Col du Somport  via  Roncevaux 2011.

Photo d' Anne-Marie ETASSE
Le GR 653 tout au long du parcours.

5 août, bonne  nuit dans l'albergue municipal. Direction Arrès 25km. Nous prenons la rue centrale de Jaca puis à la sortie nous prenons à gauche pour quelques heures de montée avec des endroits insolites où nous trouvons tout un univers de monticules de pierres montées les unes sur les autres laissant un passage pour les randonneurs.  Des rues avec des galets inconfortables pour les pieds, mais le paysage toujours aussi beau, nous sommes dans les plaines du Rio Aragon.  Nous traversons Santa Cilia de Jara  où un pèlerin en fer forgé nous attend à la sortie, Puente la Reina de Jara, puis arrivons à Sarrès par une belle montée de 3 km. L'albergue est donativo mais ouvre ses portes vers 15 h, il contient 20 places nous ne sommes pas les derniers. Un hôtel se trouve aussi à Sarrès,  en cas où l'albergue est complet, l'hospitalier ouvre les portes de l'église en cas de retardataires. L'ambiance est chaleureuse. Comme tous les soirs, nous nous couchons vers 20 h. Vers minuit une musique et une voix d'enfer nous réveille tous, c'est le village qui fait la fête, nous sommes le vendredi, le bal se passe sous les fenêtres du refuge

Un albergue moderne et propre, un bon petit dèj, nous voilà reparti aujourd'hui dimanche 7 août. Nous prenons la direction de Sanguësa, 23 km. Nous quittons le village en ruine et cheminons pendant 9 km à travers un sentier qui serpente lentement, nous faisant découvrir des forêts de pins, c'est le dénivelé le plus important depuis que nous sommes partis du Somport. Au loin, nous  apercevons les éoliennes qui fournissent l'électricité locale, l'Espagne est généreuse avec les éoliennes, en faisant le camino nous avions vu pas mal de ces oiseaux de fer. Le chemin est assez difficile par les grosses pierres qui roulent sous nos pieds. Après une matinée de montée, nous retrouvons le parcours rectiligne agréable et roulant. Nous entrons dans le village où au loin, sur une colline à la sortie du village apparaît une statue.

L'albergue se trouve dans la rue principale et contient 12 places. Le gardien arrive peu après pour nous ouvrir et nous attribuer un lit. Plus tard nous partons pour nous restaurer, nous retrouvons notre jeune Allemand, Thierry décide de partager le repas avec lui tandis que moi je préfère m'aventurer vers la statue qui m'intrigue. Belle montée pour visiter cette statue qui représente un christ bras ouvert mesurant 10m. La ville  offre des beaux monuments entre autre l'église Santa Maria la Real.

Direction Monréal pour ce lundi 8 août, belle appellation pour cette bourgade de 490 habitants. Nous traversons la petite ville et prenons le pont sur le Rio Aragon, pour nous diriger vers une usine de carton, paysage industriel que nous quittons très vite. En quittant Sanguësa, nous quittons aussi le Rio Aragon. L'étape d'aujourd'hui  nous mène de colline en colline où nous apercevons des éoliennes par dizaines venant perturber le paysage avec ces oiseaux imposants. Nous marchons jusqu'au Col Loïti à 785 mètres, point culminant de l'étape, sous les pieds que de la caillasse, pas idéal comme terrain. Nous traversons un petit bourg Izico puis de larges pistes de craie pour rejoindre Abinzano, Salinas de Ibargoiti pour ensuite Monreal après une jolie descente d'une futaie de chêne. Le refuge se trouve au pied de l'église Notre Dame de-là - Nativité, nous retrouvons nos pèlerins du Gers ainsi que Benjamin. Une cérémonie religieuse vers 19h dans une pièce attenant le gîte, un prêtre désireux de connaître notre parcours, un bon repas entre nous, la soirée se passe délicieusement.    

32 kms la veille, aujourd'hui 28 kms pour Obanos. Mardi 9 août  la journée s'annonce comme celle d'hier. Jusqu'à Tiebas le parcours reste difficile mais pour les yeux très beau. Sous le pied, le chemin reste terre et pierre, au loin nous apercevons les faubourgs de Pamplune, le canal de Navarre. Ezperun, Yarros, Geurendian,   Tiebas -Muruarte de Reta, sont des petits villages que nous traversons ou longeons.

Le sentier est parfois entre des haies,  franchissons un pont ou coule le Rio Elorz , retrouvons une piste de cailloux blancs  qui  nous dirige vers une montagne.

Nous nous dirigeons vers un village Yarros, ou la piste remonte  pour ensuite nous diriger vers le bourg Botano que nous laissons à droite. La journée se passe entre des montées et des descentes. Beaucoup de vignes ou le raisin murit sous un soleil resplendissant,  mangeons dans ce décor puis repartons. A 2 km avant Obanos, nous apercevons une chapelle seule dans le milieu d'un champs, la chapelle d'Eunate. Elle a été construite en 1170, son histoire  est à connaître, nous restons un moment à la contempler, et sommes surpris de voir que cet édifice est encore en très bon état. 2 km pour arriver à Obanos,  le refuge de pèlerins  se trouve dans le centre.

Sur ce parcours Somport/ Obanos, les refuges ne sont jamais pleins, c'est toujours  agréable d'arriver sans se poser la question si le gardien nous refusera où pas!

Comme nous sommes arrivés tôt, nous visitons la ville,  faisons des courses pour le soir, visitons un musée, l'église qui n'est pas fermée. Notre ami Benjamin nous rejoint tandis que Dominique et Pierre ont préféré continuer jusqu'à Puente la Reina pour visiter la ville.

Benjamin ne suivra pas notre itinéraire, il décide de repartir sur le  Del Norte et va donc reprendre un circuit qui le mènera à Irun.

Mercredi 10 août, la journée comme toutes celles que nous venons de faire s'annonce radieuse.

Aujourd'hui direction Pampelune, sens inverse du fléchage pour nous, donc plus d'attention pour éviter de se tromper, nous prenons le Camino frances venant de Roncevaux.

 24 kms pour rejoindre la capitale de la Navarre, mais aussi le chemin que je connais pour l'avoir fait avec mon amie Françoise, en 2009.

Comme nous partons tôt chaque matin, nous sommes seuls sur le chemin mais vers 9h, soudain, les premiers pèlerins venant de St Jean Pied de Port. Nous les croisons et les Ola arrivent à chaque rencontre, ça nous change des 9 jours à marcher seuls, beaucoup pensent que nous revenons de St Jacques, alors nous expliquons notre parcours.

Thierry ne connaît pas le chemin car en 2008, partant de chez nous en cycle, nous avons roulé pratiquement que sur les routes, belle découverte pour lui. Nous ne tardons pas à arriver à Sierra Del Pardon après avoir monté un sentier pentu et caillouteux.  A Sierra Del Pardon, pause et photos oblige pour ces pèlerins figés pour l'éternité, mais aussi beaucoup de bus de touristes chaussures aérées,  jupes envolées et caleçons fleuris jusqu'au genoux. Sur cette magnifique vue se trouve aussi des dizaines d'oiseaux aux ailes d'acier venus perturber le paysage. 

Nous redescendons toujours avec de la pierraille pour rejoindre Zariquiegui. Les Gersois  nous retrouvent  puis faisons un arrêt au bar de ce village pour nous raconter nos soirées respectives.

Cizur Menor petite cité avant Pampelune,  5 km les séparent mais déjà la Capitale s'annonce car  le chemin va droit devant elle.

Pampelume , il faut la traverser pour arriver à l'albergue. Long chemin car il faut regarder le sol et se fier aux coquilles qui se trouvent sur la chaussée, ainsi nous arrivons au refuge à la sortie de la ville pour nous, à l'entrée pour les pèlerins venant de France. Le refuge est neuf, 150 places il reste 3 lits, nous avons évité de chercher un hôtel.

  

Hier, nous avons consacré l'après midi à visiter Pampelune, belle ville, la première lorsque l'on arrive du chemin de France, peut-être la plus belle à nos yeux  puisque le décor change complètement du sol Français. Ville animée et rues attrayantes par les couleurs des habitations et par le sourire des habitants avec leur nonchalance, la bière qui coule  à chaque petit bar-restaurant, les tapas qui sont un vrai délice.

Jeudi 11, nous reprenons la voie vers 7h comme tous les matins. Nos amis ne sont pas venus à l'albergue, mais ils nous rattraperont un peu plus loin. La sortie se fait facilement en longeant la muraille puis le pont médiéval  de Magdalenas sur l'Arga,   continuons de traverser les faubourgs et arrivons à Villava. Sur ce parcours de 5 km, nous remarquons que certaines maisons sont décorées de mosaïque, ce qui leur donne une mine ensoleillée.

Nous parcourons 15 km avant d'arriver à Larrasoana, village typiquement basque Espagnol, moins de 150 habitants, mais un albergue, restaurants et bar, et   sous un porche café à la tirette (ouf, 1 euro et le café est chaud) car tout est fermé lorsque nous arrivons. Nous traversons un joli pont pour nous diriger vers Harraz tout en montant et descendant. Toujours plus de pèlerins en sens inverse, toujours aussi curieux en nous  croisant.

Nous continuons  le chemin, trouvons des marches à descendre, serpentons, traversons un sous bois et arrivons à Zubiri, où nous restons pour la nuit.

Le refuge comprend 24 lits, se trouve dans le centre du village, le Zaldico, nous flânons en soirée puis à 21 h nous fermons les paupières. Ce matin 5 h, les premiers pèlerins sont sur le pied de guerre,  nous ne dérogeons pas à la règle car depuis Obanos, les plus férus se lèvent tôt.

vendredi 12, encore une belle journée ensoleillée pour une balade de 22 kms. De zubiri nous empruntons une piste qui nous conduit non loin des ruines de la Venta Del Puerto,  arrivons à Puerto de Erro tout petit village, puis continuons. La journée se passe entre la N 135, chemin herbeux, pente raide et rocailleuse,  en forêt  sur 500m, le village de Puerto de Espinal, puis Espinal. Dans ce village nous nous trompons en montant toute une colline pour nous apercevoir que le chemin n'est pas le bon. Il faut redescendre et continuer, sortir du village pour prendre une piste forestière et 3 km après, nous entrons dans Burguete.  Nous empruntons une piste en parallèle de la N 135  de 3 km  puis arrivons à Roncesvalles.

Nous traversons le hameau pour nous diriger dans le tout nouveau refuge de pèlerins de 185 lits aménagé depuis 2011, très moderne et spacieux. Dominique et Pierre sont arrivés avant nous, après l'acquisition des lits et la douche faite, ensemble, nous allons découvrir la nature autour du Col, visitons, l'église Santa  Maria et décidons de nous restaurer  tous les quatre dans le restaurant Casa Sabina. 

Dernier jour aujourd'hui, la boucle sera bouclée ce soir en arrivant à St Jean Pied de Port. 13 août, après un petit dèj prit dans les superbes locaux (tout est fait pour que le pèlerin ne manque de rien, pain, beurre, café-thé, viennoiserie  voir les repas du soir sont à prendre dans des distributeurs).

Légère brume ce matin, pour nos premiers kms, magnifique spectacle  que nous offre la nature, les cimes des collines qui se dressent au dessus des nuages, la fraicheurs des premières heures,  les chevaux qui paissent dans une verdure un peu rase, et le soleil qui pointe le bout de son nez.

Nous cheminons dans un tel décor que nous prenons tout notre temps pour admirer ce tableau aux couleurs variées.

En partant de Roncevaux et après 500m de vallon et piste forestière, nous admirons le monastère, architecture imposante.

Puerto d'Ibaneta nous sommes à 1057m, nous montons une piste assez raide pour arriver au Col Lepoeder 1430m, nous retrouvons un chemin caillouteux puis une stèle annonçant l'arrivée  en Navarre annonçant aussi pour les pèlerins qui cheminent vers Compostelle la distance qui leurs restent à parcourir (765kms).

En milieu de parcours, nous apercevons un véhicule des tables et des parasols,  on y croit pas, une personne a trouvé là une raison de se faire un peu de pécule.

Boissons fraiches café-thé sont servis avec le sourire, nous prenons un café.

Plus loin la vierge d'Orisson (vierge de Biakorri ), nous sommes à 12 kms de notre arrivée. Nous passons devant le refuge d'orisson, une pose s'impose dans ce gîte très bien situé, 9 kms de St Jean, seul dans ce décor de collines à perte de vue. Nous rejoignions la petite route, sur notre droite une table d'orientation, plus loin le refuge de Honto. une jolie descente jusque dans la petite ville Basque pour nous, une énorme montée pour les pèlerins qui marchent en sens inverse. 

Les collines à perte de vue s'offre à nous, avec un ciel bleu pas un nuage pas de vent, à l'horizon la ville basque, au loin les vautours tournent inlassablement cherchant une proie, vers 17h  devant nous, la porte d'Espagne.

Lorsque nous sommes entrés dans St Jean, une animation avec de la musique une foule en pleine effervescence nous  a saisi, nous qui randonnions  depuis 13 jours dans une nature presque intacte, nous avions oublié  le tumulte de la cavillation.

Dominique et Pierre avaient réservé chez l'habitant, petite chambre pour quatre. Nous finissons la soirée ensemble devant un bon repas en nous remémorant notre parcours respectif.

Beau parcours à faire avec 320 km de plat, de dénivelé, de paysages magnifiques, des rencontres  et des amitiés qui font que nous avons envie de repartir vers d'autres chemins de France ou de Navarre.