Le Gr  du Nord, le chemin mythique.

Lorsque mon compagnon m'a dit, je t'offre un voyage pour ma retraite, j'ai tout de suite dit le Gr20. Pourquoi ce chemin alors si controversé par ses difficultés, sa sportivité et les mises en garde de tous les guides que j'ai pu lire, recherches sur internet pour me renseigner. Il y a longtemps que ce Gr me tentait, pourquoi? je pense qu'il fait partie d'une finalité lorsque nous sommes randonneurs, et  entendre et regarder  des reportages sur ce beau parcours ne pouvait que nous inciter  à s'y aventurer. Je peux dire que je n'ai pas été déçue, la difficulté est réelle, pour certaines personnes impossible à réaliser, mais nous y sommes arrivés, que de bonheur et de soulagement lorsque nous franchissons la dernière étape!

16 jours, nous avons tablé sur  ce nombre, vu les difficultés que nous étions sensés rencontrer et notre niveau de randonneurs. Nous avons choisi le Nord pour le commencer  et nous ne l'avons pas regretté, les étapes certainement plus compliquées, mais passées après que la fatigue s'est faite sentir.

Nous avons débuté  notre périple, le lundi 23  juin, après une bonne nuit dans un petit hôtel à Calenzana, hôtel familial le Bel Horizon. 6h, nous trouvons sans difficulté les marques (blanche et rouge) du GR 20, marquage tout au long des étapes et tous les 50/100m, impossible de se perdre, sauf si nous sommes distraits, ce que nous ne serons pas, de peur de nous perdre dans ce grand parc naturel.  

Le parcours s'annonce difficile dés le départ de Calenzana, il fait un beau soleil nous partons pour 12 km,  6h30 de marche  pour le guide, mais pour nous ce sera beaucoup plus, ainsi en sera chaque étape, nous mettrons 2/3 h de plus que prévu. De quoi faire tomber le moral.

Partant de Calenzana, nous aurons très longtemps le panorama de la baie de Calvi, spectacle qui nous fait perdre un peu de temps, mais nous savons qu'ils faut savourer  ce chemin car nous ne le ferons pas 2 fois.

Le sentier s'élève le long d'un authentique chemin muletier, où se trouve la fontaine d'Ortiventi, la seule que nous trouverons au fil des étapes.

Nous passons notre journée entre grimpettes, chaines pour nous aider, forêt communale du Sambuccu ( qui signifie Sureau), nous atteignons le promontoire d'Arghjova (820m), nous continuons le sentier en lacets,  nous gagnons Bocca à U Saltu (1 250m). Sur un autre versant les chaines sont nécessaires pour franchir une barre rocheuse, nous franchissons  le Col de Bocca à U Bazzichellu (1 486m). 

A partir du Col de  Bocca nous apercevons le refuge d'Ortu Di uPiobbu (1 520m ) , vue  et parcours interminable pour y arriver. L'après midi est longue et une pluie fine s'invite sur le parcours, le sentier est en courbe régulière, nous arrivons au refuge vers 15h30. Nous sommes agréablement surpris de l'accueil de ce gîte  qui propose le repas du soir et le petit dèj. Il est possible de faire ses repas, le refuge dispose  d'un coin cuisine et d' une alimentation. Des tentes entourent les lieux, les randonneurs restent entre eux, sûrement sont -ils fatigués comme nous le sommes.

Les sanitaires sont sommaires, les douches sont froides mais propres.

Au cours du repas du soir nous faisons la connaissance de Sylvie et André, des montagnards de Savoie.

Mardi 24 juin, la nuit a été courte, trop chaud dans le refuge, des randonneurs levés à 4h30, beaucoup de bruit,  il faut dire que le dortoir contient un maximum de lits, donc très peu de places  pour pouvoir accéder au sac à dos, il faut jongler avec tous les autres qui s'entassent là, comme des sacs à patates.

Il en sera ainsi dans presque tous les refuges, avec le minimum on fait le maximum.

Le gardien a préparé le petit dèj dans des boites hermétiques, avec les noms des bénéficiaires, on trouve ça bien. Petit bémol, un couple  des Vosgiens,  trouve  leur  boite mais elle a été visitée par d'autres avant eux, plus rien à manger sauf les doses de café et thé, là on se dit c'est fort de café, voilà 2 personnes qui partent pour 8h de parcours, sentiers  assez compliqués, certains individus n'hésitent pas à se servir dans ce qui ne leur appartiennent pas, ne se posant même pas la question que vont avoir ces personnes dans le ventre avant de partir. Comme les gardes ne sont pas là le matin, ils partent  l'estomac  vide. Nous sommes mal à l'aise par ce geste d'incivilité  et allons redoubler d'attention pour les prochaines étapes.

Nous partons à 7 h pour une ascension de 7 h, sur le guide bien sur,  pour nous elle sera de 12h. Nous devons atteindre le refuge de Carrozzu , pas de point d'eau sur cette étape, il faut prévoir 2/3 l d'eau, il fait soleil, il faut donc s' hydrater régulièrement. Beaucoup de dénivelés, presque de l'escalade en série, descentes puis des remontées mais quel spectacle sur les hauteurs, apercevons Calvi et ses faubourgs. Ascension, de nouveau un passage ou il y a des gorges, vue superbe,   rencontrons le couple de Vosgiens, qui comme nous  passent l'étape avec difficulté.

Depuis le départ  le chemin s'élève à 1627 m, descendons sur la bergerie de Mandriccia (1 460m ). Nous franchissons un ruisseau remontons la vallée au pied d'immenses dalles rocheuses, le sentier continue parmi de gros rochers,  des aulnes, atteignons la Rocca di Pisciaghja ( 1950m), spectacle à vous couper le souffle, nous faisons une pause pour se restaurer.

Nous pensons en finir avec l'ascension, peine perdu,  l'itinéraire s'élève jusqu'à

2 020 m, passons  sur le Capu Ladruncellu,  grimpons descendons, rejoignons le Col Bocca d'Avartoli ( 1 898 m).

Le Gr 20 repasse sur un autre versant de la Bocca d'Arvartoli pour entrer dans le cirque du Ladruncellu, la séance n'est pas finie nous reprenons le versant de la Punta Ghjalla puis la Bocca di l'Innominata (1 912 m).

Ce que nous avons monté bien sur, il faut le redescendre, c'est effectivement ce qui va se passer, mais,  je ne me doutais pas que la descente allait être si difficile, que de la pierraille, que dis-je, cailloux de toutes les rondeurs largeurs grosseurs,  je ne suis vraiment pas à l'aise dans cette descente et pour cause mon pied me fait comprendre qu'il faut que je sois très prudente, ( double fracture de la malléole 1/2 ans plus tôt ). Nous arrivons au refuge il est à 18 h 30 .

Au refuge de Carrozzu.
Au refuge de Carrozzu.

Nos matelas nous sont donnés à 20h, c'est ainsi dans les refuges Corse, pas de priorité même en réservant et en payant à l'avance, les 1ers choisiront les meilleurs places, ainsi, nous nous retrouvons à l'étage voire souvent au 3ème étage.

Dans ce refuge de Carrozzu,  nous pouvons prendre le menu ou bien à la carte, nous trouvons extraordinaire de voir un lieu où il n'y a aucune vie citadine, en plein cœur de la  montagne, de pouvoir s'alimenter comme dans un resto.

Un hélicoptère de la gendarmerie arrive et se pose, des blessés sont évacués, le Gr  est fabuleux mais reste dangereux. La douche sera prise plus tard, trop de monde  la fatigue aidant et après une bonne omelette/charcuterie/ pietra , nous prenons nos lits et nous nous enfermons dans nos sacs.

La passerelle de Spasimata.
La passerelle de Spasimata.

Les nuitées dans les refuges vont sûrement être compliquées pour le sommeil, les nuits sont chaudes et la promiscuité de tous, fait que nous dormons mal. Les étapes futures semblent  difficiles, à écouter les randonneurs, pourtant beaucoup plus  sportifs   que nous.

Etape n°3, de Carrozzu au refuge d'Ascu Stagnu, La veille, les gardiens du refuge nous ont annoncé de l'eau en fin de matinée, c'est vrai que ce matin du 25 juin, l'orage se fait voir au loin. Les refuges étant dans des zones très en retrait de toute vie, celui de Carrozzu n'a pas d'électricité, c'est assez marrant de nous voir tous en train de chercher le  petit dèj  dans la pénombre, lampe à la main. 

Les plus aguerris partent alors que  le jour ne s'est pas encore levé.

Le lac de Muvrella
Le lac de Muvrella

6 h, nous partons pour  5 km 500, et 6h10  d'ascension, nous mettrons 2h 30  de plus.

Après une descente assez facile, nous arrivons à la  passerelle de Spasimata (1 220 m ) qui surplombe une rivière à l'entrée des  gorges de la Muvrella.

Nous continuons le sentier qui monte par des dalles rocheuses qui surplombent le ruisseau, le parcours est assez périlleux, et par temps  de pluie  glissant, par endroits. Il y a des chaines qui nous aident à  franchir ces dalles. Nous montons un sommet assez raide et débouchons sur un lac, ( le lac de la Muvrella ( 1 860m ).  La brume s'est installée en matinée,  cela ne nous gêne pas pour voir le balisage. L'ascension n'est pas finie, il faut continuer pour grimper un couloir raide puis arrivons à Boccadi à Muvrella (2 000m). Nous continuons la crête,  puis franchissons le sommet de la Muvrella , au col de Bocca  di Stagnu (2 003 m ). Nous faisons une pose à cet endroit, la montée a été difficile toute la matinée. arrivés au sommet au loin nous apercevons le refuge d'Ascu Stagnu.

Nous savons que la descente sera longue, elle est pentue, parfois avec des couloirs. Nous apercevons l'hélicoptère par 2 fois, qui hélitreuille des randonneurs en difficultés ou blessés, nous sommes un peu sous le choc, nous redoublons de vigilance, avec toutes ces grosses pierres qui roulent sous les pieds. La fin du parcours se fait à travers forêt où se trouve des vieux pins appelés Laricio, puis après 2 h de descente nous arrivons à l'ancienne  station de Ski de Haut -Asco  où se trouve le refuge.

Le refuge d'Asco.
Le refuge d'Asco.

Le refuge est spacieux et présente des chambres de quatre, nous faisons la connaissance de 2 frères Pierre et François des Cévenols.  Le gîte est impeccablement tenu, des sanitaires propre, une épicerie  où il y a de tout,  une belle ambiance venant des personnes qui s'occupent des lieux. Nous nous renseignons pour la prochaine étape qui sera le cirque de la solitude, la gardienne nous fait savoir que le mauvais temps s'annonce pour le lendemain, Thierry s'inquiète car nous savons qu'il n'est pas possible de franchir cet endroit par temps de pluie et surtout d'orage. Nous décidons que nous laisserons cette étape, pour moi avec regret car ne pas faire ce lieu mythique  du Gr20 me donne l'impression que j'abandonne. 

Il y a une navette qui part tous les matins de la station, monnayant 30 euros et en réservant la veille. 

Dans le petit village de Calasima.
Dans le petit village de Calasima.

Nous sommes réveillés tôt pour cette journée du 26 juin, les randonneurs veulent partir  vite pour franchir le cirque. En ce qui nous concerne nous avons un peu de temps car la navette part à 9 h. Nous prenons le petit dèj que nous a préparé Mr Gueriny, charmant personnage très serviable et aimant son travail. Nous discutons une bonne heure avec lui.

Nous prenons la navette pour 2 h de route, montagneuse au décor grandiose, de quoi nous faire oublier la traversée d'E Cascettoni (cirque de la solitude).

Nous arrivons à Calasima, tout petit village,  nous continuons sur la route, le chauffeur du bus  nous a parlé de 2 km, avant de bifurquer sur le chemin qui mène au refuge de Tighettu, nous marchons depuis 1 h, ne voyant aucune indication, nous  rebroussons car nous devons avoir manqué un signalement. Une voiture arrive, nous lui demandons la direction, nous étions bien sur le circuit mais il y a beaucoup plus que de 2 km, il nous propose de nous y conduire. Ce jeune est éleveur de cochons, il nous confirme que le cirque de la solitude n'est pas aisé en tant de pluie.

Le sentier commence par une belle montée à travers bois, il mène jusqu'aux bergeries (d'U Vallone ) qui font restauration. Nous prenons le temps de manger  une omelette Corse et boire une Pietra fraiche, un peu de bon temps alors que nous devrions être sur le GR.

Nous continuons le chemin qui monte sur 600m, pierres sous le pied, le parcours est à côté de la rivière le Viru, nous retrouvons  le GR 20, nous apercevons le refuge  de tighjettu, il s'élève à 1 6 83 m, il paraît loin, nous arrivons vers 15 h30.

Le refuge de Tighjettu
Le refuge de Tighjettu

Pas une seule pluie, le beau temps toute la journée, les premiers randonneurs sont souriants,  heureux d'avoir  franchi ce délicat passage, tous nous disent que nous avons eu tort  d'avoir hésité pour ce parcours que tout le monde redoute, ça restera notre déception d'avoir trop écouté les prudences.

Le gîte est agréable tenu par Jacky, personnage qui fait le maximum pour satisfaire ses hôtes d'un soir. la fin d'après midi se passe au soleil en attendant que le linge sèche, trop de monde pour le menu, nous nous contentons d'une boite de ravioli.

20 h, nous sommes dans nos duvets.

Nous arrivons au col di Fuciale ( 1 962m ).
Nous arrivons au col di Fuciale ( 1 962m ).

Les nuits sont longues vu le manque de sommeil dans ces refuges où la chaleur est infernale. Nous partons à 7 h ce 27 juin, le vent s'est monté, il fait froid. Nous redescendons ce que nous avons monté la veille, nous retrouvons les bergeries d' U Vallone, descente assez raide, pour ensuite prendre un sentier boisé et très agréable tant sous le pied que pour le plaisir de marcher.

Au bas de  Paglia Orba, nous franchissons un ruisseau puis commençons une montée,  rejoignons le vallon de Force Chialla continuons le  parcours qui devient raide, une montée qui n'en finit pas, des barres rocheuses qui nous permettent d'arriver au col di Fuciale ( 1 962m ). Il y a encore de la neige par endroit, au loin en nous retournant, nous apercevons un lac, hélas le guide n'en parle pas. Arrivés au col, il fait un vent glacial, nous trouvons un endroit pour nous restaurer tout en admirant le paysage. Il nous reste une demie heure de marche pour arriver au refuge de Ciottulu di  i Mori.

Le refuge de Ciottulu di i Mori.
Le refuge de Ciottulu di i Mori.

Le refuge est impeccable, des draps changés le jour même, un gardien pas souriant  nous demande de ne pas entrer avec les chaussures, un sanitaire rudimentaire mais nickel, bref de quoi nous mettre dans la joie. L'après midi se passe au soleil vu que nous sommes arrivés tôt, 14 h 30.  Le repas est servi a 18h, un menu de pâtes bien cuisinées, note maximale pour ce refuge hyper bien tenu. 20 h 30, tous les duvets ont retrouvés leur propriétaire, la fatigue se fait sentir après 5 jours sur le Gr. 

Nous sommes au lac de Nino..
Nous sommes au lac de Nino..

28 juin, la journée s'annonce longue, 23 km pour rejoindre le prochain refuge de Manganu. Nous partons à 6 h car nous savons qu'il va nous falloir un certain temps pour parcourir ces kilomètres. Du refuge de Ciottulu nous descendons un sentier très rocailleux, prudence pour ne pas se tordre un pied, il nous faut plus de 2h30 pour arriver aux bergeries d'E Radule. Des tables et des chaises sont installées, deux adolescents tiennent   un bar et nous proposent du café,  ils servent le café dans un grand bol. Encore une fois nous sommes surpris de voir que ce genre d'endroit   peut proposer de la boisson et de l'alimentation. Nous repartons après 30 mn pour nous engager dans une forêt (la forêt Niellu), beau parcours qui délace les jambes, des vaches éparpillées se reposent à l'ombre des arbres, elles n'ont pas l'air  apeurées par notre présence, des marcheurs, elles doivent en voir tous les jours. 

Nous arrivons à Castel de Vergio, nous retrouvons René son petit fils et son ami, installés devant un saucisson et fromage, ils font la pause car le chemin n'est pas terminé. Un peu de civilisation, des voitures un hôtel/refuge/camping et une épicerie où nous faisons notre réserve. Nous nous installons pour nous restaurer, il fait un superbe soleil, nous flânons un peu, pour profiter d'un peu d'ambiance civilisée. L'heure passe il faut repartir,  nous continuons en traversant la D 84  pour entrer dans la  forêt, nous rencontrons des cochons, des vaches toujours en liberté mais pas d'animaux sauvages où sont -ils? nous devons leur faire peur. Un sentier nous indique le col St Pierre et le lac de Nino, nous montons un certain temps, arrivons au col St Pierre ( 1452 m), des randonneurs se prélassent  entourés de cochons le scène est assez marrante. Nous nous reposons sous des hêtres Anémomorphoses .  Le temps presse il faut continuer, enfin nous apercevons le lac, paysage magnifique quelques photos, puis continuons. Des rigolos ont trouvé amusant de changer le sens des directions, nous cherchons, demandons à des jeunes qui pêchent, ne savent pas trop nous dire, continuons la recherche et trouvons le marquage. Le passage du lac est facile, une bergerie où l'on y fabrique du fromage,  un parcours devenu moins facile d'où la difficulté des troncs qui sont éparpillés( des hêtres morts ) dans tous les sens,  de la caillasse sous les pieds fatigués , arrivons à la bergerie de Vaccaghja, apercevons au loin le refuge de Manganu, arrivons à 19 h. Nous venons de faire 23 km, nous ne nous attendions pas à temps de fatigue, nous avons mis 11 h en comptant les arrêts.

Le refuge de Manganu.
Le refuge de Manganu.

Le refuge est complet, bien sûr, je suis comme depuis le début,  la dernière arrivée. Je  suis tellement fatiguée que je n'ai même pas envie de manger. Beaucoup de randonneurs ont fait ce parcours en 2 étapes, Sylvie et André viennent me féliciter, me disent que le lendemain c'est une très dure étape qui nous attend, (le passage de la brèche de Capitellu ), ils suggèrent que je me  repose, oui mais nous avons tout réservé,  il faut continuer. je prends  une bonne et froide douche, Le gardien a préparé des succulentes pâtes, nous mangeons avec Jean -François, René et Thibaut,  un peu de vin pour remettre les idées en place  puis je me coule dans le duvet à 21 h.

Dans ce refuge l'ambiance y est bonne, gardien à l'écoute et propreté normale.

Plateau de pozzines.
Plateau de pozzines.

Très mauvaise nuit, la fatigue  de la veille m'a empêchée de me reposer, pourtant la porte de la chambrée était ouverte vu la chaleur de tous ces corps fatigués. l'air frais de la nuit aurait du apaiser le sommeil.

7 ème  jour, nous commençons par franchir un  ruisseau,   franchissons une barre rocheuse. Nous arrivons sur un beau plateau de pozzines, décor que je ne connaissais pas, des vaches sont en train de se nourrir sans regarder ces bipèdes dos chargés. Nous continuons par une ascension, à certains endroits, il y a de la neige. Nous devons  prendre un autre endroit. Nous montons et arrivons à un cirque où se trouve un petit lac, encore une montée raide et nous arrivons à la brèche de Capitellu, spectacle grandiose, le passage se fait sur de la neige nous devons nous aider de filins. Tout en bas, les lacs de Melu et Capitellu, le passage se fait sans mal, il faut juste regarder droit devant. Nous sommes à ( 2 225 m) point le plus haut du GR 

Nous devons franchir une brèche assez à pic, des jeunes randonneurs  sont en train de la monter, ils font le parcours du Sud. En attendant la montée des jeunes,  nous décidons de nous poser,  nous restaurer et prendre le temps d'admirer ce magnifique endroit.  Des chocards s'invitent  pour déguster le menu avec nous, pas du tout farouches voire effrontés, devant leur insistance, nous leur donnons des miettes avalées immédiatement.

Nous devons repartir car l'étape n'est pas terminée,  pour passer cette brèche il y a une chaine, pas de panique,  je passe la première, la descente se fait sans encombre, au tour de Thierry qui réussit la difficulté.

La continuité du parcours reste difficile, le passage  se fait par des arêtes, des névés, des énormes rocs à franchir.  Passons Bocca à  Soglia ( 2 052 m) longeons la Punta Muzzela arrivons sur une pente raide la gravissons pour atteindre Bocca Rinosa ( 2 150 m ). Nous n'en avons pas fini il faut continuer  pour arriver à Bocca Muzzela ( 2 2 06 m) en passant par des gros blocs de roches pas si aisés, nous finissons cette étape par une rude descente qui nous mène au refuge de Petra Piana.

 On nous l'avait dit  la veille, la journée ne sera pas facile, je confirme dure mais tellement magnifique  haute en couleur, en paysage.  Comme chaque jour nous arrivons en dernier, qu'importe  le temps, l'essentiel c'est de réussir.

Refuge de Petra Piana.
Refuge de Petra Piana.

Tout petit refuge mais grosse affluence  à notre arrivée, plus de 300 personnes essaient de trouver une  place. Pour nous, les matelas sont bien retenus il faut juste se trouver un passage pour pouvoir y accéder tant le bazar est énorme. Pas de place pour les sacs, les gardiens se contentent de nous dire de dormir avec, on se demande comment! les randonneurs fouillent rangent dans leurs sacs sans s'occuper du voisin, les matelas sont sales, bref la misère pour ce gîte qui est bien trop petit pour recevoir tout ce monde. Le repas se fera avec une boite de cassoulet, car vue toute cette foule, impossible de faire de la cuisine pour tous.

Point vraiment positif dans ces refuges, la nourriture ne manque pas,  il y a toujours des conserves et autres que l'on peut se procurer.

René, Jean-Francois, Thibaut.
René, Jean-Francois, Thibaut.

Lundi 30 juin, 8ème étape, nous partons de Petra Piana avec un vent et brouillard épais. Un guide nous déconseille de faire les crêtes ( variante ) avec ce temps,  ça ne risque pas nous concernant, suivre le Gr 20 est déjà très bien pour nous. Nous descendons la vallée à travers les aulnes jusqu'aux bergeries de Ghjalgu, hélas fermée ( vente de fromage). Découverte d'un sol sans cailloux, paysage en forêt, nous retrouvons René/ Jean-François / Thibaut, nous passons la journée ensemble, Thibaut avec ces 15 ans coure attend, repart fait le fou en attendant son papy qui marche sur des œufs aujourd'hui, des grosses ampoules se sont invitées sous ses pieds.

Nous franchissons le ruisseau Manganellu ( 1 440 m ), ruisseau qui est tout de même impressionnant, nous remontons  redescendons pour longer le ruisseau. Nous arrivons à la bergerie de Tolla ( 940 m ), nous y faisons une halte avec nos 3 amis. Cette bergerie est tenue par 2 adolescents, petit  ravitaillement vente de fromage   et boissons chaudes sont à la disposition.  Je reste toujours surprise de voire que dans un lieu en pleine nature nous trouvions ce genre d'endroit pour le plus grand plaisir de tous.

La journée passe et le parcours n'est pas fini, nous  continuons à travers une forêt de pins Laricio jusqu'à  la passerelle de Tolla, bel environnement avec le ruisseau qui passe en dessous et où  des personnes se baignent dans une eau limpide. 

La passerelle franchie le parcours se fait tout en montant,  nous franchissons un ruisseau et continuons l'ascension sous des hêtres grandioses. Nous atteignons le refuge de Onda où une petite surprise nous attend.

Le refuge de Onda.
Le refuge de Onda.

C'est à l'accueil et au réfectoire  que nous arrivons,  et  aux emplacements des tentes.  "Pour le refuge c'est la haut me dit le gardien", belle montée en perspective, René qui est avec moi et que ses pieds le font souffrir ne se voit pas redescendre cette colline pour le repas du soir, nous décidons tous que le repas se fera entre nous devant une excellente   plâtrée de pâtes et d'une bonne bouteille. La gardienne me propose de prendre une douche chaude  au prix de 2 euros, "le rêve, une douche chaude" , elle me dit d'aller m'installer et de voire après. J'ai compris en arrivant au refuge, la douche c'est en bas il faut redescendre, il y a bien une douche à l'extérieur mais sans porte. Tant pis pour la douche chaude,  Je vais continuer comme depuis le début, me laver à l'eau froide et quel bonheur pour une fois, pas d'attente au portillon. Le refuge est très correct, nous passons une super soirée en compagnie de René son petit fils et son ami, ainsi que les 2 frères Cévenols.

Vers la Punta Muratellu.
Vers la Punta Muratellu.

9ème jour sur le Gr 20. Devant tant de difficultés, nous avions l' appréhension de ne pas continuer, nous sommes fatigués mais nous nous accrochons pour finir cette randonnée tant convoitée.

René, Jean -François et Thibault nous font leurs adieux car ils partent 1 heure avant nous et  finissent le chemin à Vizzavona.

Du refuge le parcours s'élève assez dur, en nous retournant nous apercevons le brèche de Capitello, spectacle qui nous touche, la Corse est décidément belle sur tous les angles.

Nous montons pour gagner l'arête vers la Punta Muratellu, nous continuons par une rude montée, nous arrivons devant une plaque en mémoire à "Jean-Pierre Etienne, alpiniste qui s'est tué  en voulant franchir le sommet de la Punta Muratellu ( 2 141 m)", nous restons humble devant cette plaque. Malgré une expérience pour les ascensions, des sportifs aussi chevronnés que ce skieur,  arrivent à avoir un accident fatal.

Nous passons ce sommet  puis montons  une pente raide voire dangereuse du fait qu'elle se  trouve piétinée par les passages successifs. Arrivés pour redescendre, nous décidons de nous arrêter admirant toute cette beauté qui s'offre à nous. Nous sortons nos victuailles lorsqu' apparaît Jo et Jean-Paul... Mais d'où viennent -ils? nous ne les avions plus revu depuis Carrozzu, ils ont fait une pose à la 2ème étape, préférant reprendre sur le Gr Sud. Pendant tout ce temps ils ont visité la Corse, ils recommencent depuis Onda. Nous continuons ensemble, l'itinéraire descend par des barres rocheuses, nous sommes dans la vallée de l'Agnone, la descente n'est pas facile sur ces dalles, ça glisse et la chute arrive vite. Nous entrons en forêt tout en montant pour atteindre ( 1 490 m ). Nous redescendons et passons la passerelle de Turtettu, la journée n'est que montée, descente, roches à franchir, en longeant le ruisseau qui nous amène aux cascades des Anglais, petites chutes d'eau successives, eau  claire,  Jo et J-P s'y arrêtent pour une pose bien méritée.

Nous continuons tout en suivant l'Agnone, arrivons sur un pont que  nous franchissons, nous continuons une piste forestière avec un sol tellement agréable que nous mettons moins d'1 heure pour arriver au centre de Vizzavona.

Refuge GR20 à Vizzavona.
Refuge GR20 à Vizzavona.

Il est 17 h 30 lorsque nous arrivons à Vizzavona, le refuge est dans le centre, nous ne pouvons pas nous tromper car le village n'a que quelques habitations,  1 restaurant, un hôtel, une épicerie, le refuge et la gare. Une gare qui a son importance car c'est à Vizzavona que se termine la partie Nord et la partie du  Sud qui commence. Pour certains randonneurs  qui on décidé de faire que le Nord le train a son importance, de même pour ceux qui finissent  le Nord à cet endroit.

Les propriétaires du  refuge le  "Gr 20" nous font  attendre 1h30 avant de nous  indiquer nos lits, il est 19 h lorsque enfin ils se décident  de nous faire entrer dans les locaux, nous sommes surpris et mécontents. Nous sommes plus d'une dizaine, une seule     douche pour      se décrasser, heureusement les lieux sont propres et le repas ne se fera pas attendre.