superbe exemple d’art roman dont le portail est le principal élément. Juste avant le village se trouve une fontaine des Maures (la fuente de los moros) merveille gothique.

l'albergue paroissial  Santa Cruz (25 lits) dans 2 dortoirs se trouve à l'entrée du village, nous sommes bien accueillies, nous pouvons y cuisiner. Plus tard nous retrouvons nos amis pour une bonne bière à la terrasse du seul bar qui se trouve sur la place.     Etape de 24 km.

La fontaine Bodegas d'Irache
La fontaine Bodegas d'Irache

Samedi 13 juin nous prenons le chemin à 6h20 pour nous diriger sur Viana. Nous marchons dans l'immensité des champs ou nous n'apercevons pas les villages ni les arbres jusqu'à Los Arcos. Une halte s'impose mais pas de bar ouvert pour prendre notre café léché, une boulangerie est ouverte. Nous repartons pour le petit village de Sansol, le  bar est ouvert, nous y retrouvons notre pèlerin Normand. Nous trouvons  une épicerie à Torres Del Rio et une fontaine pour remplir nos gourdes.

Nous entrons dans la Rioja, paysage de vignes mais aussi d'oliviers tout au long de chemin. Le tracé est simple mais depuis que nous avons quitté Sansol, la N111 n'est pas loin de nous, nous marchons tout en découvrant un parcours fait de petites montagnes et de vallons. Il fait très chaud en début d'après midi, notre Bordelaise décide de se reposer près d'une petite rivière et sous un arbre à 6 km de notre point de chute. Nous ne sommes pas tranquilles de la laisser seule, mais elle ne veut pas continuer sous cette chaleur. Nous lui donnons rendez-vous à Viana au refuge. Nous continuons sous une chaleur torride, l'eau commence à nous manquer. Nous arrivons à Viana, une fontaine se trouve sur notre passage, nous engloutissons 3/4l d'eau  en  une  seule fois, ouf (l'eau c'est la vie, ce n'est pas pour rien qu'on le dit!). L'albergue  des pèlerins se trouve calle San Pedro (54pls) à coté des ruines de l'église du même nom. 

L’église Santa Maria imposante église des XVIe et XVIe siècles, grande comme une cathédrale avec sa haute façade richement ornée, L'hôtel de ville de 1688, avec ses 2 tours, les hôtels de renaissance ou Baroque, Viana comptait jusqu'à quatre hôpitaux pour les pèlerins au XVème siècle. La ville est belle  et une petite visite  s'impose. Nous retrouvons Jean-Jacques ainsi que notre Bordelaise arrivée en soirée,  contentes de la revoir,  ainsi qu'Alain et Guy.

Nous participons à la messe du soir, pour ensuite nous retrouver avec nos cheminants dans un resto qui fait le menu pèlerin.  Etape de 31 kms

Alain, Guy.
Alain, Guy.

Ce dimanche 14 juin, nous quittons le refuge à 6h, des voix attirent notre attention dans une ruelle de la ville, ce sont des hommes qui chantent. Nous  restons un moment à écouter ces voix puis prenons la direction de Logronio. Le chemin n'est pas spectaculaire mais facile sous les pas. Nous retrouvons Jean-Jacques à l'entrée de la ville, à droite la maison de Félicia qui recensait les pèlerins jusqu'en 2002. Félicia n'est plus, c'est sa fille qui a reprit la relève. Nous prenons le temps de faire tamponner nos créanciales, boire un café, puis repartir pour le centre ville. Nous nous arrêtons dans un bar pour nous restaurer comme nous le faisons tous les matins. Nous visitons la cathédrale Santa  Maria, nous traversons la ville assez longue, arrivons  dans le parc Pantano de la Grajera, Jean-Jacques nous fait ses adieux car il souhaite presser le pas, le temps pour lui dure depuis plus de 5 semaines, il a hâte d'arriver  à Santiago pour retrouver sa famille. Il va nous manquer, car nous cheminons avec lui depuis Orisson.

Une fête s'est installée dans ce beau parc, des danseurs flamencos, des grillades, nous y retrouvons Alain et Guy, prenons des photos pour nous souvenir, nous flânons dans cet endroit à écouter la musique. Nous arrivons à Navarrete tôt et décidons d'aller au refuge touristique.

Nous retrouvons Véronique  dans l'albergue privé très propre. Nous partons ensemble visiter la ville et faire des courses, rituel de tous les soirs. Nous nous arrêtons toujours dans un lieu ou il y a une épicerie. Nous achetons toujours notre repas du lendemain midi. Il y a  toujours un morceau de pain dans le sac, et pour Françoise une boite de sardine, pour moi du pâté. Sur le chemin depuis que nous sommes parties, nous n'avons jamais manqué, les épiceries ouvrent relativement tôt le matin, mais pour celui qui part de bonne heure, il faut prévoir un encas.

Nous voulons visiter l'église de Navarrete, mais comme  souvent,  elle est fermée.

Etape de 23 kms.

La chaleur s'est fait sentir cette nuit, le sommeil n'a pas été bon, nous nous levons de bonne heure sans faire de bruit car tous les pèlerins ne se lèvent pas en même temps, petit dèj, toilette sommaire, 6h nous sommes à pied d'œuvre.  Il pleut  pour ce lundi 15 juin, les capes sont de sortie, pas pour longtemps, le temps se remet au beau. Nous arrivons à Nàjera, qui s'étend au pied de falaises rougeâtres. Nous visitons cette jolie ville de 7800 habitants. La ville est divisée par la rivière Najerilla. Sur l'une de ses berges, elle présente un monument exceptionnel : le monastère de Santa María La Real. Érigé en l'an 1032. Les collines sont rouges, les cigognes ont élu domicile à cet endroit.

Nous reprenons l'itinéraire pour  Azofra. Les vignes sont tout autour de nous, la culture céréalière est aussi très présente dans cette région. Les chemins sont large et le paysage est à perte de vue. Nous arrivons à Azofra, petit village  de 270 habitants. Nous nous dirigeons vers  l'albergue municipal, qui ressemble à un immeuble, les chambres sont par deux (60 lits). Le refuge est très bien, une mini piscine est à la disposition des pèlerins pour y baigner les pieds. Devant une bière, les pieds dans l'eau, la tête au soleil, on prie pour que les prochains jours soient aussi gais. Nous visitons l'église Nuestra Senora de Los Angeles, une dame qui s'occupe du lieu tient à nous tamponner nos passeports. Etape de 23 km.

A la sortie de Najera
A la sortie de Najera

Nous dormons bien dans ce refuge, mardi 16 juin, nous partons pour 6h15. A la sortie nous découvrons la colonne d'El Rollo ( symbole de la justice), nous sommes toujours dans les vignes, les blés. Les chemins sont spacieux,  la Rioja est un immense grenier de céréales mais aussi de vignes. les coquelicots nous enchantent avec leur couleur rouge sang.

Temps maussade pour cette matinée, nous entrons dans le village de Ciruena ou un énorme complexe appartements, maisons, piscines, golfs remplacent une forêt de chênes  d'antan. Nous sommes impressionnées de trouver ce genre de constructions dans un petit village, encore plus étonnées de voir que ces habitations sont inhabitées. Nous trouvons un bar dans le vieux village prenons le temps d'un café léché.

Notre chemin nous mène à Santo Domingo de la Calzada, ville ou il faut s' arrêter et prendre le temps de la visiter.  La Cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, avec la légende du pendu dépendu.

En, 1130 Hugonel, jeune pèlerin germanique en route avec ses parents vers Saint-Jacques-de-Compostelle, passa la nuit dans une auberge, de Santo Domingo de la Calzada. Une jeune servante lui fit des avances, qu’il repoussa. Éconduite, elle cacha dans son bagage de la vaisselle d'argent. Au moment du départ, elle l’accusa du vol du plat. Il fut condamné et pendu pour ce vol qu’il n’avait pas commis.

Les parents éplorés continuèrent leur pèlerinage et prièrent saint Jacques. À leur retour de Compostelle, ils l'entendirent leur dire du haut du gibet qu'il vivait, car saint Jacques le protégeait. Émerveillés, ils s'adressèrent à l’alcalde, (de l’arabe al cadi : le juge) qui était en train de déguster un coq et une poule rôtis, leur répondit avec ironie : « Si votre fils est vivant, cette poule et ce coq se mettront à chanter dans mon assiette. » Ce qu’il advint, le coq chanta et la poule caqueta. L’alcalde bouleversé fit dépendre le jeune homme et pendre à sa place la fautive.

  En effet le couple de gallinacée est  bien dans l'édifice perché dans le poulailler, chantant  à la vue des  pèlerins.
Nous traversons la ville, tout en visitant, nous prenons le pont Oja, construit en 1044, par le moine Sant Domingo  pour les pèlerins qui se trouvaient souvent en difficulté en traversant la rivière. 
Nous flirtons avec la N120 juisqu'à Granion ou l'on s'arrête pour manger. L'église est belle, l'albergue se trouve derrière l'édifice, dans des anciens bâtiments. Nous reprenons le chemin pour Redecilla Del Camino, petite bourgade de 130 habitants. Le refuge est donativo, un peu serrées mais bien. L'hospitalier propose le menu, les filles le prendront mais pour moi, ce sera un repas lèger, car la forme n'y est pas. Etape de 27km 500. 
Villafranca Del Oca
Villafranca Del Oca
le petit dèj est compris dans ce refuge, nous partons comme tous les matins tôt 6h. Le jour  se lève mais pour ce 17 juin, nous partons avec le brouillard. Le parcours n'est pas excellent, nous longeons la N120, que des camions et pas de paysage à l'horizon. Nous entrons dans Belorado où nous y restons un moment. Des cheminants que nous avons rencontrés à Orisson Julien et un Hollandais décident de se reposer dans cette ville. Le voyage pour eux à commencé à Vézelay. Le temps passe vite et il nous faut repartir pour la destination de Villafranca de Orca. Nous cheminons sur des sentes herbeuses, de chemins pierreux, de tous petits villages parfois éteints, parfois restaurés. C'est sur cet itinéraire que Véronique décide de nous laisser en s'arrêtant  à Villambistia, église San Estebàn où nous nous installons pour manger. Un albergue s'y trouve le San Roque, nous faisons nos adieux à notre Bordelaise. Nous continuons notre chemin, le chemin est facile mais en arrivant sur Villfranca nous devons marcher à côté de la route très dangereuse avec tous ces camions qui n'en finissent pas de se croiser. 

Le trafic est intense dans ce bourg de 140 habitants, il faut traverser la route pour rejoindre le refuge qui se trouve au bord de la nationale. L'albergue est grand et propre, avec un parc. Le coin cuisine est sous un abris dans le jardin, tables et chaises nous attendent pour déguster nos éternelles  pâtes du soir. Nous lavons notre linge et faisons nos courses pour le lendemain. C'est toujours plaisant de trouver une épicerie presque dans tous les villages, parfois moribonds. Nous pouvons acheter à l'unité, et quand on marche avec le sac c'est bien pratique.  Etape de 25 km.

La nuit a été bonne  malgré le passage de tous ces camions. Debout à 5h, sur le chemin à 6h15. Nous trouvons l'itinéraire derrière l'église, où nous entrons dans une forêt, 12 km de piste car il s'agit bien d'une piste, les bulldozers sont à pied d'œuvre pour arracher les arbres et les sentiers. Nous marchons dans des crevasses faites par  les engins qui détruisent ce chemin soit disant pour les pèlerins. Les signalisations sont déplacées, bref c'est un parcours de désolation que nous empruntons.  Nous arrivons dans un tout petit village San Juan d'Ortega, où se trouve une belle église classée historique (1150). 

 Il y a une auberge, un refuge, et quelques maisons autour et c'est déjà fabuleux. Nous arrivons tôt et le bar est ouvert. C'est ça le miracle de la journée, pouvoir se poser dans un endroit où rien ne se passe et pourtant!

Nous retrouvons Véronique qui s'est refait des amies à l'endroit ou elle s'était arrêtée  la veille, des dames de la Charente, elle cheminera un temps avec elles. Le café léché est toujours apprécié le matin après pas mal de km. Nous reprenons le chemin et traversons le village Ages, petit mais 3 refuges, puis nous continuons pour arriver  à Atapuerca ( les environs de Burgos).

Nous trouvons le centre Touristico El Peregrino 36 lits. Dans ce village de 210 Habitants se trouve un site préhistorique que nous n'aurons pas la chance de visiter car fermé le jeudi.  Etape de 20 km.

Le gîte est très propre, les dortoirs sont petits, possibilité de faire la cuisine. En ce qui concerne la préparation de nos repas, après quelques temps sur le chemin, il vaut mieux s'y prendre tôt pour avoir les feux et les ustensiles. Passé une certaine heure vous êtes assurés de manger tard, car les lieux sont envahis et il n'est plus possible de s'y approcher.

Nous retrouvons José, une personne avec un handicap que nous avons recontré la veille, nous l'invitons à partager nos pâtes. Nous retrouvons aussi Véronique et ses 4 nouvelles amies, c'est dans la bonne humeur que nous passons la fin de la soirée devant nos plats respectifs et une bonne bouteille.

Vendredi 19 juin, les chambrées ne sont pas longues à se lever, car tous les pèlerins souhaitent arriver à Burgos dans la matinée.

Nous partons à 6h, il fait encore noir dehors, ce qui fait que nous manquons de nous tromper sur le balisage. Il y a 20 km pour atteindre la ville, la brume s'est invitée pour nous accompagner. Voulant éviter la zone de Burgos, nous bifurquons par l'aéroport. Aéroport où rien ne se passe, est-il en service?

La matinée est un peu longue sur ce parcours, nous prenons directement le centre sans s'occuper du flèchage qui nous fait contourner la ville. Nous arrivons sur l'avenue qui est très belle et passons la magnifique porte Sainte Marie XIVe  à 11 h. Nous nous dirigeons à l'accueil des pèlerins, tamponnons nos créanciales et prenons des billets pour visiter la cathédrale (prix pèlerin). Nous demandons où se trouve l'albergue car cette année 2009, un tout nouveau a été construit, endroit qui n'éxistait pas lorsque je suis venue en vélo. Le refuge municipal d'une capacité de 176 lits est de toute beauté, le moins cher depuis que nous sommes sur le camino. Il se trouve derrière la cathèdrale.

Etant arrivées de bonne heure, (le refuge ouvre ses portes à 10 h) nous prenons le temps de nous poser dans les lieux. Nous prenons le centre et trouvons   une cafétaria où l'on peut manger des tapas. Un vrai régal, il y en a de toutes sortes, la tortilla, plat que l'on trouve partout, une bonne bière, la  San Miguel. Installées au bar, nous dégustons avec délice.  Etape de 20 km.

Burgos, la place Mayor
Burgos, la place Mayor

Nous avons toute l'après midi pour visiter la ville. Nous commençons par la cathédrale, véritable joyaux gothique, pas moins de 2 heures de visite tant il y a à voir dans ce monument.

La première pierre a été posée en 1221, on dit que c'est l'une des plus belles en Europe ça ne doit pas être faux, tant à l'extérieur que l'intérieur, on ne sait où tourner la tête devant tant de sculptures ,de pierre et de brillant. Le cloître, le musée. Nous flânons dans les rues, nous nous reposons sur un banc de la place mayor, hélas le temps passe vite, il faut penser au lendemain. Nous faisons nos courses puis allons à la messe de 19h30 qui est célébrée dans une chapelle de la Cathédrale Santa Maria. Nous retrouvons Véronique et ses amies à l'albergue, nous prenons le repas ensemble.  Les lumières dans cet albergue s'éteignent à 23h45. Alain et Guy terminent leur chemin ici pour le reprendre en 2010. 

le départ de Burgos à  6h30, aujourd'hui nous espérons faire plus de chemins. Le temps s'annonce clément pour cette journée du samedi 20 juin. Nous quittons le centre ville, nous longeons les faubourgs  pour ensuite entrer dans la Maseta.

Le paysage est à perte de vue, pas de difficultés sur cette étape, partant de bon matin, nous évitons la chaleur qui est assez éprouvante dans cette partie du Camino. Le vent nous accompagne et fait danser les blés. Nous traversons Hornillo Del Camino, petit village tout en longueur, des pèlerins attendent l'ouverture du refuge, il n'est pourtant pas tard, 11h 45.

Nous continuons notre route après avoir rempli nos gourdes à la fontaine de l'église.

Aujourd'hui samedi 20 juin, nous décidons de continuer jusqu'à Hontanas. J'aime beaucoup ce paysage, pierre, culture et coquelicots, l'horizon à perte de vue. Le chemin n'est pas difficile mais long, nous avons l'impression d'aller nulle part, puis soudain, le tout petit village s'offre à nous après une petite montée, il est 15h.

Nous choisissons l'albergue municipal 55 lits, coin cuisine mais pas d'épicerie. Rituel de fin de journée, nos vêtements que nous lavons, aprés une bonne douche, défaisons notre sac, préparons le repas, ainsi va la vie d'un marcheur de longs chemins.   Nous retrouvons  les  amis à l'auberge devant une bonne bière bien fraiche, discutons de notre journée. Nous  faisons la connaissance d'une vieille dame qui a passé un long moment de sa vie en France. Elle parle bien le Français. Nous sommes installées sur un banc à écouter son histoire d'une vie de labeur difficile, elle est revenue au pays pour y vivre des jours paisibles.

 Comme tous les soirs, nous rentrons dans nos duvets avant la nuit tombée. Etape de 32 km.

Hontanas
Hontanas

Bien dormi dans ce village paisible, mais moribond par son architecture, les maisons ne sont pas restaurées sûrement faute de moyens pour les habitants de ce lieu.

Nous suivons la vallée du Garbazuelo, des cultures de petits pois s'offrent à nous et en ce matin  du 21 juin, le soleil annonce une belle journée.

Nous nous dirigeons sur Castrojeriz, le chemin file à flanc de colline, pour rejoindre  la petite  route qui  passe sous les voûtes du couvent Saint Antoine,  en ruine mais magnifique à voir.

Au loin, nous apercevons perché sur un mont, les ruines d'un château fort. Nous entrons dans le village, 10 km après Hontanas. Nous nous arrêtons pour prendre notre incontournable café léché, le village est calme mais nous sommes dimanche, les villageois vivent au ralenti. Un bar s'offre à nous à l'entrée de cette commune de 850 Habs. Un visite s'impose, hélas il faut repartir car notre parcours n'est pas terminé.

Nous reprenons le chemin qui se trouve au cœur de la Maseta, toujours dans les blés et les petits pois, à l'écart du goudron. Nous marchons et prenons une rude montée pour accéder sur le plateau de Mostelares. Nous retrouvons nos amis et admirons  le panorama qui s'offre à nos yeux.

La descente est fidèle avec la montée que nous avons eu 1h avant. Nous sommes à travers champs rempli de blés et de coquelicots. Cet endroit désert par manque de haies,  d'arbres reste majestueux.

Aprés le plateau de Mostelares
Aprés le plateau de Mostelares

Les dames de la Charente terminent leur chemin à Itero De la Vega, elles reviendront sur une autre année  continuer le camino.

Notre chemin se termine pour ce dimanche à Boadilla Del Camino. Le village du Xe siècle est moribond en apparence. Au centre se dresse une colonne. Ce pilier (connu sous le nom de "rollo", symbole de statut administratif d'une province) a de petites colonnes adjacentes. . Il est couronné d'une pointe de style flamand datant du 16ème siècle et décoré de coquilles Saint-Jacques.

Nous entrons dans une cour où se trouve le refuge privé, le En El Camino, 48 lits. Une mini piscine s'y trouve, les pèlerins soulagent leurs pieds en pataugeant dedans. L'albergue propose le menu et le petit dèj que nous prenons, le prix reste très correcte.

Dans l'après midi nous flânons dans les rues, et finissons  l'après midi devant une bonne Miguel les pieds dans l'eau. Etape de 28 km.

Canal de Castilla
Canal de Castilla

L' auberge sert le petit dèj à 6h, une bonne heure pour les randonneurs qui souhaitent marcher tôt. Aujourd'hui cap sur Fromista. Nous longeons le Canal de Castilla jusqu'à Fromista. Il fait un superbe temps. A l'entrée de la petite ville nous découvrons les  écluses qui sont construites en cascades.  3 églises sont à visiter dans ce village de 820 habs.

Église de San Martín, L'Église de Saint-Martin-de-Tours est une des églises romanes les mieux conservées en Europe. Église de Santa María del Castillo, Église de San Pedro.

Nous suivons l'itinéraire historique recouvert par le bitume. Une piste est aménagée le long de la route très passante. Nous cheminons de village en village, Villiovieco  son église Santa Maria, Renaissance, Villamentero son église Saint Martin de Tours, Villalcazar de Sirga son église qui ressemble à une cathédrale, L'église des templiers de Sant Maria la Blanca.

Nous reprenons notre chemin pour Carion de Los Condes, à l'entrée de la ville s'offre à nous le monastère   de Santé Clara, fondé au XIIIe siècle, avec son église et son Musée annexe, où sont exposés divers sculptures et ornements, ainsi qu'une Pietà de Gregorio Fernández.

Le monastère fait refuge, c'est donc dans cet endroit que nous posons le sac. L'aprés midi est belle pour visiter Carrion, Léglise Santa Maria Del Camino, romane du XIIe siècle. Eglise et musée de Santiago, église de San Julian, son centre. 

En soirée nous avons de la chance d'assister dans l'église de Santa Clara à des prières chantées par les religieuses, c'est très beau. Plus tard nous allons à l'albergue paroissiale où nous retrouvons Véronique, nous sommes invitées à la prière qu'une religieuse récite aux pèlerins venus se reposer dans cet endroit. La nuit sera courte car nous nous couchons plus tard que les autres jours. Etape de 25 km.

Sahagun
Sahagun

Mardi 23 juin, il nous reste une étape avant d'arriver à Sahagun, lieu de notre fin de camino pour cette année. 6h, nous partons pour la destination de Terradillos de Los Templarios, endroit ou nous dormirons. Le chemin que nous empruntons est long, beaucoup de route, ensuite un chemin de pierre très désagréable sous les pieds. 17 km sans voir un village. Calzadilla de la Cueza 1er village depuis ce matin, un café se trouve à la sortie du parcours. Les pèlerins s'arrêtent pour prendre une pause et se restaurer, nous faisons de même.

Nous suivons la N120 jusqu'à Ledigos, passé ce lieu, nous trouvons un chapelet de petits villages par des pistes agréables et changeantes, jalonnées de pigeonniers. Terradillos s'offre à nous, à l'arrivée se trouve un albergue tout neuf, le Los Templarios 56 lits.  Nous décidons de faire le tour du village et se renseigner sur le refuge du centre bourg. Nous préférons le premier et repartons sur nos pas pour  nous y installer.

En soirée, nous partons en centre bourg pour aller dire au revoir à tous les pèlerins avec qui nous avons passé de bons moments, un peu d'émotions en quittant toutes ces personnes. Je souhaite téléphoner en France, on nous indique une maison, un peu surprises, nous frappons chez l'habitant. En fait c'est dans cet endroit que se trouve le téléphone public, appareil ancien à cadran tournant. Le village est petit (80 habs)  beaucoup de maisons sont à l'abandon ou en ruine, il se nomme aussi San Nicolas Del Real. Etape de 27 km.

Mercredi 24 juin, dernière journée sur le camino, il nous reste 15 km pour rallier Sahagun. Nous prenons le petit dèj avec Francis  que nous avons connu la veille. Il s'arrêtera à Léon, car l'année prochaine, année jubilaire, il repartira de cette ville pour être le 25 juillet aux festivités de cet évènement. Il n'en ai pas à son premier pèlerinage, il chemine par la pensée, la spiritualité, la foi. Nous nous disons au revoir et lui souhaitons bon chemin.

Nous marchons tranquillement car nous prenons conscience que c'est notre dernière journée à piétiner le sol du camino,  sur les pas de St Jacques. Le  paysage est ensoleillé, des cultures de céréales nous accompagnent. Au loin se dessine la ville de Sahagun, tel un mirage au dessus des champs de blé.

Nous entrons dans la ville en longeant la voie de chemin de fer. Nous décidons d'aller à la gare pour connaître les horaires des  trains. Une employée nous dit qu'un train en partance pour Irun/Hendaye sera en gare à 15h30,  nous prenons les billets. Il nous reste 4 h pour visiter la ville.

 Il s'agit d'une ville chargée d'histoire, qui s'étend sur un petit monticule et dont le centre  se situe au niveau de sa grande place à portiques.

En longeant  ses rues, nous pouvons contempler des maisons en brique aux structures de bois, ou en pisé. Son patrimoine artistique hérité d'un illustre passé, compte le Monastère de San Benito El Real, dont on conserve uniquement un arc néoclassique ; les églises de San Tirso et de San Lorenzo, de style mudéjar des XIIe et XIIIe siècles respectivement ; le Couvent des Bénédictines, qui abrite actuellement le Musée de Sahagún et le Sanctuaire de la Pérégrina, situé dans les environs. Il y a a une arène que nous pouvons visiter.

Le temps de nous restaurer et d'acheter des provisions pour le voyage, 15h 30 arrive vite. C'est avec une pointe de nostalgie que nous laissons le camino, les pèlerins rencontrés au détours des croisements,  et qui vont continuer jusqu'à Santiago. Nous quittons le chemin de Compostelle.

Nous arrivons à Hendaye à 20 h 30, un train couchette part pour Paris à 22  h 15, nous arrivons le lendemain 7 h 15. Nous rentrons chez nous en sachant que nous continuerons en 2010.