Le chemin de Madrid

La cathédrale de Madrid
La cathédrale de Madrid

Le chemin de Madrid est une variante qui rejoint le camino Frances à  Sahagun. L'histoire  de ce chemin est assez long mais curieusement n'est pas beaucoup fréquenté par les pèlerins. Le parcours est d'une grande beauté, il traverse  des belles contrées beaucoup de villes et de  petits villages. Son parcours n'est pas long.  14  jours suffisent pour venir  à bout des 330 kms de chemins avec très peu de bitume.

 Madrid - Tres Cantos 

Nous quittons l'hôtel Layola ce vendredi  28 août après avoir pris le petit dèj dans la chambre, il est 6h30. Nous  prenons la porte Del Sol traversons la ville  par une agréable  avenue puis prenons les faubourgs sur plus de 15 kms.   Le temps s'annonce ensoleillé, arrivés aux 2 tours jumelles,  nous nous arrêtons dans une cafétéria pour prendre un café letché. Nous passons entre les 2 tours, un peu plus loin nous trouvons les premières flèches jaunes qui vont nous guider tout au long du camino de Madrid. Nous arrivons sur une large piste sableuse et empierrée qui s'appelle Camino de la Canada. Le parcours est agréable bien que nous marchons entre la voie ferrée, l'autoroute, tunnels que nous empruntons, pistes larges. Midi arrive et nous décidons de nous arrêter prés d'un élevage de chevaux. Le soleil est de plus en plus fort malgré la fin de l'été, il fait 35 degrés, nous avons chaud, pas de sentiers ombragés. L'après midi nous sommes dans des plantations d'amandiers, de chênes. Le parcours n'est pas plat plusieurs vallons  s'annoncent au fil du chemin.  Nous arrivons sur la  ville de Tres Cantos par un petit chemin qui longe la voie ferrée et l'autoroute. Le guide nous indique  une passerelle qui enjambe l'autoroute que nous prenons pour nous diriger sur la ville, il y en a plusieurs, nous en prenons une qui finalement n'est pas la bonne. Après 1 km, nous arrivons en centre ville, une personne nous demande si nous allons à Santiago, ok il nous prend en charge et nous conduit à l'église qui malheureusement est fermée, je lui demande où se trouve l'hôtel Tres Cantos, gentiment   il nous y conduit. Après quelques explications l'hôtelier nous attribue une petite chambre avec salle d'eau pour le prix de 25€.

Etape de 23 kms

Tres Cantos- Manzanares

 La nuit n'a pas été calme dans cet hôtel, il faut savoir que les Espagnols vivent la nuit. Nous nous levons à 5h, une salle de restauration nous permet de prendre notre petit dèj, il 6h 30 lorsque nous prenons le parcours  en sens inverse  pour retrouver  la piste cyclable  laissée la veille. Après 2 km de marche nous trouvons la passerelle que nous aurions du prendre et qui nous aurait amené au refuge de la ville. Nous trouvons un passage pierreux qui en même temps suit l'autoroute. La journée s'annonce chaude, le sentier  monte et descend, la région est vallonnée on nous annonce des arroyos à franchir mais l'eau n'est pas présente,  nous sommes incapable de savoir où se trouvent ces ruisseaux, si nous les franchissons ou pas. Arrive la ville de Colmenar Viejo,  40 000 habitants. La basilique est ouverte nous sommes samedi 29 août, il y a un office religieux qui nous empêche de visiter l'édifice. Nous repartons après avoir pris notre café du matin, nous quittons la ville tout en visitant les lieux les ruelles les places les parcs. La journée passe entre pistes sableuses rocailleuses, des montées des descentes, le début d'après midi est très chaud, nous sommes obligés de nous arrêter toutes les heures, l'eau est chaude dans les gourdes, les fontaines que nous trouvons sont asséchées, le paysage est entièrement jaune et sec. De temps en temps des troupeaux broutent le peu d'herbe que la nature peut  donner. En nous retournant nous apercevons encore les tours de Madrid, nous sommes à plus de  45 kms du  départ du chemin. Malgré cette chaleur nous apprécions la beauté que ce parcours nous donne, nous arrivons sur le village de Manzanares de Real par une descente et une vue sur un lac. Nous entrons dans Manzanares par un pont médiéval, cherchons l'hôtel, seul endroit pour se loger, fermé, et à vendre. Là c'est la surprise, nous cherchons une autre adresse, une jeune femme nous indique un hostal rural mais à 2 km du centre, nous n'avons pas le choix  nous prenons la direction. Arrivés  à la Casa rural  Le Mirador La Maliciosa l'hôtelier nous reçoit en décontracté parlant un français  très correct. Il y une chambre de libre, c'est en demie pension, comme nous n'avons pas le choix nous prenons.

Etape de 28 kms

Manzanares- Cercedilla

La randonnée sur plusieurs jours voire plusieurs semaines coûte une jolie somme. Les refuges sont un bon moyen car peu chers et pratiquement tous ont une cuisine pour que nous puissions nous faire la popote. La casa rurale d'hier soir n'était pas tout à fait dans cet objectif, la note a été sévère,  128€ une nuit, 2 repas et  2 boissons. Nous espérons que les futures étapes sur ce camino seront pourvues d'albergues.

Aujourd'hui dimanche 30 août l'étape sera courte mais  grimpante, 910m/1190m.  Nous partons  il est  7 h, le petit dèj s'est fait sur  la petite   terrasse de la chambre. Le jour n'est pas encore levé, il faut remonter  vers le village pour retrouver la direction  de l'itinéraire .  Nous marchons pendant 3 km traversons les faubourgs de Manzanares, puis prenons une route circulante qui nous dirige sur une large piste sableuse et caillouteuse. Nous longeons  une forêt de pins, le sentier est sinueux, il monte régulièrement jusqu'au premier village Mastaelpino. Petite  commune avec des commerces pour faire nos courses et nous restaurer dans un bar. Nous repartons en contournant  le village, un peu de route puis nous retrouvons un sentier qui monte pour arriver à une ville Navacerrada, Joli lieu et maisons cossues, station de ski en hiver. Nous traversons ce lieu avant de retrouver une montée raide où nous apercevons un lac au loin. L'itinéraire nous fait prendre un chemin montant avant de reprendre une route où nous marchons longtemps avant de retrouver un chemin qui descend raide sur la ville de Cercedilla. Le guide donne 2 adresses d'albergues juvéniles à la sortie de la ville. Nous continuons pour trouver ces refuges, au bout de 2km de marche nous arrivons sur les lieux pour nous apercevoir qu'ils sont fermés. Nous redescendons en ville et prenons le 1er hôtel que nous trouvons. Le El Aribel, bon accueil et bien entretenu.

Etape de 20 kms

Cercedilla-Ségovia

Lundi 31 août 6h 30 ,départ pour une longue journée. Le dénivelé pour cette étape est assez important. De 1190m nous allons grimper jusqu'à 1795 m pour redescendre à 1005m.

Nous quittons Cercedilla par une avenue bordée d'arbres.  Après 3 bons km nous arrivons sur une petite route cimentée qui nous mène vers la voie romaine XIV. Nous sommes en forêt, le paysage est magnifique la voie romaine monte durement, sous les pieds, des dalles épaisses, le lieu est humide, il faut faire attention car dans cette partie de l'étape  beaucoup de chemins s'entrecroisent. Il faut être vigilant et bien repérer les flèches , couleur jaune pour tous les chemins de l'Espagne qui mènent à St Jacques de Compostelle. Nous arrivons sur une placette que nous devons traverser pour continuer la voie romaine, une flèche jaune nous indique de continuer à grimper, ce que nous faisons, mais soudain plus de marques, nous continuons le sentier très raide pendant une bonne heure, et au bout de celui-ci nous arrivons à un croisement et un large sentier. Une fontaine se trouve à cet endroit mais pas d'itinéraire, on se rend compte que nous avons du faire une erreur. Après s'être concertés, pris un encas, nous décidons de prendre un sentier qui s'offre à nous, un randonneur arrive, nous lui demandons si nous sommes sur le bon chemin, non, nous ne sommes pas sur le bon sentier, ce monsieur nous indique la voie à prendre et au bout d'une demie heure nous retrouvons les bornes qui indiquent la voie à prendre qui est Puerto de la Fuenfria.

Nous découvrons une belle région nous ne montons plus, le chemin bordé de pierres est agréable  bien balisé. Nous arrivons sur une clairière où se trouve une vieille bâtisse  que nous laissons sur notre gauche, le chemin descend raide pour arriver à une fontaine et un grand abreuvoir pour animaux nous sommes à la Fuenta de la Reina.  Des vaches noires sont en liberté  et broutent tout en regardant ces drôles de pèlerins venus les perturber. Nous faisons la pose  lorsque Martin le Hollandais ainsi que le couple d'Espagnols rencontrés à Tres Cantos arrivent à leur tour. Nous sommes heureux de nous voir car sur le camino de Madrid très peu de pèlerins fréquentent cet itinéraire.

La descente se fait sur une petite route pour ensuite arriver sur une grande plaine appelée Venta de la Fuenfria, nous quittons la route pour prendre un chemin empierré  puis entrons dans une forêt, nous retrouvons Martin qui se repose. Pas de bruit dans cette nature boisée, le temps est lourd,  nous continuons et arrivons sur une plaine immense et jaunes. L'herbe est cuite par le soleil, pourtant des animaux broutent tranquillement cette prairie austère et lunaire. La vue est splendide, le ciel se fait sombre et soudain un violent orage arrive avec son lot de grêlons qui dure une bonne demie heure.  Au loin nous apercevons le couple et Martin, nous décidons d'allonger le pas pour les rattraper et finir l'étape avec eux. Nous retrouvons le trio à la hauteur d'un pont qui enjambe une voie ferrée. Nous continuons tous les cinq, Segovia est encore à 6 km, Anthonio et Pilas habitent cette ville, ils ne continuent pas le chemin  mais nous proposent  de nous amener à un  hostal près de l'Aqueduc en centre ville, ok pour tous.  Nous longeons une piste sableuse puis arrivons dans les faubourgs de Ségovia. Nous arrivons en face d'un rond point au milieu duquel se trouve une statue d'un berger et ses moutons, nous continuons tout droit et passons l'ancienne porte de la ville puis au centre l'hôtel El Gato qui se trouve à 200 m de l'Aqueduc.

Etape de 35 kms

Segovia

Nous décidons de rester une journée car nous voulons visiter la ville. Segovia est classée aux  patrimoines de l'Unesco. Magnifique ville remarquable par ses monuments, ses vieilles rues sa cathédrale gothique, son Aqueduc ses magasins et le sourire des espagnoles habillées  toutes en couleurs dans leur vêtements légers.  L'hôtel  n'est  qu'à  400 m de la place Mayor et de tous les monuments. Il faut faire un choix et ne pas se disperser car une journée ne suffit pas pour visiter la ville entière. Nous commençons par la cathédrale où l'entrée est payante mais pour les pèlerins que nous sommes, le gardien se fait un plaisir de nous offrir l'entrée, des Pellegrinos sur ce chemin il y en a pas beaucoup alors lorsqu'il en arrive 1 ou 2 pour visiter la ville !

l'église est magnifique comme toutes les églises d'Espagne, 2 heures pour la visiter, puis nous repartons dans les ruelles pour nous trouver un bar à tapas. les  rues n'en manquent pas, le choix est difficile.  En Espagne les bars sont toujours plein de monde jeunes et moins jeunes, filles, garçons mais aussi des mamies qui viennent en soirée siroter leur petit vin blanc ou une mini bière. Tout au long de notre parcours nous verrons cela dans tous les bars que ce soient dans les villages ou dans les villes, les soirées semblent  être une fête pour cette population.

L'après midi nous allons visiter l'Alcazar, un château haut en prestige et en conservation, puis nous reprenons la direction de l'aqueduc, monument de plus de 2000 ans, impressionnant par sa hauteur et son degrés de construction, plus de 750m de long, nous sommes impressionnés par tant de beauté qu'offre cette ville de 53 000 Habitants.

Segovia-Ane

Mercredi 2 septembre, la nuit a été moyenne, l'hôtel étant en centre ville les Espagnols vivant la nuit, nous nous levons fatigués. Il est 6h 15 lorsque nous quittons les lieux, la ville est ensommeillée mais toute illuminée par les réverbères. Les monuments sont encore plus majestueux dans la nuit. Nous traversons la place Mayor prenons des petites rues qui nous mènent à la sortie de la ville par la porte de  Santiago. Nous traversons la route pour emprunter une passerelle qui enjambe le rio Eresma,  Plus loin nous laissons l'église Vera Cruz sur la droite, puis marchons sur le bas coté de la route tout en montant. Derrière nous le château trône sur un rocher, la cathédrale surveille la ville tant elle est immense.

Nous arrivons dans le village de Zamarramala en passant devant l'Ermita San Roque. C'est à cet endroit que se trouve l'albergue c'est à dire 3 km après la ville de Ségovia. Le village est en longueur, dans le centre se trouve une magnifique fontaine datant de 1771. Nous traversons le village et empruntons un sentier empierré, le chemin traverse des champs entiers de blés coupés, nous marchons pendant 5 km dans un paysage de plaines immenses et jaunes, ce décor me fait penser à la Maseta sur le Camino Frances. Au loin des élevages de moutons, nous apercevons l'église de  Valseca.  Pour nous lorsque nous apercevons les clochers c'est le signe de la vie, en chemin nous ne croisons aucune âme  . Arrivés dans le village un tout petit marché s'installe, le bar est ouvert,  nous nous installons à la terrasse pour une pause bien méritée.

nous retrouvons une piste sableuse et caillouteuse, pas très bon pour les pieds qui commencent à souffrir, nous entrons dans le village de Los Huertos, l'église est à l'entrée nous souhaitons la visiter mais comme très souvent en Espagne  elle est fermée.  Un espace de détente se trouve à coté, nous nous arrêtons  pour soigner les ampoules qui commencent à se manifester. 

A la sortie  du village un Hermitage semble abandonné, nous marchons sur l'ancienne voie ferrée toujours de la caillasse sous les pieds, bien plus loin nous arrivons face à une route un pont s'y trouve qui enjambe la voie ferrée ainsi que le Rio Eresma. 2 personnes sont arrêtées, 2 suissesses, elles ne savent quelle voie prendre, car à cet endroit il y a 2 possibilités, par la route ou par 1 sentier,  nous conseillons le chemin car la route reste dangereuse. Nous repartons tous les 4 et entrons dans une forêt de pins, changement de décor et d'ambiance, nous bavardons avec ces 2 pèlerines parties de Madrid et qui souhaitent arriver à St Jacques le plus rapidement, elles doublent les étapes n'ont pas le temps de visiter. Nous les laisserons à Ane, notre étape du jour, nous leur souhaitons un bon camino. L'albergue se trouve à la sortie du village  il faut trouver la clé qui se trouve chez un habitant, nous ne parlons pas l'Espagnol nous avons un peu de difficultés à nous faire comprendre mais une petite dame nous aide.

Etape de 21kms 

Ane - Nava de la Asunción

Ane est un tout petit village pas de commerce un bar mais qui ouvre que le week-end. Le refuge se trouve à la sortie du bourg  il contient 15 matelas n'a pas de cuisine, il faut bien se renseigner avant d'arriver dans ce genre d'endroit et prévoir l'alimentation. Dans le guide de poche de Gérard du camino tout est détaillé concernant les communes qui n'ont pas de commerces.

Jeudi 3 septembre nous partons à 7 heures, le jour n'est pas encore levé et pour se diriger il faut la lampe. Nous quittons le village en traversant un pont qui franchit le Rio Moros, mais comme toutes les rivières il n'y a pas d'eau. Nous empruntons une route  pendant 4kms, tournons à gauche, une large plaine s'offre à nous, la piste est sableuse et caillouteuse,  au loin le village de Penilla de Ambroze, village moribond, pas de vie ou presque,  un peu de vie avec les chiens et les petits chats qui errent dans les ruelles, l'église à l'extérieur du centre est aussi en mauvaise posture. Nous retrouvons la piste qui devient plate,  de 875 m nous sommes montés à 1090m en arrivant dans le village de Penilla.  Le chemin est escarpé ici ce ne sont que des cultures de céréales, tout est jaune autour de nous, seuls comme depuis que nous avons quittés Madrid. Nous arrivons à Santa Maria la Real de Nieva petit bourg  de moins de 1000 habitants.  Nous nous arrêtons dans un bar sous des arcades, nous décidons de nous restaurer avec des tapas  , l'ambiance est agréable, le village ne manque de rien concernant le commerce. L'église date du XVème, hélas fermée. Nous repartons et découvrons des anciennes arènes à l'abandon. Le sentier suit à travers champs jusqu'à Nieva, nous  traversons la route et longeons la ville assez moderne.

Passer Nieva nous continuons sur le bord de la route et arrivons aux abords d'une forêt de pins. L'itinéraire nous fait entrer dans cette pinède le chemin de sable nous conduit tantôt à gauche tantôt à droite. Le silence est total dans cette nature, pas de vie autour de nous. Nous sommes dans une pinède où la sève est récoltée sur chaque arbre. Un bon moment plus tard, nous sommes confrontés à un obstacle un trou énorme s'offre à nous, il n'y a plus de flèches pour nous diriger, des travaux semblent être à l'origine de ce désastre, nous contournons un bon moment ce chantier puis retrouvons l'itinéraire, Nava de la Asuncion  n'est plus loin, il s'agit d'un village assez important. Le refuge n'est plus à la sortie  du bourg, il faut trouver une certaine Clara pour les clés et nous diriger vers le terrain de foot où se trouve maintenant l'albergue, 4 lits mais pas de cuisine, juste un micro onde.

Etape de 24 kms

Nava de la Asunción-Villeguillo

7ème jour sur le camino de Madrid, le beau temps est toujours avec nous le ciel toujours aussi bleu, le matin nous sommes en tenue légère tant  il fait doux.

Aujourd'hui 4 septembre nous partons à 7 h 30 pour une étape courte de  17kms, nous traversons Nava,  le jour se lève, c'est toujours un régal de voir le soleil se lever.

Notre étape se fait dans les pinèdes, pistes sableuses à perte de vue. Nous arrivons dans une zone où se trouvent des serres mais aussi un élevage de cochons,  Nous longeons toujours la pinède toujours aussi sableuse vivement pour Coca. Nous entrons dans la ville par la Calle Mayor de Castilla, l'église, la place mais pas réellement de vie. Nous cherchons un bar et l'épicerie il faut faire les courses pour 2 jours. Le bar se trouve à la sortie juste sous les remparts. Nous prenons le temps à la terrasse et sommes surtout surpris du temps que nous avons mis à venir jusqu'à cet endroit, 2 h 3o de marche pour 7 kms, nous sommes septique  des distances que donne le guide.  Depuis le départ de Madrid il nous semble que nous marchons beaucoup plus. Nous sommes des randonneurs depuis de longues dates et nous connaissons bien notre allure, nous pensons qu'en moyenne il faut rajouter 5 kms par étape.

La ville de Coca mériterait qu'on s'y arrête plus longtemps, nous ne visiterons pas le château, il faut repartir. Nous passons devant la tour San Nicolas, le cimetière  et prenons un chemin qui monte raide. Derrière nous le château splendide  du haut de sa colline. Nous reprenons  la forêt et ses pinèdes, même décor  que ce matin. Nous quittons les pins  et  suivons un chemin agricole entouré d'espaces cultivés. Le village apparaît droit devant nous, nous y entrons par la rue cimentée, le temps de nous procurer la clé, nous arrivons dans un magnifique albergue très bien entretenu avec une superbe cuisine.

Etape de 17 kms

Villeguillo - Alcazarén

5 septembre, La nuit ne sait pas encore dissipée, nous remettons la clé du gîte que nous déposons au 8 de la cale Mayor. Nous prenons une piste sur plus de 4 kms qui est entourée de plaines immenses.    Nous retrouvons la forêt où nous marchons 2 heures sans voir personne, plus loin nous traversons une route que nous longeons sur 500 m, nous franchissons le rio Eresma , la rivière est asséchée.  Nous retrouvons la forêt de pins et ses pistes sableuses, parfois difficile pour marcher. Nous apercevons les ruines d'un ancien hôpital pour pèlerins, nous marchons  une bonne heure avant de sortir des pinèdes, au loin nous apercevons la petite ville d'Alcazarèn, le chemin que nous empruntons est bordé de cultures de fraises. Nous atteignons le village il est 11h45, première étape où nous arrivons en fin de matinée. A l'entrée de cette commune se trouve un bar,  nous nous y arrêtons pour nous  restaurer, en fait c'est à cet endroit que se trouve la clé pour le refuge, c'est une bonne nouvelle pas besoin de la chercher. L'albergue se trouve un peu plus loin à la sortie de la ville, très beau refuge moderne et propre. Nous ne serons pas seuls, un pèlerin Espagnol fait son entrée un peu plus tard ainsi que 4 vététistes. Nous avons largement le temps de visiter la ville qui regorge de monuments, ce soir ce sera resto pèlerins, les épiceries ferment tôt le samedi 14 h, petite erreur de notre part, nous n'y avons plus pensé.

Etape de 20 kms

Alcazarén - Puerto Duero

Première nuit que nous partageons avec d'autres pèlerins, bonne nuit malgré la chaleur dans le refuge.

Il est 6h30 lorsque nous partons ce dimanche 6 septembre, Il fait nuit, les églises sont éclairées, le spectacle est agréable à voir. Nous commençons par une petite route qui nous mène sur la N6O1 que nous traversons pour prendre une large piste sableuse. Nous laissons un élevage de bovins pour ensuite nous diriger sur la forêt de pinèdes, 5éme jour dans ce décor où nous avons rencontré aucune vie. Les pieds se lassent dans ce sable mou, heureusement le fléchage  est à toutes les intersections, ainsi que des bornes jacquaires, impossible de se perdre dans cette immense nature verte.  Nous arrivons à Valdestillas,  village tout en longueur et moderne. Une fabrique de pain est ouverte je rentre pour y acheter du pain.  L 'église ouverte elle aussi, le prêtre arrive pour y officier, il nous tamponne notre créancial. A la sortie de la ville nous décidons de nous arrêter dans un bar, nous nous installons en terrasse pour y déguster une Miguel et une tortilla. Nous reprenons notre itinéraire en passant devant la gare,  passons sous  la voie ferrée, puis empruntons un vieux pont qui enjambe le rio Eresma.  Nous marchons un certain temps sur la route pour ensuite trouver un chemin qui longe la voie routière. Nous mettons 2 bonnes heures pour arriver sur Puento Duero, par un pont médiéval de toute beauté. L'albergue n'est pas loin de l'entrée de la ville, c'est  un magnifique chalet en bois avec un hospitalier, nous sommes ravis d'être accueillis par Arthur qui ne sait quoi faire pour nous . C'est donativo dans cet albergue, Arthur cultive des tomates pour ses pensionnaires.

Nous passons une soirée agréable avec des cyclistes polonais, 2éme jour où nous rencontrons du monde. 

Etape de 24 kms

Puente Duero - Pinaflor

Quel accueil dans ce refuge donativo, la soirée a été très agréable en compagnie d'Arthur qui fait tout pour que ses hôtes soient bien.

Après le petit dèj nous partons à 7 h, nous prenons la direction du centre ville en passant par le pont médiéval. Très vite la campagne s'offre à nous. Des lapins surpris par notre présence se faufilent sur le chemin en essayant  de se trouver un abri dans les herbes hautes. Le jour se lève et promet encore une belle journée. Le parcours longe la route jusqu'à Simancas. Simancas est une petite ville de 4 400 habitant,  nous arrivons par un pont médiéval  du 13ème siècle, nous entrons dans le centre ville par une montée raide, la ville regorge de monuments plus beaux les uns que les autres. Un château en plein milieu du centre ville, il est 8 h aucun magasin d'ouvert, nous sommes dimanche  et comme toutes les villes/villages d'Espagne la fête a duré toute la nuit. Nous visitons puis repartons sur une chemin qui monte pas pour longtemps car   aujourd'hui nous passons de 685 m à 845 M. Le sentier est large et pierreux, de la caillasse qui fait mal sous les pieds. Notre regard se perd dans l'infini tant la plaine est immense, on ne voit personne. Nous arrivons à Cigunuela petit village où nous prenons un pause dans un bar. La journée se passe sur des pistes à perdre de vue, plus de forêt à l'horizon. Nous arrivons dans le village de Wamba, il est l'heure de la pose du midi, nous trouvons un bar  on lui demande si on peut se restaurer , non,  pas chez lui il n'a rien à nous proposer. Nous repartons  et demandons à une dame si il y a une épicerie, elle parle Français, nous explique que non mais qu'elle connaît un bar qui fait la restauration. Elle nous propose de nous y conduire, c'est le bar qui a refusé de nous servir. Elle discute 5 minutes avec lui  et là, miracle,  le propriétaire exécute et nous fait des sandwiches, nous pensons que nous avons eu à faire à la mairesse du village.

Nous reprenons le sentier toujours avec le paysage à perdre de vue, nous sommes dans des étendues de blés coupés, il fait chaud, pour ne pas avoir mal aux pieds, nous marchons en bordure des champs pour éviter la caillasse. Nous arrivons en vue du village de Penaflor de Hornija, une longue descente puis une montée raide pour arriver dans  le village qui se trouve en hauteur. Des éoliennes à perdre de vue viennent  perturber ce beau paysage.

Nous découvrons l'albergue après avoir été chercher la clé chez un particulier, nous découvrons un lieu moderne et très propre, certainement le mieux depuis que nous sommes sur le camino de Madrid. Nous visitons le village, faisons les courses et profitons de la soirée.

Etape de 27 kms

Pinaflor - Medina de Rioseco

Mardi 8 septembre il nous reste 4étapes avant d'arriver sur le Camino Frances. Nous partons à 7 h 30 de ce douillet refuge, encore du beau soleil pour cette journée. Nous quittons le village de Pinaflor par une jolie descente, nous arrivons sur une bergerie, le berger sort son troupeau accompagné de 4 chiens et un âne, il nous souhaite un bon Camino.  Nous sommes heureux de voir cette vie simple dans ces villages isolés. Une montée raide nous attend et sous les pieds les éternels cailloux, la plaine à l'infini . Les éoliennes deviennent nos compagnes pendant un temps, puis nous trouvons un long chemin bordé d'acacias de chênes verts et de pins. Dans ce décor de verdure nous tombons sur un élevage de cochons noirs en semi liberté, évoluant dans la terre sèche qui donne une poussière, je m'amuse à prendre des photos le décor en vaut la peine. Nous arrivons au premier village après 2h 30 de marche, Castromonte. Petite bourgade tout en longueur,  il n'y a qu'un bar mais pour nous c'est suffisant, le café letché du matin c'est notre drogue de la journée. 

L'église est ouverte, nous demandons au prêtre de la visiter, il parle un peu Français  et nous tamponne notre créanciale. L'église est très belle, beaucoup de statues, le sol est en parquet , l'Espagne a vraiment des joyaux dans ces tous petits villages. Nous passons le Rio Bajoz  que nous ne verrons pas car la chaleur est telle que l'eau s'est évaporée, nous prenons un chemin agricole bordé d'un muré. Plus loin nous retrouvons la piste et ses plaines à l'infini,  nous avons mal aux pieds sur ce terrain empierré, pour nous soulager nous marchons dans les champs de blés coupés. Nous croisons un berger et ses moutons, le soleil est  tellement puissant que les animaux rentrent dans la bergerie l'après midi.  Pas de village en vue, lorsque soudain il s'offre à nous il est niché dans un creux. Tout petit village avec beaucoup de ruines,  belle église où nous nous arrêtons pour une pause. Il reste 5 kms pour arriver à destination, nous longeons la route, Medina de Rioseco s'offre à nous tout au long du sentier. Nous arrivons enfin dans cette ville où nous trouvons notre refuge à l'entrée. Nous sommes dans l'albergue de Las Clarisas, un accueil  par une religieuse qui veut se mettre en 4 pour nous. Nous retrouvons Alvaro, le pèlerin Espagnol que nous avons connu à Alcazaren.  C' est   jour férié dans cette ville aucun commerce n'est ouvert sauf une pâtisserie, et bien sur les bars où la jeunesse vient passer la soirée.  La sœur avec sa bonté nous offre des tomates de la tortilla pour notre repas du soir. Nous prenons le temps de visiter la ville.

Etape de 22 kms

Medina de Rioseco - Cuenca de Campos

Mercredi 9 septembre, petit dèj avec de la tortilla , les épiceries étant fermées la veille, nous n'avons pas pu nous ravitailler. Nous partons à 7 h20, la ville de Medina se réveille peu à peu. Une boulangerie ouvert, j'achète du pain pour ne pas avoir de surprise sur le parcours, les tous petits villages étant dépourvus de ravitaillement.  Nous sortons de la ville en empruntant  un large sentier pierreux qui monte raide, nous traversons la N 611  et retrouvons  le chemin. Nous arrivons sur la N 601 où nous marchons plus de 2 kms et arrivons dans le village de Berrueces que nous traversons très vite  étant tout petit. Nous retrouvons la N 601 que nous devons traverser, mais nous sommes arrêtés par un berger qui fait traverser son troupeau  sur la Nationale, du jamais vu en France. Une centaine de moutons traversent paisiblement accompagnés des chiens qui les font avancés, les voitures attendent tranquillement. Nous prenons le chemin qui se trouve en face et qui monte à l' hermita de Pedrosa, une halte s'impose dans ce lieu. Le chemin continue sur Moral de la Reina, sentier qui monte pour retrouver la plaine. Une longue ligne droite le village en vue.

Nous le traversons vite car peu de vie, nous reprenons des sentiers poussiéreux  rouges qui montent et qui descendent, la plaine pour seule vue. Nous arrivons dans le village de Cuenca de Campos  et trouvons très vite le refuge. Nous appelons le gardien par téléphone pour qu'il vienne nous ouvrir le lieu. L'accueil est agréable, l'albergue et très grand il contient 24 places, ne manque de rien et propre. Alvaro arrive peu de temps après nous.  Dans l'après midi nous  le suivons au bar/restaurant pour prendre un rafraichissant et commander notre repas du soir.   Nous visitons les lieux, la commune ne manque de rien, une épicerie ouvre ses portes à 17 h. Belle soirée en compagnie de notre unique  pèlerin Espagnol.

Etape de 23 kms

Cuenca de Campos - Santervàs de Campos

Jeudi 10 septembre nous quittons Cuenca de Campos à 8 h, la journée s'annonce très ensoleillée, Aucune difficulté pour trouver le chemin qui se trouve derrière le bar/restaurant. Nous prenons un sentier agréable, nous traversons des rio que nous ne voyons pas tant la sécheresse est forte dans cette région. Nous entrons dans la ville de Villalon de Campos, ville paisible et centrée. Nous prenons le temps de s'arrêter sur la place de l'église où les bars sont nombreux.  Lorsque nous repartons nous passons devant l'albergue une personne nous interpelle c'est l'hospitalier  qui souhaite que nous arrêtions pour discuter. Son épouse et lui parlent Français ils savaient que 2 Français étaient sur le chemin et se demandaient où nous étions. La discussion dure un moment mais il faut repartir 1 tampon sur les créanciales et on se dit adieu . Nous continuons notre chemin sur une piste sableuse, des espaces de champs  de cultures à perdre de vue. Arrive le petit village de Fontihoyuelo  qui paraît en ruine, à l'entrée nous sommes accueillis par un troupeau de chiens qui ne sont pas agressifs, une ferme est là avec son propriétaire, nous continuons et arrivons dans un espace verdoyant  avec un banc. Nous décidons de faire une pause et soigner les pieds. A la sortie du village nous sommes arrêtés par 2 dames, une d'entre elle connaît la France, elle souhaite nous offrir un café que nous acceptons volontiers. Nous passons une demie heure avec cette dame et son mari, mais il faut repartir, nous les remercions vivement de cette hospitalité chaleureuse.

Nous repartons en empruntant des chemins roulants, nous prenons le temps pour arriver à Santervas de Campos que nous traversons pour arriver au refuge. Alvaros  est arrivé il nous ouvre le lieu et nous explique que l'hospitalière arrivera en soirée, nous explique aussi que l'épicerie ferme à 16 heures. L'hospitalière doit faire faire visiter l'église, nous sommes vraiment intéressés.  Les repas du soir seront pris à l'unique bar/restaurant/épicerie  du village. Un pèlerin Italien arrive à 18 heures , 70 ans et très en forme.

Etape de 20kms

Santerves de Campos - Sahagun

Nous avons eu la chance de visiter l'église avec la personne qui s'occupe de l'albergue, belle présentation et belle rencontre avec cette dame. Dernière ligne pour le chemin de Madrid.  Nous sommes le 11 septembre, 14 jours sous le soleil,  des paysages magnifiques, peu de routes, mais aussi pas de présence sur le chemin.

Ce matin  nous partons relativement tard, le parcours est facile est court. Nous traversons le village pour prendre la direction d'Arenillas, nous sommes sur la Départementale et la circulation est intense.  3 kms plus loin nous tournons à droite pour la direction d'Arenillas en prenant un chemin agricole toujours aussi pierreux. Nous avons rattrapé  Alvaro  et faisons un bout de chemin ensemble.  Arrivés à Arenillas  nous faisons une courte pause. Alvaro lui  continue. Le sentier que nous prenons par la suite longe le rio Valderaduey, toujours de la caillasse, 6 kms plus loin nous arrivons au niveau de la ligne de fer du TGV, direction Grajal. 2 voies sont proposées, une sur Grajal l'autre en prenant un sentier qui mène directement à  Sahagun, nous optons pour la 2ème option. Le chemin se dirige directement sur la ville à travers des vignes sur 6 kms. L'arrivée n'est pas banal car nous avons une descente raide lorsque nous arrivons sur les premières habitations et sur le couvent de San Francisco.

Sahagun-St Jacques de Compostelle