Sahagun  -   Santiago 2010.

Françoise.
Françoise.
Au départ de Sahagun.
Au départ de Sahagun.

Lundi 31 mai 2010, nous disons au revoir à la Normandie, pour partir sur le camino, que nous avons laissé en 2009.

Départ de la gare de Granville où une amie nous a amenée. Nous prenons le train à 10h52 pour voyager toute la journée et  arriver à Irun à 21h 42.

Nous demandons notre chemin pour trouver l'albergue que nous avons réservé à Irun. Il ferme à 22h, nous pressons le pas pour arriver dans les temps. L'auberge est à 400m de la gare, Ass Calle Lucas de Berroa 18. Une passante nous conduit au refuge, l'avantage dêtre pèlerin.

Mardi  1er juin, le train pour Sahagun est à 8h 45,  nous nous levons tôt comme tous ces pèlerins qui partent pour beaucoup, sur le Camino d El Norte.

Nous arrivons à destination à 13h 30, ne perdant pas de temps, nous nous lançons sur le chemin laissé l'année d'avant. Nous traversons Sahagun, pour emprunter une piste aménagée à coté de la N120. Nous décidons de prendre le chemin au Nord par la Calzada Romana, beaucoup plus agréable que le Camino Real qui suit la nationale. Nous arrivons dans le village de Calzadilla de Los Hermanillos à 17h. Il reste 4 lits dans l'unique refuge de 16 lits. Coin cuisine, une épicerie dans le petit bourg  qui nous permet d'acheter des provisions pour le soir et le lendemain.

Etape de 13km 500.

Calzadilla de Los Hermanillos
Calzadilla de Los Hermanillos

2 juin. Nous avons bien dormi pour cette première nuit, nous reprenons nos habitudes laissées il y a 1 an. Levées à 5 h, petit dèj avec une italienne un peu grincheuse,  nous prenons le cœur léger la voie et les indications peintes en jaune. Impossible de se perdre tant les marques sont fréquentes, tous les 500m, à chaque carrefour, et si par malheur nous prenons un mauvais sentier, il y a toujours une bonne âme pour nous ramener sur la bonne voie.   

Le chemin est très pierreux, il fait chaud, l'hospitalière de ce matin, nous a conseillé de prendre la quantité nécessaire en eau, car il n'y a pas de fontaines sur ce parcours. Pour nous, on se dit que le café léché que nous prendrons dans un petit village nommé Reliégos nous fera le plus grand bien. La chaleur est intense pour cette deuxième journée. Pas de maisons des plaines à l'infini, des moutons c'est ainsi que nous cheminons sur la voie Romaine. L'italienne rencontrée dans le refuge a du mal sous cette chaleur. Nous  lui faisons comprendre que nous ne sommes pas loin de la bourgade annoncée sur le guide. Nous sommes fatiguées et le soleil est de plus en plus fort. Pas d'église en vue qui pourrait nous indiquer l'approche de ce village. Après 6 h de marche, nous voyons enfin un clocher. Yes nous sommes arrivées à Reliégos. Nous entrons  par une rue qui nous semble bien grande pour un petit village. Arrivées à L'église, nous sommes surprises par sa grandeur, nous demandons à des passants où nous nous trouvons, (mansilla de Las Mulas). Que s'est t'il passé pour ne pas être passées à Reliégos, à réfléchir, des travaux sont en courts, et nous pensons que nous avons été détournées par une autre voie. Après plus de 25 km sans un arrêt autre que le pique-nique,  sous une chaleur torride, nous sommes à destination. Nous trouvons le refuge pèlerin pas loin du centre, 48 lits. Petite ville de 2000 habitants nous prenons le temps de visiter les 2 églises, son couvent . Etape de 24 kms.

3 juin. 3ème jour que nous sommes revenues sur le camino, nous n'avons pas le même enthousiasme de l'année dernière. Nous sommes à mi chemin et nous n'avons pas tous ces amis qui partageaient avec nous leurs sentiments de la journée. Nous sommes pourtant motivées et c'est le cœur remonté que nous nous engageons sur la voie qui suit la nationale, beaucoup de voitures et camions nous accompagnent. Partir de bonne heure nous fait découvrir le levé du soleil, aujourd'hui ce sera une belle journée. Nous approchons de Léon en passant dans les faubourgs pas vraiment beaux, des constructions industrielles, je décide de ne pas me fier au balisage et de suivre le centre ville. Bonne pioche, nous passons dans des lieux plus agréables et arrivons à la cathédrale beaucoup plus vite. Arrivées à 11 h, nous avons l'après midi pour visiter Léon. Etape de 15 km.

Leon
Leon

La cathédrale Santa Maria de León. Elle est dédiée à Sainte Marie de la Regla. Elle est familièrement surnommée Pulchra leonina.  Édifiée à un endroit stratégique de la ville, la cathédrale est un chef-d'œuvre des débuts du gothique espagnol. Construite pour le gros œuvre entre le milieu du XIIIe siècle et la fin du XIVe siècle, cet édifice gothique très homogène est la seule cathédrale d'Espagne à avoir adopté le goût français pour des nefs hautes et élancées largement éclairées.

Dans l'après midi, nous repartons, nous passons sur un magnifique pont où la rivière Bernesga  chantonne au dessous.

Le Monastère Saint Marc de León, ou Hostal San Marcos de León ou encore Convent de San Marcos de León  fut précédé d'un hôpital très simple, bâti au Xe siècle par doña Sancha, épouse de Ferdinand  1er de Castille  , pour recevoir les pauvres du Christ. Il en reste encore un bâtiment aux balcons de fer forgé, visible à côté de l'église. Aujourd'hui, c'est un hôtel de luxe, et un musée qui vaut le détour.

Nous ne restons pas à Leon, aprés l'avoir visitée, nous préférons sortir de la ville et nous diriger  sur le village La Virgen Del Camino. Nous sommes toujours en banlieue. Nous arrivons à l'albergue D. Antonio Y Dna Cinia 40 lits, refuge neuf, spacieux et propre, Coin cuisine. Nous faisons la connaissance d'un couple de Français d'Orléans. La femme est mal voyante, et si son mari ne nous l'avait pas dit, à part sa démarche  un peu hésitante, nous ne l'aurions pas deviné. Ils sont heureux de discuter avec nous. Ils sont partis depuis St Jean.  Avec le handicap de la dame, ils cheminent lentement, ils espèrent faire le chemin jusqu'à Santiago. 

Vers Hospital d'Orbigo.
Vers Hospital d'Orbigo.

Vendredi 4 juin, nous partons à 6h, nous empruntons la voie qui longe la N 120. Un spectacle

 de voitures, camions et des escortes de militaires tout au long du parcours, impossible de méditer dans cette ambiance. Aujourd'hui n'est pas mon jour,  j'ai mal au dos depuis notre départ ce matin, nous décidons d'aller au plus court et poser notre sac à Hospital d'Orbigo. Nous arrivons à L'albergue San Miguel 40 lits, coin cuisine, bien tenu. Je décide de me coucher pour me reposer et faire passer mon mal. Nous retrouvons notre couple de Français arrivés un peu plus tard, nous prendrons le repas  du soir ensemble dans le jardin du refuge, il fait un temps magnifique 35 degré . La petite ville est en travaux, et le magnifique pontPuente del Paso Honroso)passage de l'honneur)ne peuttre visité.

    Hospital de Órbigo est construite sur les rives du Rio Órbigo. Magnifique Pont roman médiéval du 13e siècle. Le Pont de Hospital de Órbigo est exceptionnel car il mesure 240 mètres et comportes 20 arches. Hospital de Órbigo est également réputée pour ses joutes et tournois.    Etape de 24 km.

Petit repos à Murias de Rechivaldo
Petit repos à Murias de Rechivaldo

Samedi 5 juin nous partons tôt 6h. Après une bonne nuit mon dos ne me fait pas mal. Nous reprenons le chemin pour nous diriger sur Astorga. Le sentier est vallonné mais beaucoup plus charmant que le veille. Nous sommes dans les Monts de Léon. Après une matinée de marche nous arrivons dans la ville chargée d'histoire et de monuments. l'hôtel de ville avec son horloge,  où 2 personnages tournent à chaque 1/4 d'heure, sa place,  l'église Saint Bartolomé. La cathédrale et son musée, on peut y admirer quelques 553 œuvres, dont certaines possèdent une incalculable valeur artistique. Sa collection de cuirs repoussés, unique en son genre, ses peintures sur bois hispano-flamandes et son tableau de Giacquinto (XVIIIe) méritent une mention particulière. Le Palais Episcopal de Gaudi.

Hélas, il faut continuer notre route,  après 2 h de visite nous continuons notre parcours. Nous passons dans un tout petit village,  Murias de Rechivaldo, arrivées devant le seul bar/restaurant, Pavarotti nous accueille avec sa voix unique. Nous décidons de nous arrêter pour déguster une tortilla et une Miguel. Nous retrouvons notre couple d' Orléans, ils passent la nuit dans cet endroit. Nous leur disons au revoir car nous ne les reverrons pas.

 Bonne dégustation à Las Aguedas, nous repartons sous un soleil de plomb, retrouver le camino de landes et forêts de chênes, genets fleuris qui accompagnent jusqu'à Santa Catalina de Somoza. Grâce au chemin de St Jacques et de tous les pèlerins, nous sentons que tous ces petits villages traversés renaissent d'une mort qui semblait inévitable.

Nous arrivons à destination au refuge San Blas, 20 lits. Il n'y a pas de cuisine et pas d' épicerie dans ce village de 60 habitants mais un restaurant /bar. Nous prenons le repas que nous propose le San Blas.   Village  Santa Calina.

C'est dans ce refuge que nous rencontrons 2 dames de 70 ans venues continuer le chemin qu'elles ont laissé en s'arrêtant à Léon l'année 2009. Elles sont vaillantes et marchent vite, elles veulent arriver tôt à Santiago car elles ont d'autres projets qui les attendent en France. Etape de  26 km

Magnifique paysage avant la croix de fer
Magnifique paysage avant la croix de fer

Nous prenons notre petit dèj dans le petit hall où il y a un distributeur de café/thé. Nous partons à 6 h ce dimanche 6 juin. Le camino laissé la veille s'avère de plus en plus beau avec ces genêts jaunes et blancs. Nous faisons un arrêt à Rabanal Del Camino. Nous voulons faire le plein de provisions mais l'épicerie n'ouvre pas avant 10 h. Nous entrons dans un bar/restaurant pour boire un café léche, miracle un boulanger en camionnette passe, je lui demande de stopper pour lui acheter du pain et des gâteaux. Nous demandons au restaurateur de nous vendre de l'eau et des pommes, il fait la moue mais nous approvisionne tout de même. C'est le cœur gai que nous repartons dans la direction de la Cruz de Ferro. Nous montons le chemin avec de plus en plus de landes. C'est un décor que je trouve magnifique,  mais pour certains, austère. Nous traversons Foncebadon malheureux village en ruine et qui semble sans vie. Nous arrivons à la Croix (1504m d'altitude) à 12h 30. Comme tous les pèlerins nous mettons notre caillou que nous avons apporté de chez nous au pied de la Cruz. C'est depuis le temps, devenu une mini colline, grâce à toutes ces pierres grosses ou petites déposées   par tradition . Nous  faisons un vœu. Il semblerait qu'à l'origine de cette croix, il y avait plus de 400 pieux que le conseil d'Acebo avait fait érigé pour diriger les pèlerins depuis Foncebadon lorsqu'il y avait des chutes de neiges. Aujourd'hui il ne reste plus que celle qui est devenue un symbole.

Nous nous installons à coté de la chapelle San Roque construite en 1982. Nous dégustons  notre pain tout frais avec pour seule accompagnement la pomme, finalement c'est bien bon lorsque nous avons faim.

Nous reprenons le tracé qui ondule dans des paysages grandioses. Nous sommes sur les hauteurs, au loin, les montagnes ont encore de la neige sur les cimes. Nous arrivons à Monjarin, village en ruine, mais un refuge chez Thomas. Nous y faisons une halte pour discuter avec lui,  prendre un café  à la disposition des passants. Nous achetons des petits souvenirs.

Chez Thomas, Monjarin
Chez Thomas, Monjarin

Thomas fait le commerce de petites croix, bouteilles d'eau, ou autres babiolles. Monjarin est abandonné et en ruine, il ne reste plus que 2 bergeries et le refuge de Thomas sommaire mais qui est bien utile par mauvais temps.

Le chemin continue à travers les monts de Léon avec des couleurs arc en ciel. Nous arrivons sur El Acebo par un sentier herbeux pentu puis raide qui aboutit au village. La rue principale et jonchée de petites maisons en pierre avec les couvertures en ardoise. le décor change avec les  autres habitations que nous avions l'habitude de voir avec les toits en tuile. Nous trouvons un refuge privé le Meson, pas de cuisine, nous prenons le repas pèlerin. N'ayant plus de place dans le gîte, on nous propose à l'entrée du village un tout petit refuge de 10 places, un peu sommaire. El Acebo, 30 km.

Vers El Acebo.
Vers El Acebo.

La nuit n'a pas été excellente, nous nous levons tôt, 4h45, comme toujours  le matin, prenons notre bagage sans faire de bruit et allons sur des pierres au clair de lune prendre le petit dèj. Ce sont des instants magiques, le village dort encore et il ne fait pas froid, le ciel se réveille doucement en nous faisant découvrir le soleil au loin.

Nous prenons le chemin toujours aussi bien balisé de flèches jaunes, nous commençons par une bonne descente et sous les pieds des pierres qui roulent. Le sentier est jonché de grosses pierres jusqu'aux abords de Ponferrada. Nous marchons en direction de la ville par la zone industrielle. On voit le clocher au loin mais la route est longue dans cette ambiance d'usines de hautes cheminées, les arrières de déchets en tout genre.

Ouf la ville est grande mais généreuse. Le château de Ponferrada est une forteresse qui surplombe la ville, La Basilique de la Encina Située dans le centre historique de la ville, ses petites rues. La visite hélas ne dure que 2 heures. Nous faisons des courses et repartons pour la direction de Cacabelos.  Aujourd'hui nous voulons faire une bonne distance car les jours sont comptés pour parcourir notre Camino jusqu'au Cap Finisterre. Nos billets de trains sont réservés en France pour une date, alors il ne faut pas trainer en chemin.

Il fait une soleil torride, nous sommes à coté de la N120, pas très agréable, avec tout ce trafic de véhicules. Françoise a plus de mal surtout avec cette chaleur. Nous arrivons à destination, mais il faut traverser la ville avant de trouver l'albergue municipal qui est adossé au sanctuaire des Augustins. Pas de cuisine dans ce refuge de 70 lits, la structure est en arrondi avec des petites chambres de 2, très propre. Il fait tellement beau que nous mangeons dehors. Etape de 33 km.

Nationale 120
Nationale 120

Malgré un bon matelas, un coin pour 2, nous avons mal dormi dans ce refuge de Cacabelos. Aprés avoir pris notre petit dèj  sur le pouce, nous partons à 6h 15 pour une moins longue étape. Le temps est maussade pour ce mardi 8 juin. Nous longeons toujours la nationale et parfois nous sommes pas loin de l'autoroute. Nous faisons nos courses à Trabadelo, la pluie s'est invitée pour cet itinéraire. Les capes sont les bienvenues, Nous prenons le temps de visiter Villafranca Del Bierzo, la richesse de son patrimoine est important.

Nous arrivons dans un petit village Ambasmestas 50 habs, un restaurant/bar et près de l'église se trouve un albergue chez Angel, un gentil personnage qui fait tout pour nous être utile. Il n'y a pas de cuisine mais une pièce au premier étage où on peut réchauffer et manger.  Nous sommes seules, il fait tellement mauvais que nous allons au seul bar savourer un bon vin d'Espagne. Nous serons 4 pour la nuit dans ce refuge de 20 lits. Etape de 24 km.

Ambasmestas
Ambasmestas

La nuit a été bonne, pas de gros ronfleurs vu le nombre que nous étions. En allant prendre notre dèj, nous avons l'agréable surprise de trouver des madeleines qu' Angel nous a préparé.

Nous les dégustons avec plaisir. Nous partons à 6h mais avant,  nous lui écrivons un petit mot le remerciant pour sa gentillesse et son dévouement pour les pèlerins qui s'arrêtent chez lui.

Nous sortons sous la pluie, aujourd'hui 9 juin, nous avons l'intention de faire un parcours plus long. Nous voulons rester dans les temps pour pouvoir continuer après Santiago sur le Cap.

Nous marchons 5 km sur une petite route, pour ensuite prendre un chemin qui va monter sur plus de 1500m. La pluie nous accompagne, hélas elle nous couvre le paysage car en même temps la brume s'est aussi invitée pour cette journée. Nous entrons dans O Cebreiro aprés 13 km de montée de descente et de boue sous les pieds. Nous prenons le temps de visiter l'église Sainte-Marie-du-Mont-Cebreiro, structure de style pré-roman des IXe et Xe siècles la plus ancienne du chemin de St Jacques. Le village conserve intact un ensemble de «pallozas» ou demeures de pierre aux toits de chaume, encore habitées il n'y a pas si longtemps. Nous faisons tamponner nos créanciales dans l'église, une personne est présente pour accueillir les pélerins mais surtout les touristes qui viennent nombreux dans ce village. Nous ne pouvons prendre de photos le temps ne s'y prête pas. Nous continuons notre chemin et entrons dans la Galice. Nous arrivons par une pente raide au col de San Roque, magnifique statue de pèlerin, nous sommes à 1270m d'altitude. Nous redescendons en traversant  des petits villages très pauvres, des petites fermes. Une  dame attend les passants et propose des crêpes, nous lui en achetons et continuons notre route jusqu'à Tricastela. Il est 16h 30 lorsque nous arrivons au refuge  privé qui se trouve dans le centre, coin cuisine 38 lits.  2 jours que nous ne pouvons laver notre linge, il pleut et pour sêcher c'est un peu la galère, alors dans ces moment là, on patiente pour la lessive. Le village de 780 habs est en longueur et ancien, mais avec le mauvais temps, nous ne le visitons pas. Etape de 34 km.

Que de pluie
Que de pluie

Ceux qui ne connaissent pas les boulettes de viande Espagnoles, je les invite à les gôuter. Elle se vendent en boite et avec des pâtes c'est succulent. La pluie n'a pas cessé de la nuit, et comble de l'ironie, il pleut sur le lit de Françoise. Nous partons à 6h45, enveloppées de notre cape pour affronter pour le 3ème jour, la pluie. Aujourd'hui 10 juin, nous décidons de nous poser à Sarria.  2 chemins s'offrent à nous, la variante par Samos, ou par San Xil, c'est ce dernier que nous décidons de prendre. Le chemin reste difficile et glissant, le paysage reste pour nous un mystère, nous ne voyons rien avec ce temps, sauf en forêt. 11h30 nous arrivons à destination mais le refuge (40 lits) n'ouvre qu'à 13h. A  coté se trouve un bar qui fait des menus pèlerins, nous le prenons et réservons le repas   pour le soir. Nous faisons la connaissance d'une Belge, Monique,  qui fait le chemin seule et par petites portions, nous passons la journée avec elle.

L'albergue a une cuisine mais  pas d'ustensiles, pas facile de faire de la tambouille sans outils. Mais miracle, il y a 3 machines à laver et séchoirs, il ne reste plus qu'à faire la queue pour laver et sècher notre linge qui n'a pas lavé depuis 3 jours. Des élèves  en formation de pédicure offrent leur connaissance aux marcheurs qui ont des ampoules, Françoise se prête au jeu, l'après midi passe ainsi à discuter et à se reposer. Nous ne visitons pas la ville. A la télévision le soir au resto, les actualités annoncent des grandes inondations en Galice et les Asturies. Etape de 18 km 500.

Nos premiers horreos
Nos premiers horreos

Nous prenons le chemin à 6 h 30 après avoir pris le petit dèj au bar/restaurant de la veille.

Le refuge n'est pas le meilleur que nous ayons eu, une cuisine mais pas d'ustensiles! au fil de notre parcours, nous verrons que pratiquement tous sont ainsi, depuis Sarria. Est-ce le fait que nous approchons de Santiago? est-ce pour faire du commerce dans cette région? toujours est-il que nous sommes obligées d'aller manger au restaurant pratiquement tous les soirs.

Il fait à peine jour ce vendredi 10 juin, le ciel est bas, la pluie n'a pas cessé de tomber  de la nuit. Nous traversons des villages très pauvres, des chemins boueux. Françoise tombe en traversant une rivière, nous sommes encapuchonnées, alors la visibilité est réduite et nous voyons mal en marchant dans cette gadoue et pierres. La Galice doit être belle lorsqu'il fait soleil mais pour nous, c'est brume, pluie,  ciel gris. Nous espérons une accalmie pour les jours qui sont à venir.  

Chemins et routes nous font arriver à Portomarin, ancienne ville engloutie par un barrage.

Je connais une pension à l'entrèe de la ville chez Manuel, pension que nous avons connu en 2008 lors de mon passage en vélo. Il y a de la place et les hospitaliers sont toujours aussi charmants, ici nous pouvons cuisiner, laver son linge et le faire sêcher pour nous, c'est important vu le temps qu'il fait dehors.

 Le lac artificiel de Belesar, sur le fleuve Minho, engloutit sous ses eaux l'ancienne cité de Portomarín. Ses monuments principaux furent  sauvés pierre par pierre : l'église romane de San Pedro et l'impressionnante église forteresse de San Nicolás.

Quelques-uns des anciens palais médiévaux furent également reconstruits sur la place principale de la nouvelle ville. Le pont médiéval fut submergé par les eaux. On n'aperçoit plus aujourd'hui que la naissance du pont et l'un de ses arcs, à l'entrée du nouveau pont. L'église  San Nicola fut construite à la fin du XIIe siècle.  Etape de 22kms 500.

Il reste 100 kms avant St Jacques.
Il reste 100 kms avant St Jacques.

Nous avons passé les 100 derniers km peu avant Portomarin. Les pèlerins sont de plus en plus nombreux sur le parcours. Beaucoup de jeunes, dos vides de toutes charges et préssant le pas pour arriver les premiers dans les albergues. La légende n'est pas fausse, pour les Espagnols ayant fait les 100 derniers km à pied ou les 200 derniers km en vélo ont leur compostella. Paraît -il que pour le CV, il est important d'avoir fait ce parcours et d'obtenir ce certificat. Oui mais pour nous qui sommes chargées comme des mulets, c'est décourageant de les voir gravir  facilement les montées.

Samedi 12 juin, nous prenons le chemin à 6 h, pas de pluie et nous sommes bien contentes. Nous prenons la direction de Palas de Rei. Nous traversons Portomarin   pour prendre ensuite un chemin en prenant une passerelle au dessus de la retenue de Belesar. Nous sommes en forêt et il y a une bonne montée. Nous jouons souvent  à cache cache avec la route C 535. Nous traversons souvent des villages en fin de vie, pas de pluie pour cette journée. 

Nous arrivons à Palas vers 13 h 30.  Nous optons pour  le refuge municipal. Surprise, pas d'eau chaude, les portes des wc  et douches ne ferment pas à clé, et bien sûr une cuisine sans gamelles. En face de l'albergue se trouve un bar/restaurant le San Miguel  pas mal, nous prenons le menu pélerin. Etape de 25km 500.

A l'entrée de Melide
A l'entrée de Melide

La nuit n'a pas été excellente, nous partons à 6 h pour  ce dimanche 13 juin. Le parcours s'annonce agréable à travers la Fôret de chaines, chataigniers et d'eucalyptus. Pourquoi   ces essences (eucalyptus) qui sentent bon lorsque nous approchons de ces arbres, à  quelle période ont-ils étaient importés, car je ne pense  pas qu'ils soient originaire de la région. La Galice aujourd'hui annonce une belle journée. Nous traversons des petits villages modestes, nous voyons de magnifiques horreos,  des paysans avec leurs animaux qui nous saluent de la main ou d'un Ola.

Arrivées à Melide, nous décidons de nous arrêter pour y faire une visite. Cette ville et la jonction de Camino et du Norte. la chapelle San Roque à l'entrée de la ville,  que nous avons la chance de visiter car ouverte ce qui est très rare L'église Santa Maria construction romane, son centre ville où un superbe marché de légumes et de fleurs s'est installé sur la place centrale. Après une bonne heure à Melide, nous repartons car aujourd'hui nous faisons un long chemin. Tous les 500m nous avons la borne St Jacques qui nous guide ainsi que de nombreuses flèches jaunes à tous les carrrefours, impossible de se perdre avec tant de signalisations. La journée se passe agréablement dans cette forêt aux  couleurs de l'été. Nous traversons souvent la N 547 toujours à mes yeux dangereuse. Les véhicules vont vite et il faut faire très attention pour la traverser. Nous arrivons à Arzua et cherchons un albergue privé, l'Ultreira, très propre avec des matelas tous neufs, 39 lits. Le refuge a son propre bar/restaurant, pas de cuisine mais de quoi se restaurer à moindre frais. C'est une ville de 6450 habitants, tout en longueurs.  Etape de de 30 km.

Lundi 14 juin, nous partons vers 6 h. Nous sommes toujours dans la forêt. Nous rencontrons des personnes qui vendent des fruits et des boissons, c'est un peu insolite, mais on trouve ça bien. Nous retrouvons Véronique et Jean Marie un couple parti du Puy en Velay, Ils sont originaire de Rouen. Nous marchons un moment avec eux. Belle journée dans ce décor de verdure et de senteurs. Nous arrivons à Arca/ O Pedrouzo et cherchons un albergue privé qui se trouve en centre ville. Nous prenons le repas pèlerin dans une cafétaria en face du refuge, bonne cusine. Etape de 19 km.

La chapelle Santa Irène
La chapelle Santa Irène

Très bonne nuit dans le refuge, nous prenons le chemin vers 6h pour ce mardi 15 juin. Des beaux sentiers mais très vite nous retrouvons la N547. Nous approchons des  faubourgs de Santiago, nous marchons entre chemin et route. Beaucoup de pèlerins sur cette dernière journée. Beaucoup de jeunes qui font tamponner leurs crédenciales   dans tous les coins publics. Nous sommes un peu déroutées par tout ce bruit de pas, de bâtons métalliques, des voix  qui crient en parlant. Nous sommes  heureuses d'approcher du but. Nous passons l'aéroport, nous longeons une petite route,  montée raide,  puis la  station de TVE de Galice. Nous arrivons au point haut de la colline de Monxoi, à gauche le monument  Monte do  Gozo. Le Monte do Gozo ( colline de la joie ) est situé à environ 4 km du centre ville de Saint Jacques de  Compostelle. Toute la colline a été réaménagé en 1993 afin de désengorger Santiago , durant les périodes d'affluence des pèlerins . C'est à dire en été et également  lors  des années saintes Compostellane qui surviennent chaque fois que la saint Jacques ( Fête de l'apôtre ) , le 25 juillet , tombe un dimanche . Ce qui arrive régulièrement tous les 6-5-6-11 ans , la dernière a eu lieu en 2010 et la prochaine est prévue pour 2021 .  La première chose que les pèlerins voient en arrivant c'est la petite chapelle de San Marcos et le monument érigé en l'honneur du pape Jean Paul II , qui est monté sur la colline lors de la journée mondiale de la jeunesse en août 1989 . Ce monument  est surmonté d'une sculpture et sa base dépeint la visite du pape mais également le pélerinage de saint François d'Assise au début du 13ème siècle.

La chapelleSan Marcos
La chapelleSan Marcos

Cette année est une année Jacquaire. Nous entrons dans la toute petite chapelle, ou l'on peut tamponner nos creanciales, puis continuons vers la ville de Santiago. En chemin nous rencontrons des Canadiennes qui nous disent qu'en ville il n'y a plus de place dans les refuges et les hôtels. Nous sommes un peu inquiètes de cette nouvelle. Nous continuons et  à 3 km du centre ville nous passons devant un refuge l' Aguaria. Nous entrons, une ambiance veloutée, de la musique, les hospitaliers nous recoivent et nous invitent à nous assoir. Il faut attendre midi  pour savoir si les personnes qui ont réservé la veille honoreront leur réservation. Il est 11h, compte tenu de ce que l'on nous a dit concernant le logement sur Santiago, nous décidons d'attendre. 12h c'est ok pour toutes les deux. L'ambiance des chambrées est à l'image de l'accueil. Des tentures indiennes, de l'encens, musique, on s'y sent bien. Nous demandons si nous pouvons réserver pour le retour du Finisterre.

Plus tard, nous allons à la gare  RNFE réserver pour notre retour prévu le 22 juin 2010.

Nous prenons le chemin de la cathédrale, nous sommes en début d'aprés midi. Nous allons au bureau  des pélerinages pour faire attester notre parcours depuis St Jean Pied de Port. Arrivées à la cathédrale, nous rencontrons Véronique et Jean - Marie, les Rouennais, ils sortent de la messe et sont très heureux d'être enfin arrivés. Ils nous demandent si nous allons continuer jusqu'au Cap Finisterre, oui demain nous partons. Ils ne savent pas encore s'ils feront ces 90 km. Ce sont des personnes en retraite. Ils ont une mine magnifique, pas de fatigue sur leur visage, ils ont bien géré les étapes au fil des jours. Nous les quittons en espérant les revoir.  Nous visitons la Cathédrale, bâtie au 11e s, qui comprend de nombreuses oeuvres splendides. La Façade de l'Obradoiro, un chef-d'oeuvre baroque richement sculpté. Dans le narthex, se trouve le Portico de la Gloria dont la statuaire est exceptionnelle. À l'intérieur, il faut admirer le trésor, la crypte, la bibliothèque, ou  la galerie supérieure,  ses tapisseries conçues par Goya. Puis, découvrez la magnifique Puerta de las Plateriase et bien d'autre choses encore.  Nous rentrons au refuge et faisons la connaisance de Jean -Marie de Nantes qui a fait le chemin le Norte. Il nous donne des précieux conseils pour la suite de notre aventure. Nous dinons tous les 3 ensemble dans un bar qui se tient près de l'albergue. Etape de 20 km.