Le Cap Finisterre, Santiago.

Santiago au petit matin
Santiago au petit matin

La journée de la veille a été fatiguante, piétiner, attendre pour visiter. Nous sommes une année jacquaire et beaucoup de monde se sont rassemblés pour fêter ce jubilé. Pèlerins, mais aussi beaucoup de touristes. Des policiers avec leurs armes, surveillent  les entrées  de la cathédrale. Je suis impressionnée de voir tous ces militaires. L'année 2008, nous pouvions entrer sans difficulté et il n'y avait pas toutes ces attentes dues à la foule. Qu'importe, ce matin nous partons tôt pour le Cap. Il est 6 h. Nous prenons le centre ville puis la place Obradoiro nous descendons la ruelle qui démarre entre l'a yuntamiento et le Parador "hôpital du xv siècle devenu un grand hôtel".

Il fait frais mais le chemin s'annonce agréable.  Nous laissons derrière nous, la ville de Santiago et son église. Nous traversons des forêts d'eucalyptus, des petits hameaux. L'ambiance change, les maisons sont plus cossues, la mer n'est pas loin, l'endroit sent les vacances. Nous pensons être seules mais très vite, nous sommes rattrapées par des pèlerins qui font le même chemin que nous. Nous traversons de beaux villages, il y a aussi des horeros d'un autre style. Il fait soleil, il est 13h30 lorsque nous arrivons au refuge de Negreira qui se trouve à la sortie de la ville à 1 km 500, 22 lits.  Le pèlerin qui nous a doublé le matin nous donne les consignes pour prendre les lits. Surtout pas de bruit nous dit-il. L'hospitalier doit arriver vers 17h, alors chacun fait ce que bon lui semble. Il n'y a pas d'eau chaude et les douches n'ont pas de portes, nous prenons une douche vite fait. Dans l'après midi nous repartons en ville, visiter les lieux et faire des courses pour le soir et le lendemain. Nous prenons le repas à l'albergue, pas d'ambiance entre randonneurs.  Etape de 25 km..

Superbe horreos
Superbe horreos

Nous partons à 6h pour ce samedi 19 juin. Aujourd'hui l'étape est plus longue, 33km. Nous commençons par des beaux sentiers mais très vite, arrive la route qui va durer jusqu'à la prochaine étape. Pas de villages autour de nous, quelques fermes éparpillée .  Nous arrivons à   Olveiroa vers 15h30. Le village   est un hameau Galicien qui n'a pas de richesse.   Le refuge comporte 34 places. Nous sommes logées à l' extérieur de  l'albergue,  un petit bâtiment avec 6 lits.

Nous prenons    les 2 lits du rez de chaussée, erreur, les toilettes et douches sont à proximité et les    randonneurs qui dorment dans la cuisine viennent souvent et claquent les portes . Toute la nuit a été  un aller et retour.   Certains pèlerins si on peut les appeler ainsi, vivent pour eux même et ne se préoccupent pas du monde qui les entoure. Nous l'avons constaté de temps en temps sur le camino. Dans ce village il n'y a pas d'épicerie mais un bar qui   fait    repas  et     un restaurant   nous    décidons de nous offrir un bon repas, nous allons chez Pias très bonne cuisine.  Etape de 33 km.

Nuit mouvementée, réveil difficile. L'hospitalière a accepté tous les pèlerins qui ont dormi dans le réfectoire. Nous n'allons pas les déranger pour nous chauffer une eau. Nous mangeons dehors et partons à 6h. Nous prenons un sentier, la campagne est superbe et il fait beau. De beaux calvaires s'offrent à nous. Nous rencontrons un couple de Suisse partis de chez eux, pour Santiago, puis le Cap. Ils  repartiront sur le Norte. Nous discutons un moment avec eux à coté d'une petite église qui se trouve dans un champ. Nous sommes admiratives devant tant de courage mais surtout d'humilité. Nous reprenons  le sentier qui est abrupte, nous sommes dans un décor aride et sec. Nous avions décidé de nous arrêter à Cee mais nous préférons continuer. Cee est une ville moyenne, nous faisons des courses et repartons.  Nous découvrons la mer tout en suivant la route. 5 km plus loin nous découvrons un albergue le San Roque dans un parc, il ouvre à 16 h, nous décidons de rester. Il fait beau, nous décidons de vider notre sac et mettre son  contenu au soleil. A l'extérieur il y un bac pour laver le linge, c'est ce que nous faisons en attendant l'hospitalier. Le refuge ouvre ses portes, comme prévu à 16h. Il appartient aux amis de St Jacques en Galice, il n'est pas répertorié dans les guides. C'est donativo on peut aussi prendre son repas. Etape de 20 km.

Nous n'étions pas beaucoup cette nuit dans l'albergue San Roque, méconnu et pourtant très bien. Aujourd'hui 19 juin, nous partons il est 6h. Le soleil se lève un peu plus tard, la journée s'annonce belle. Il nous reste 12 km pour arriver au Cap alors nous prenons le temps de savourer les derniers km.

Nous longeons la côte tranquillement, toujours le Cap devant nous. Nous traversons des petits hameaux fleuris, nous prenons le temps de photographier, de regarder. Nous prenons conscience que bientôt le chemin va se terminer.

9h15, nous arrivons au village du Cap. Nous faisons un repérage pour situer l'albergue qui délivre le certificat pour tous les pèlerins qui ont effectué à pied le camino jusqu'au Cap Fisterra. Nous situons l'arrêt du bus et allons prendre un café dans un bar. Nous reprenons la route pour 3 km de montée, belle montée et beau paysage. Un pèlerin en bronze  nous attend au dernier km.  Km 0, nous sommes arrivées au bout de notre chemin, heureuses, nous allons jusqu'au bout de la terre. Nous y retrouvons le Français et le Suisse que nous avons croisé à San Roque. Françoise décide d'aller les voir car ils brulent leurs vêtements. Françoise veut faire pareil. Je lui donne un maillot et la voila partie brûler nos vêts, les 2 garçons l'aident à raviver le feu.

Le Cap
Le Cap

Une ancienne tradition, selon laquelle les pèlerins parvenus jusque là brûlaient leurs vêtements et leurs sandales en signe de changement de peau, est encore pratiquée de nos jours.

Le phare ouvre ses portes j'en profite pour faire tamponner mon créanciale. Je retrouve la petite japonaise avec qui nous avons fait pas mal de chemin. Nous sommes heureuses de nous retrouver. Elle a 29 ans et chemine seule. Elle reprend le chemin de Muxia puis reviendra sur le Cap et repartira sur Santiago à pied, quel courage pour ce petit bout de femme.

Nous reprenons le chemin inverse avec une pointe de nostalgie. Au village du Cap, nous retrouvons le couple de Suisse, nous prenons un verre ensemble. Notre bus est à 13h45. L'albergue n'ouvre qu'à 13 h, 12  h59 j'ouvre la porte pour faire certifier notre passage sur le Cap, je me fais enguirlander en espagnol que je ne comprends pas, enfin j'ai ouvert la porte trop vite, bref, je reste zen, elle se calme et me donne les certificats. Nous avons le temps de manger dans le bar qui est à coté de l'arrêt du bus.

Départ du car à 13h45, il y a 3h de route pour rejoindre Santiago qui se trouve à 90 km. Nous longeons la côte et découvrons un magnifique panorama. Il fait soleil. Enfin nous avons terminé notre camino. Nous arrivons à St Jacques de Compostelle à 17h Nous prenons un bus pour qu'il nous dépose au centre ville. Arrivées à la cathédrale, nous sommes impressionnées par la foule. Nous ne restons pas, nous décidons d'aller à l'albergue qui se trouve à 3km. En chemin nous faisons des courses pour 2 jours et rentrons au refuge où nous avons réservé. La soirée se passe à discuter avec tous les pèlerins qui repartent ou qui arrivent.

Dimanche 20 juin, le réveil a sonné plus tard que les autres jours. Aujourd'hui nous ne sommes pas pressées, L'hospitalier n'est pas sévère pour les départs du matin. Nous quittons le refuge à 9h et nous nous dirigeons vers le centre. Nous entrons dans la cathédrale ou une messe est célébrée, nous restons car depuis que  nous sommes arrivées nous n'avons pas pu assister à un office. Un prêtre chante magnifiquement l'office en Espagnole, nous comprenons que quelques bribes. Par la suite on nous explique que la messe du midi sera dite dehors à l'intention des pèlerins handicapés. Une foule immense attend cet évènement, nous décidons d'aller visiter une autre église une messe y est consacrée,  nous restons. C'est l'année Jacquaire alors les festivités religieuses se font pratiquement tous les jours, je me demande comment ce sera le 25 juillet fête de St Jacques.

Nous retournons à la cathédrale pour visiter les lieux. 14h une messe est célébrée par l'évêque. Quel privilège que nous avons. Pour la troisième fois nous voyons tourner au dessus de toutes les têtes ce magnifique encensoir "botafumeiro"à la fin de l'office.

   Le Botafumeiro est un encensoir datant du dix-neuvième siècle qui est accroché par une corde sous le transept  à la cathédrale.
Cet encensoir est né de la nécessité de parfumer et de désinfecter la cathédrale car, avec tous les pèlerins qui arrivaient ici après un long et difficile voyage, l'odeur dans la cathédrale était insupportable. A cette époque, les pèlerins étaient autorisés à dormir à l'intérieur de l'édifice pour se protéger contre le froid et la pluie. Le Botafumeiro mesure environ un mètres et demi de haut. Spectacle impressionnant pour ceux qui peuvent le voir se balancer au dessus des têtes.

Nous rattrapons le manque d'offices que nous n'avons pas pu faire les églises toujours fermées. 15 h arrive vite, nous mangeons dans une brasserie, tortilla et bière.  Nous passons le reste de la journée à visiter la ville. Nous retournons dans l'albergue dans la soirée. Nous retrouvons un Français de Bretagne et une Française Cloé,  manchoise comme nous,  que nous avons connu à Viana. Elle prend le bus de  la compagnie Alsa pour rentrer en France.

Lundi 21 juin, nous quittons l'albergue vers 9h pour assister à la messe des pèlerins de midi. Nous avons le temps de flâner dans les ruelles de Santiago et de siroter un café. Une demie heure avant la célébration, la foule se rue pour trouver une place dans l'église. Une chorale  chante et sa magnifique sonorité, est- ce tout cela qui nous met dans une joie euphorique. Nous prenons le temps de visiter la cathédrale, demain nous reprenons la voie du retour, alors nous voulons garder un souvenir inoubliable de ce lieu.

Nous visitons l'église St Miguel, St Martin.

En soirée nous faisons des courses pour le voyage du retour. L'albergue nous accueille toujours aussi gentiment. Nous y retrouvons Frédéric un suisse rencontré sur le chemin du CapIl repartira  en bus.

La gare de Santiago
La gare de Santiago

Les adieux sont toujours tristes, c'est vrai pour nous. Nous avons tellement bien vécu ce camino que nous avons du mal à le quitter. nous avons rencontré des personnes si gentilles tant sur le premier chemin de  St Jean Pied de Porc/Sahagun que sur Sahagun / le Cap Fisterra. Nous repartons avec l'espoir de faire un autre chemin qui nous mènera vers des rencontres aussi enrichissantes.

Nous prenons le train pour 13h de rail. C'est long mais nous contemplons le paysage, le train fait beaucoup d'arrêts ce qui nous permet de nous délasser les jambes en sortant sur le quai.

Hendaye 20h40. Nous cherchons le refuge pour un repos mérité.

Mercredi 23 juin nous prenons le TGV, retour à la réalité et au quotidien de tous les jours.