Sur les pas de Robert Louis Stevenson,   GR 70.

Le Chemin de  Stevenson se fait dans  les Cévennes par la Haute-Loire, l'Ardèche, la Lozère et le Gard. Le  parcours est balisé du Puy en Velay  (Auvergne) à Alès (Languedoc-Roussillon) passant par Coubon, Le Monastier sur Gazeille, Saint Martin de Fugères, Goudet, Ussel, Le Bouchet St Nicolas, Landos, Pradelles, Langogne, Cheylard l'Evêque, la forêt de Mercoire, Luc, (variante par l'Abbaye Notre Dame des Neiges) La Bastide-Puylaurent, Le Moure de la Gardille, Chasseradès, L'Estampe, la montagne du Goulet, Les Alpiers, Le Bleymard, Orcières, Le Mont Lozère, Le Col de Finiels, Le Pont de Montvert, Mijavols, Bédouès, Florac, Saint-Julien d'Arpaon, Cassagnas, Col de Jalcreste, St Germain de Calberte, Pont de Burgen, St Etienne Vallée Française, St Jean du Gard,  et  Alès. Un parcours de 250 km.

Le Velay, un agréable mélange coloré entre reliefs volcaniques et hauts plateaux agricoles. D'un côté, les champs de lentilles  chantent  inlassablement avec de grands pins aux formes biscornues. De l'autre côté, les murs de pierre déssinent  le paysage en soulignant chaque pré. Dans  cette belle campagne, la lave donne aux petits villages ses couleurs rouge et noire.  La Loire ondule paisiblement mettant sa touche de bleu.

Aprés les chemins de Compostelle, nous avions envie de  continuer de randonner sur les Gr de France. pourquoi le Gr 70, des amis l'ayant parcouru, nous ont donné l'envie de le faire 

Nous sommes arrivés au Puy en Velay  le 8 aôut 2010, avons réservé un gîte les Capucins où nous pouvons faire la cuisine. très beau temps, dans cette région. L'arrivée au Puy par le rail est fabuleuse, nous sommes impréssionnés de ces montagnes sculptées de vierge, de chapelle. Je comprends mieux pourquoi tous les pèlerins veulent partir de cette ville pour Compostelle.

Lundi 9 aôut, nous quittons la ville pour emprunter le Gr 430  l'itinéraire du chemin Saint Jean-François-Régis jusqu'au Monastier sur Gazeille. Le chemin commence par des murets mais aussi par des belles montées. Nous avons le temps car le parcours est  de 19 km. Nous apercevons Coubon joli village,  nous traversons le Pont sur la Loire pour arriver au bourg,  nous y faisons une halte pour déguster un café.

La commune de Coubon se situe en Auvergne sur le département de la Haute-Loire. A 640 m d'altitude, posée au bord de la Loire, elle se trouve à environ 6 km du Puy-en-Velay.

Nous reprenons le chemin et après divers bifurcations  chemins caillouteux, nous arrivons au Monastier sur Gazeille. La petite ville est en fête avec un festival de musique qui dure la semaine. Difficile de trouver un gîte avec cette manifestation. Nous avons trouvé un hôtel à la sortie du bourg, le moulin de Savin Nous visitons cette  charmante bourgade  de 1794 habs. A visiter,  l'église abbatiale  un des plus beaux exemples de l'art roman en Auvergne par sa façade polychrome et sa frise sommitale unique. Son orgue de 1518 restauré en  1985 est l'un des plus vieux d'Europe, l'abbaye bénédictine, le château, l'église St Jean-Baptiste du IX°.

Robert Louis Stevenson, né le 13 novembre 1850 à Édimbourg est mort le 3 décembre 1894 à Vailima, est un écrivain écossais et un grand voyageur, célèbre pour son roman L'Île au trésor.
C'est avec une ânesse (Modestine) qu'il  décida de partir et de tracer plus de 220 km à travers les Cévennes le chemin qui deviendra le Gr 70.
Stevenson est parti du Monastier sur Gazeille et jusquà Saint Jean du Gard.  Pour plus de modalités, le chemin part du Puy en Velay à Alès, très certainement pour le retour par train.
Nous sortons de l'hôtel à 6 h 30 ce mardi 10 Août , bon lit, bonne table, adresse à recommander. Nous empruntons le chemin 70 qui se trouve à proximité de l'hôtel, belle montée en perspective. Le paysage est tellement magnifique que nous oublions la difficulté du terrain. Nous sommes les spectateurs du lever du jour et du soleil qui nous sourit. Les animaux sont encore endormis dans les près,  à notre approche ils nous regardent d'un air inquisiteur.
Nous arrivons dans un tout petit village, Goudet, où un café est ouvert, nous nous installons à la terrasse avec pour vue le château de Beaufort, en ruine. Des randonneurs avec des enfants et un âne passent, nous discutons et apprenons que finalement l'âne n'est pas si tétu que l'on voudrait bien nous  faire croire. Il prend le pas des enfants, se laisse guider par eux. 
Nous reprenons le Gr 70, traversons des petits villages, Montagnac, Ussel, Barguettes, pour arriver à le Bouchet St Nicolas municipalité de 233 habs. Dans cette commune nous pouvons voir le lac Bouchet altitude 1 205 m, superficie 44ha, circonférence 3 km, profondeur 28m. Le lac d'origine volcanique se situe dans la Haute Loire entre   Cayres et le Bouchet St Nicolas.
Nous le verrons de loin et n'aurons pas le temps de faire un détour pour l'admirer  de plus près. Le village est assez joli mais notre destination pour aujourd'hui n'est pas ici car à la réservation il n'y avait pas de place. Nous reprenons  le chemin pour Landos Situé à 1100 mètres d'altitude, au sud de la Haute-Loire, dans le "midi de l'Auvergne". Landos est un village d'un peu plus de 900 habitants avec les 10 villages qui l'entourent dans une nature préservée. Le chemin de Stevenson, la Voie Régordane ou le sentier des Gorges de l’Allier fait de Landos une étape pour les marcheurs.  L'église romane Saint Felix du XIIe siècle, Le petit Pont de la Castier, restauré en 1989, Le four banal du bourg sont des lieux à visiter.
Nous arrivons dans le gîte communal "les fonds" installé à coté du stade, nous sommes accueillis par un jeune garçon. Il nous installe dans une chambre où nous serons 4 randonneurs,  nous pouvons cuisiner.  Comme à chaque fois que nous posons le sac, le rituel de la douche et du lavage du linge s'impose avant toute chose. En soirée nous flânons dans le village, faisons les courses et prenons une bière sur la terrasse du café de la place.      

Les motivations qui poussèrent le jeune Stevenson "il n'avait pas encore 28 ans " à effectuer seul ce périple à travers les Cévennes sont multiples, mais le déclencheur principal fut une grande peine de coeur causée par Fanny Osbourne une belle américaine  de dix ans son aînée, artiste peintre, mariée et 2 enfants.  En définitive ils se marieront le 19 mai 1880.

Nos motivations ne sont pas les mêmes que ce jeune écrivain. Nous aimons la randonnée et la nature, la vie simple des refuges et les rencontres qui sont toujours très agréable.

Le Gr 70 n'est pas aussi fréquenté que le chemin de Compostelle. Pour l'instant nous sommes seuls et nous rencontrons les autres randonneurs le soir dans les gîtes. Le Gr 70 emprunte d'autres chemins ce qui fait que le soir, les refuges sont complets. Il est important de réserver à l'avance. Pour nous, nous avons réservé 15 jours avant notre départ, un peu juste en temps, car nous avons eu du mal dans certains endroits à trouver un logis.

Ce matin du mercredi 11 août, nous partons à 6h30, toujours avec un magnifique temps. Nous  prenons la direction de Pradelles. Comme la veille, nous traversons des petits villages, Jagonas, Arquejol pas de ravitaillement dans ces bourgades mais des habitants qui nous encouragent. Monde rural que nous apercevons à travers champs. Nous arrivons tôt à Pradelles cité dominant la vallée du Haut Allier, sur la voie Régordane reliant l’Auvergne au Languedoc, cette ancienne place forte était une étape importante pour les marchands important les denrées du Midi ainsi que pour les pèlerins en route vers Saint-Gilles et venant du Puy-en-Velay. Témoins de cette époque prospère, les demeures nobles aux murs de pierre et arcades, dont les hautes façades s’érigent contre les bourrasques cévenoles, méritent que l'on s'y attarde queques heures. Pradelles est classé dans les plus beaux villages de France, ses rues ses monuments son  église et ses chapelles.

Nous restons 3 heures dans ce joli village, puis repprenons le sentier qui nous mène à Langogne, chemin tout droit et monotone. Nous arrivons aux abords de la petite ville puis   traversons  l'Allier et pénétrons dans Langogne. Nous entrons en Gévaudan, Pays de la bête férosse. Aujourd'hui c'est l'hôtel qui est réservé, il se trouve à l'entrée de la ville  et sur notre itinéraire. L'hôtel/restaurant "le Gaillard  est imposant par sa structure, la chambre petite mais confortable 1/2 pension pour ce soir.

La ville se trouve aux portes du Gévaudan, de la Margeride, du Val d'Allier, de la Lozère et de la région Languedoc-Roussillon. Eglise Romane de Langogne - Musée d'Art Sacré Chastanier - Filature des Calquières - Musée d'Art Sacré - Ecomusée de Chastanier, sont des monuments à visiter après un journée de marche. Ville  est située sur le GR70, mais aussi le GR 700, le GR 4. 

Gévaudan ... un pays légendaire où les petites vallées accueillent des forêts sauvages de pâturage et de marais, où le silence laisse entendre des nombreux ruisseaux.

 Nous ne verrons pas la bête de Gévaudan "enfin si en sculpture à l'entrée de la ville" qui ne fait  pas peur comme celle des années 1764/1767 qui donna des frayeurs à la région.

Très bon repas dans cet hôtel,  bonne nuit, petit dèj copieux nous prenons le Gr 70 qui se trouve vers les rails. Jeudi 12, nous contournons la ville puis prenons le chemin qui est splendide, le mot n'est pas fort. Nous sommes souvent en forêt un peu de difficultés mais passable. Nos amis du matin sont ces belles vaches qui sommeillent encore lorsque nous passons à coté du pré. Belles avec leurs yeux maquillés de noir,  princesses des champs donnant des doux regards au magnifique compagnon, tout en fesses et muscles broutant et surveillant ces demoiselles. Ah, la jolie vache  que voilà!  belle gueule, museau court, cornes longues et relevées à bouts noirs, maquillage autour des yeux, c'est la belle de l'Aubrac.

Nous aimons partir tôt le matin, humant l'air frais regardant  la brume au dessus des collines, les oiseaux qui chantent lorsque le soleil se pointe, les villages qui sortent de leur  sommeil, un cheval attendant derrière la barrière que son maître l'attèle pour aller travailler aux champs.  

Nous traversons St Flour  de Mercoire commune de 121 habs,  village célèbre pour sa statue de St Roc, située à l’entrée du village, qui protégea les animaux du choléra. Nous continuons notre chemin en empruntant la D71, nous la quittons pour prendre le bois de la Garde, nous franchissons un ruisseau, puis une route qui traverse Sagne- Rousse puis dans un bois vers Fouzillac. Nous continuons en forêt pour amorcer une descente  qui nous mène au tout petit village de Cheylard-l'Evêque. Nous trouvons très facilement le gîte dans ce mini endroit. Le refuge du Moure . Nous ne sommes pas déçus de l'accueil, chambre individuelle repas du soir pris avec tous les autres randonneurs, petits dèj. Il n'y a pas le choix de réservation autre que  ce gîte d'étape. Dans ce hameau  il y a aussi un bar tenu par Josette et Alain.

Au nord de la forêt de Mercoire, Cheylard l’Evêque, village de 62 habitants, à une altitude de 1126 m. En haut du rocher, une chapelle dédiée à Notre-Dame de toutes les Grâces offre une vue magnifique sur le village et la forêt. L’église paroissiale est à signaler car son clocher provient de l’Abbaye des Dames de Mercoire et date du XIIe siècle.

Que peut-on faire dans un lieu si petit. En soirée nous montons le rocher pour aller visiter la chapelle. Nous surplombons le village et ses environs. Nous redescendons pour nous balader au travers des ruelles et des maisons. L'église est décorée d'une  boite à lettre jaune appartenant à la poste, quelle idée de dénaturer un tel lieu.

 Je respirai longuement. Il était délicieux d’arriver, après si longtemps sur un théâtre de quelque charme pour le cœur humain. J’avoue aimer une forme précise là où mes regards se posent et si les paysages se vendaient comme les images de mon enfance, un penny en noir, et quatre sous en couleur, je donnerais bien quatre sous chaque jour de ma vie. R-L STEVENSON

le repas a été à la mesure de l'accueil. Belle soirée avec tous ces randonneurs qui narrent leurs aventures en parcourant les sentiers Nous rencontrons Alain et toute sa famille venus de Bordeaux cheminer sur le Stevenson. Nous serons souvent ensemble le soir  tout au long de ce Gr 70.

Nous partons à 6h30 ce vendredi 13 août. La brume s'évapore au fur et à mesure des km. Nous sommes surpris de ne pas rencontrer des animaux sauvages dans ces heures si matinales. Pourtant on nous assure que les forêts  sont habitées par des créatures à poils et à plumes. Aprés 12 km de montée raide, de forêts de pin, nous arrivons à proximité du château en ruine de Luc. Construit avant le XIIème siècle sur un emplacement celtique, il fut l'un des plus importants de la région. L'architecture en "opus spicatum" (épi de blé) est remarquable. Agrandi au fil des alliances, il garde,  malgré sa dégradation actuelle, les signes imposants d'une forteresse militaire. Gardien du chemin de la Régordane le château de Luc était un point stratégique entre les 2 provinces du Gévaudan et du Vivarais. 

Nous prenons des photos puis nous nous dirigeons vers le village pour trouver un bar. Le bistrot se trouve en dehors du bourg à un km. Pour boire un café nous faisons le détour. Nous sommes inquiets car pour trouver le lieu nous avons beaucoup descendu. La tenancière nous explique qu'en prenant la route nous trouverons facilement le Gr. Nous sommes sur la D154 passons le Pont au dessus de l'Allier. La rivière marque la limite entre la Lozère et L'Ardèche.

Nous traversons le village de Laveyrune puis quittons la départementale et arrivons à Rogleton. A cet endroit nous pouvons nous diriger sur une variante vers Notre -Dame - des - Neiges. Nous prenons un sentier sinueux qui monte au Coulet de Pecoyol. Nous changeons de Gr pour emprunter le G7  puis le Gr 7-72 qui passe à la Felgère et arrivons à Notre Dame des Neiges. L'Abbaye de Notre-Dame des Neiges est une abbaye de moines cisterciens-trappistes située à Saint-Laurent-les-Bains en Ardèche, fondée en 1850. Charles de Foucault y a séjourné  en 1880 et 1900/1901 . Une  boutique s

situé à l'entrée du site monastique, au coeur des anciennes caves (fermées en 2006), le magasin vous accueille dans un espace convivial. Vous y trouverez vins et liqueurs de l'Abbaye, bières trappistes, une librairie religieuse, divers produits monastiques et régionaux, souvenirs religieux, CD et DVD.

J'arrivais maintenant à peu de distance de mon étrange destination, la Trappe de Notre Dame des Neiges. L'horizon, vers le sud se dégageait  et, s'enhardissant à chaque pas, la route gagne un bois de pins gris, avec une  Vierge blanche au coin. Je bifurquais à gauche et poursuivis ma route vers cet asile de silence. A peine avais-je fais queques pas que le vent m'apporta le tintement d'une cloche. (Journal de route des Cevennes) R-L Stevenson.

Nous visitons  les lieux, et allons au bar de la boutique déguster une bière faite par les moines. Il faut repartir après un moment de détente. Nous prenons la direction de la Bastide Puylaurent. Descente vers la ville environ 3 km.  Il nous faut traverser le bourg pour trouver le gîte qui est en fait un hôtel. L'accueil  en entrant dans l'établissement est à la hauteur de ce que nous découvrons. Sale, mauvaise odeur, et pour couronner le tout, la chambre se trouve dans un foutoir indescriptible. La cuisine est à pleurer. Il faut tout nettoyer avant de commencer à s'en servir. Il s'agit du Club Nature Loisirs. "Au retour j'ai signalé cet hôtel à l'association de stevenson pour non conformité ". Nous avons retrouvé des randonneurs qui ont pris le repas dans cet endroit, le menu leur est resté sur l'estomac.

Nous ne visitons pas la Bastide faute de temps. Les courses sont à faire  pour le lendemain. l'itinéraire passe parfois dans des endroits où il n'y a pas de ravitaillement, c'est le cas pour le prochain parcours.  

Mais c'est la nuit, et après le dîner, que vient le meilleur moment. Si la soirée est belle et chaude, rien ne vaut la flânerie à la porte de l'auberge au coucher du soleil. C'est le moment ou jamais de savourer la jovialité au sens plein de ce mot audacieux. R-L Stevenson.

Malgré le désordre et manque d'hygiène nous avons bien dormi dans nos duvets. Samedi 14, nous partons au lever du jour. La journée s'annonce ensoleillée, la chance nous sourit depuis que nous sommes sur le Gr, pas de mauvais temps à l'horizon. Nous retrouvons le sentier qui se trouve en forêt. Le parcours est difficile, beaucoup de montées. Aujourd'hui le parcours est long 30 km  pour arriver à destination. Nous passons le village de Chasseradès puis Mirandol où se trouve le viaduc, grand ouvrage d'art  sur la voie ferroviaire Mende.

C'est le 25 août  1873 que le Conseil Général décida de construire le chemin de fer Mende/ la Bastide. Il s'agit d'une ligne non électrifiée la plus haute du réseau exploité par ferré de France puisqu'elle atteint 1215m. Date de la mise en service de la ligne 3 mai 1884. Très bel ouvrage.

Nous longeons la voie ferrée par un chemin qui mène à l'Estampe pour  poursuivre dans les bois. Sur un tronc et à l'ombre nous prenons le repas du midi avec le sentiment que nous sommes seuls dans cette forêt domaniale du Goulet. " Environ 1250 hectares, altitude de 850 à 1497m. Les essences : épicéas, sapins pectinés, pins sylvestres, feuillus".  

Nous continuons jusqu'au  un col de 1413m. Nous passons devant le hameau en ruine de Serreméjan. Aprés diverses directions de gauche de droite de rivière à longer, nous arrivons aux Alpiers. Mini hameau qui fait partie de Cubieres. Nous descendons, passons  devant des tipis qui servent de gîtes aux randonneurs. Il nous reste 2 km pour atteindre le Bleymard. Nous arrivons vers 17h. A l'entrée il y a une belle épicerie, nous faisons les courses pour 2 jours car les prochaines étapes il n'y aura pas de ravitaillements, car le 15 août(jour férié) et des villages  traversés sans épiceries.

Le village culmine à 1087m et recense  une population de 356 habs. Le village étonne par son patrimoine : chapelle de St Jean du Bleymard, Prieuré de St Jean du Bleymard, maison notable Paytavin, de très belles maisons aux toits de lauzes du Tournel.

Nous traversons la commune car la chambre d'hôtes se trouve à 1km au lieu dit Saint Jean du Bleymard. L'ensemble est moderne et  est tenu par des Hollandais " la Combette". Nous sommes accueillis comme des personnalités. La chambre, décorée avec goût une salle de bain rien  que pour nous, le luxe  lorsque nous sommes en randonnées. Nous sommes attendus pour l'apéritif que les propriétaires  offrent. Nous faisons connaissance des autres vacanciers. Le repas est à la hauteur du gîte, savoureux. Un plateau de fromage que nous ne voyons jamais dans un restaurant. Tous les fromages de la région sont représentés. Il faut absolument que nous gôutions toutes ces divines spécialités car Félix se fache. Nous voulons partir tôt le lendemain matin, mais sacrilège il faut prendre le petit dèj, pas question de discuter.

Le Mont Lozère un étrange massif nu, parsemé de roches granitiques rondes. De nombreuses sources fraîches. Un monde où les genêts odorent le printemps et où la bruyère avec sa couleur violette, les myrtilles et les fraises sauvages annoncent l'été. Au sommet de Fini els le temps devient un moment de silence. nous laissant le plaisir de regarder  l'immensité qui s'offre à nous. Le vent, le ciel bleu les montagnes au loin nous donne l'impression d'être seuls sur cette terre.

A peine avais-je commencé ma marche, j'avais eu les oreilles remplies d'un bruit sourd et puissant, comme d'une houle lointain; je fus à certains moment tenté de croire au voisinage d'une cascade et à d'autre, je l'attribuai à l'effet tout objectif du silence absolu de la colline. Mais à mesure que j'avançais, le bruit augmenta et, au même moment, des bouffées d'air frais commencèrent à me parvenir depuis le sommet. Je finis par comprendre; cela soufflait très fort du sud sur l'autre versant du Mont Lozère et, à chaque pas, je me rapprochais du vent. R-L STENVENSON

Le petit  dèj est à 8h, comme la veille il est aussi impressionnant que le dîner. Un plateau de plus de 20 pots de confitures attend que l'on tartine notre pain de ces savoureuses gourmandises.

 Nous quittons ce douillet refuge pour le Mont Lozère, il est 9h ce dimanche 15 août.  Le ciel est magnifiquement bleu. Lorsque nous nous  sommes levés, la brume recouvrait toute la région. Heureux petit dèj qui nous a fait partir plus tard, car nous aurions  eu la brume comme seule compagnie. Nous traversons le village de Bleymard pour retrouver le Gr 70. Nous pouvons admirer les maisons en même temps que nous marchons. Le sentier démarre raide.  Nous rejoignons la D 20 puis arrivons à la station du mont Lozère, 1421m . Comme tous les jours lorsqu'il y a un bar, nous nous arrêtons pour prendre un café.

La station du Mont Lozère est située à 7 km du Bleymard en direction du Finiels, point culminant du Monts Lozère (1699 m). Véritable station de ski alpin, nordique, fond.

Nous quittons la route pour suivre les hautes montjoies de granite qui indiquent le chemin.

Certaines de ces monjoies sont incrustées de croix  de Malte. Le temps est magifique   mais un vent nous accompagne tout au long de la montée. Nous grimpons en douceur, nous tournons à droite  pour atteindre 800m plus loin le sommet de Finiels, le plus haut  de Lozère. La vue est magnifique, le spectacle est en 3D. En direction du sud vue sur les Cévennes.

Le mont Lozère s'étend presque d'ouest en est, son point culminant, le pic de Finiels où je me  trouvais.    S'élève à plus de cinq mille six cent pieds au -dessus de la mer et par beau temps permet à la vue d'embrasser tout le bas Languedoc jusqu'à la Méditerranée. 

Je pris posséssion, en mon nom, d'une nouvelle partie du monde. Car voici que s'offraient à moi une échappée sur l'air brumeux du ciel et un labyrinthe de collines bleues à nos pieds.   R-L STEVENSON

Il est 12h, le bon moment pour s'intaller et pique-niquer derrière un rocher. Il faut repartir et quitter ce beau paysage. Nous quittons le sommet en nous dirigeant plein sud pour atteindre une forêt. La descente est scabreuse beaucoup de grosses pierres sous les pieds. Après une belle descente nous arrivons à Finiels. Nous sommes dans le pays des camisards. Nous apercevons des tombes protestantes dans des jardins privés aux abords des maisons.  En effet les protestants ne pouvaient être enterrés dans les cimetières catholiques. La « Guerre des Camisards » est un soulèvement armé qui mobilisa les protestants des Cévennes et d’une partie Languedoc contre le pouvoir royal de 1702 à 1705.

Le terme « CAMISARD » désigne les Cévenols, les habitants des Cévennes, qui luttèrent pour la liberté religieuse. En effet, les camisards ont institué une guérilla dans les Cévennes, suite à la révocation de l’Edit de Nantes, en 1685.

     A cette époque, le Languedoc comptait le quart des protestants français, soit environ 200000 personnes, dont la plupart préfèrent combattre plutôt que de céder au despotisme de la monarchie.

     Bien souvent, leurs attaques se déroulèrent de nuit et furent surnommées «camisades »

     L’origine du mot « camisard» est une moquerie qui porte soit sur leurs sentiers préférés (ou cami) soit sur leur blouse paysanne appelée camisa.

    Une chose est sûre, ce terme de «camisard » leur fut attribué par dérision, mais leur vaillance le rendit redoutable.

     La guerre couvrit les départements de la Lozère, l’Ardéche, le Gard et l’Hérault. 

   Les Camisards : S.BASTIDE

Le hameau de Finiels  où huit familles y habitent, vivant de l'agiculture et du tourisme. 

Nous longeons le village puis  reprenons le  sentier jonché de pierre de granite. Sur  une petite colline, nous apercevons des cueilleurs de myrtilles. Il nous reste 5 km pour arriver au Pont - de - Montvert. Le paysage est lunaire mais beau. Nous franchissons le  ruisseau du Rieubellet atteignons le hameau de Rieumal, prenons un chemin qui monte à flanc de coteau puis descendons pour arriver aux premières maisons de Pont - de - Montvert. Le village situé au pied du versant sud du Mont Lozère, à 878 m mètres d’altitude, le bourg est le premier village baigné par le Tarn qui prend sa source quelques kilomètres en amont, près du hameau de Bellecoste, sur les hauts plateaux du massif granitique du Mont Lozère.

Nous sommes sous le charme de ce petit village, ses ruelles ses vieilles demeures. Nous le longeons pour arriver au refuge municipal. C'est un gîte spacieux avec un coin cuisine, des chambres de 10 lits.

Après la douche et le linge lavé, nous repartons sur le bourg pour le visiter. Un petit marché est installé sur les bords du Tarn. Les bars sont remplis de monde, vacanciers et villageois. Nous nous installons à une terrasse et dégustons une boisson. 

On parle du chemin de Stevenson et de l'écrivain, mais quel était cet animal appelée Modestine.

Une ânesse en miniature guère plus grosse qu’un chien, d’un gris souris, avec un regard bienveillant et une mâchoire résolue. La mâtine avait quelque chose de propre, de distingué, d’élégant sans affectation, qui flatta immédiatement mon imagination. » R-L STEVENSON.

Nous découvrirons en lisant "voyage avec un âne dans les Cévennes" qu'elle fût plutôt maltraitée par son maître. Sans cet animal qui lui servait d'accessoire pour son matériel, il n'aurait sans doute pas parcouru le chemin qui est devenu le GR70.

Lundi 16 nous quittons Pont de Montvert  encore endormi. Nous empruntons le pont où coule le Tarn.  Seule la petite boulangerie a de la lumière dans le fournil, il est 6h30. Je me dis que peut-être le magasin est ouvert, bonne pioche le boulanger se fait un plaisir de me  vendre du pain tout chaud.

Nous quittons le village par un début de sentier qui s'élève au-dessus de Pont de Montvert, quel spectacle et en prime le soleil qui pointe à l'horizon.  Nous franchissons plusieurs clôtures arrivons sur le plateau de la cham de l'Hermet. Nous apercevons une bergerie de type caussenard, voutée à l'intérieur. Nous entrons dedans c'est sombre mais belle construction. Nous descendons dans la vallée de la Fiarouze. Marchons entre lisière de bois, parcs à bestiaux, et arrivons au col de la Planète. Empruntons un chemin qui se dirige vers le col des 3 Fayards. Nous suivons le sentier descendons, montons arrivons à une cabane "la baraque à Bonna, abri pour randonneurs et bergers". Nous  continuons dans un bois de hêtres pour arriver au col du Sapet 1080m. Toute la matinée notre marche  sera marquée de montagnes, de bruyères, un panorama à vous couper le souffle. Nous retrouvons un couple au col du Sapet  que nous avons connu la veille. Plus loin nous retrouvons Alain qui attend sa famille sur la D20. Il nous invite à aller voir  le point de vue en gravissant  une colline, sur ses hauteurs elle nous fait découvrir à 360° les Cévennes. Il est l'heure de pique-niquer. Nous nous installons sur les bords de la D20 et discutons avec le Bordelais.

Nous arrivons à Florac Après avoir longé le Tarn il est  17h30. Un après midi en forêt et tout en descente, moins agréable que le matin. Journée difficile et longue, 30km. A l'entrée de la ville se trouve une grande épicerie, faisons le ravitaillement et partons en direction du refuge municipal qui se trouve près de l'église. L'arrivée n'est pas comme on l'aurait souhaité. La responsable des lieux nous fait savoir que le réfectoire du rez de chaussée est infecté de punaises. Nous sommes catastrophés de cette nouvelle. Alain arrive avec sa famille même discourt pour eux. La personne nous dit qu' à l'étage  il n'y en a pas. Là, on ne la croit pas. Nous sommes d'autant plus gênés, car on sait que sur Florac il n'y a plus d'hôtels ou autres gîtes de libre. Le chemin de Stenvenson est fréquenté par les randonneurs mais aussi par d'autres chemins qui le rejoignent.  Nous passons la soirée à mettre nos affaires en dehors du lit et  à regarder les matelas, les couvertures les draps. Ces petites bêbêtes se réveillent que la nuit, alors pour les voir avec une loupiotte, on peut toujours rêver. J'ai dans mes trousses une lotion au camphre j'en asperge nos lits ainsi que les sacs en espérant que les bestioles n'aimeront pas l'odeur. Nous demandons à changer les draps car ils ne sont pas nets.

Avec tout ce remue-ménage nous ne visiterons pas la ville. La seule douceur que nous ayons en soirée c'est le soleil qui nous sourit Nous mangeons dehors avec tous les autres itinérants.

  Florac est une commune française, sous-préfecture du département de la Lozère, dans la région Languedoc-Roussillon. Elle est également le siège du parc national des Cévennes.

 "Pour ma part, je ne voyage pas pour aller quelque part, mais pour marcher : par amour du voyage. L'important est de bouger, de sentir de plus près les nécessités et les besoins de la vie quotidienne, de quitter le lit douillet de la civilisation pour toucher de nos pieds le granit de la terre parsemé de silex coupants. Hélas, tandis que nous avançons en âge, nous sommes plus préoccupés de nos affaires, il nous faut travailler, même pour mériter quelques jours de vacances. Maintenir un paquet sur un bât contre le vent glacé du nord, n'est pas un art supérieur, mais cela sert du moins à occuper et à calmer l'esprit. Quand le présent est si absorbant, qui pourrait se tourmenter de l'avenir " R.L. STEVENSON

Les Cévennes, grandes et splendides à la fois, les vallons cévenoles nous incitent à la paresse, à la rêverie.  Les chemins franchissent  les forêts d'essences muliples, descendant vers les ruisseaux avant de rejoindre les collines enneigées ou ensoleillées. Les villages traversés par ce magnifique décor nous rappel l'histoire ancienne de nos parents, des paysans travaillant la terre le dos courbé. Des villages presque inchangés depuis des décennies.

Nous quittons Florac ce matin du 17 août avec le  regret de n'avoir pas eu le temps de visiter cette ville. La nuit s'est passée sans trop de difficultés. Pas de démangeaisons en ce qui nous concerne. C'est vrai que la chambre avait une odeur très particulière avec le camphre.

Nous sommes sur le chemin il est 6h30. Le soleil commence à pointer sur les collines rouges qui se trouvent en face de notre parcours, les falaises du Causse Méjean. Nous  nous engageons dans la vallée de la Mimente. Aujourd'hui le parcours est de  30 km. Plus loin, le village de Saint Julien d'Arpaon. Nous poursuivons sur l'ancienne voie de chemin de fer fermée en 1968. Nous  coupons la N 106 et passons sous un  hameau  pour arriver à l'ancienne gare de Cassagnas. 

 J'approchais maintenant de Cassagnas, amas de toits noirs groupés de coteau. Dans cette vallée sauvage, parmi la châtaigneraie, et dominée dans l'air limpide par de nombreux pics montagneux. La route longeant la Mimente est encore neuve, et les montagnards ne sont pas encore revenus de leur surprise quand la première charrette est arrivée à Cassagnas. R-L STEVENSON. 

Une variante existe par le col des Laupies par le Gr 72.  Nous préférons continuer le Gr70.

Notre chemin se fait entre route forestière, ruines et hameaux. Pas de difficulté sur ce parcours. Plus loin nous marchons sur le Gr7/ Gr67, deux voies, l'une  commençant  au sommet du Ballon d'Alsace et se termine en Andorre. L'autre le tour des Cévennes.  Plus loin nous empruntons  un chemin qui descend sur le mont Mars, puis jusqu'au col de la Pierre Plantée. Magnifique menhir sur notre passage, nous sommes à 891m d'altitude.

Nous poursuivons et arrivons à le Serre de la Can. Nous descendons à travers bois et arrivons sur le village de St Germain de Calberte. Aujourd'hui encore, le circuit a ravit nos yeux. Nous entrons dans cette petite commune où se trouve un commerce. Nous prenons le temps de faire nos courses pour le lendemain midi. La vendeuse est charmante. Dans  cette épicerie, nous pouvons acheter à l'unité, fruits, légumes mais aussi yaourts et autres.

L'hôtel n'est pas difficile à trouver dans cette commune de 460 habitants, face à l'église. L'hôtel le Recantou un hébergement idéal pour  les randonneurs. Les chambres sont propres et l'accueil excellent. En visitant les lieux nous découvrons une sculpture en hommage aux habitants de  Cévennes. 

Cette statue  rend hommage aux femmes, hommes, enfants qui ont peuplé les montagnes des Cévennes depuis des milliers d'années, qui y vivent et y vivront en harmonie avec la nature.

La statue du Cévenol, commandée par le Parc des Cévennes et la commune, représente un homme soulevant un dalle de schiste. Elle est l'œuvre de l'artiste iranienne "Affrooz Cherine".

La vie paraît paisible à travers  ces petites ruelles. Nous finissons la soirée sur la terrasse avec une bière et faisons connaissance avec d'autres marcheurs.

J'avais cherché  une aventure durant ma vie entière, une simple aventure sans passion, telle qu'il en arrive tous les jours, à d'héroïques  voyageurs et me trouver ainsi, un beau matin, par hasard, à la corne d'un bois du Gévaudan,  ignorant du Nord comme du Sud, aussi étranger à ce qui m'entourait que le premier homme  sur terre, continent perdu, c'était trouver réalisée une part de mes rêves quotidiens. R-L Stevenson

7 h, nous quittons St Germain de Calberte. L'appréhension est revenue à grand pas ce matin, lorsque Thierry s'est réveillé avec des morsures sur une jambe. Les piqures ressemblent étrangement aux traces que font les punaises après s'être remplies le ventre de sang de leurs victimes. Comme à chaque fois que nous sommes dans un gîte, nos sacs ne sont jamais mis sur un lit, première précaution qu'il faut prendre lorsque nous fréquentons des lieux publics. Ces mauvaises bestioles se  sont elles introduites clandestinement  lors de notre passage à Florac? malgré les précautions que nous avions prises.

Nous préférons ne pas réfléchir et prenons les sentiers avec un beau lever de soleil. Aujourd'hui 18 août c'est notre dernier jour de marche. Comme STEVENSON, nous arrêtons à St Jean du Gard. La matinée reste agréable à travers forêt, collines  chemins sinueux. Nous arrivons à Saint Etienne-Vallée Française après 9 km. Authentique village cévenol, bien  placé au cœur des Cévennes méridionales en Lozère du sud, à proximité du Gard, des gorges du Tarn et des Causses, en bordure du Gardon, niché dans la verdure de ses prairies et de ses collines boisées. Nous remarquons une petite boutique de bijoux, tenue par 2 messieurs. Nous entrons et  découvrons que les colliers sont faits sur place, en  discutant avec les propriétaires. Les perles sont des graines venant de Martinique, c'est beau alors on se laisse tenter par ces jolies  parures.  Plus loin dans le village, nous prenons le temps de prendre notre café, nous flânons un peu plus longtemps que les autres jours, c'est la dernière journée que nous passons dans cette magnifique région. Nous traversons le village  pour prendre une petite route sur la droite, continuons sur un chemin qui monte entre des massifs forestiers. Nous gagnons le col de St Pierre après une bonne montée  raide, grosses pierres sous les chaussures, visibilité à perte de vue. Nous retrouvons le papa d'Annecy et ses 2 enfants que nous avions rencontrés à Le Monastier sur Gazeille.  Un  de 12/13 ans l'autre 10/11ans, ces jeunes marchent à une allure soutenue malgré leur jeune âge. Nous nous installons ensemble pour pique-niquer et discuter du Gr. Ce petit trio a  décidé de continuer jusqu'à Alès.

 Plus tard nous reprenons notre destination en descendant à travers bois qui nous conduit à l'Affenadou toute petite commune. Par la suite nous marchons sur la D 907, nous la suivons en direction de St Jean du Gard. Les derniers kms se font sur cette route. Nous arrivons au gîte d'étape le pré  de Modestine  qui se trouve sur l'itinéraire. Nous sommes attendus par la maîtresse de maison. Boisson fraîche comme bienvenue, nos chaussures dans l'entrée et les sacs  restent dehors. La dame est gentille mais demande nos derniers jours de nuitées. Florac pose problème et pour cause. La maîtresse des lieux s'excuse mais nous demande de vider nos sacs afin d'inspecter toutes nos affaires, plis, coins et recoins rien ne doit être oublier,  elle nous aide dans le dépistage. Tout y passe, du slip au chaussettes, du sac à la brosse, du couchage à la serviette. Nous ne trouvons absolument aucune bestiole et pourtant Thierry a été piqué. Nous lui en parlons et lui disons que notre arrêt de la veille était au Recantou, elle nous certifie que le propriétaire prend ses précautions à chaque randonneur qui s'arrête chez lui. Elle nous parle d'un répulsif le clako, en vente chez tous les adhérents de l'association Stevenson,  dont le gîte fait partie. Bien sûr on ne se fait pas prier et achetons le produit miracle. 

Nous aspergeons tous les vêtements, couchage, sacs, des fois qu'une coquine serait restée à l'insu de notre inspection. Elle nous dit que le refuge de Florac est depuis pas  mal de temps sous surveillance mais que les punaises font surface régulièrement. Son mari est justement parti désinfecté les lieux, mais que malheureusement à ce niveau tout devrait être détruit literie, boiserie  pour éradiquer ces vilaines invitées. La mairie ne prend apparament  pas au sérieux ce phénomène qui polue la situation.

Nous sommes rassurés du test "punaises" et allons prendre posséssion de notre chambre qui est très bien. Dans la soirée, nous allons visiter la ville qui se trouve à 1 km et restons à manger le soir sur une terrasse d'un restaurant.

Il faut qu'un homme ait médité sur un paysage avant d'entreprendre d'en jouir pleinement. Ce n'est pas à la faveur du juvénile enthousiasme, éprouvé à la conquête d'un sommet, que l'on peut s'approprier la quintessence de la beauté. R-L STEVENSON

Après 10 jours sur le GR 70, entre la Haute- Loire, l'Ardèche, la Lozère et le Gard,  nous décidons de ne pas faire la dernière étape jusqu'à Alès.

Nous sommes le 19 août. Le bus qui doit nous conduire à Alès part dans l'après midi. A St Jean du Gard, une jolie locomotive à vapeur sillonne l'été, la vallée des Gardons où les touristes peuvent  admirer la paysage, s'arrêter et visiter   la bambouseraie mais aussi rejoindre Anduze. Petite balade agréable que nous faisons.      

 L'après midi, le bus nous conduit à Alès où un hôtel est réservé.

Vendredi 20 août nous prenons le train qui nous reconduit au Puy en Velay. Merveilleux parcours à travers les gorges de L'Allier qui se termine à Langeac. Le trajet en bus est long  jusqu'au Puy. Nous passons 2 jours dans cette ville chargée d'histoire et de monuments. Ville où bon nombre de pèlerins partent pour Compostelle.

 L’étonnante chapelle Saint –Michel d’Aiguilhe, la cathédrale (inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO) et son cloître du XII ème siècle, son musée d’art religieux ,le rocher Corneille et la statue Notre Dame de France, le  musée Crozatier. Avons réservé le gîte St François, bonne adresse pour les pèlerins de St Jacques et qui se trouve à coté de la cathédrale.  

Les 10 jours de randonnée que nous avons fait au travers du Gr 70, ont été très agréable. Les  sentiers traversés,  la beauté du paysage et les villages. Nous n'avions pas une Modestine pour porter nos bagages, mais en prenant le temps de poser un pas devant  l'autre, admirer la nature,  à discuter avec les uns et les autres au détour d'un chemin ou d'une rue, en découvrant qui était Stevenson à travers les récits qui bordent le Gr, nous sommes rentrés en Normandie avec le souvenir d'un séjour léger et  ensoleillé.