Le chemin en Espagne

St Jean Pied de Port
St Jean Pied de Port

Dimanche 24 mai 7h30.  Nous prenons la petite route qui conduit à Roncevaux,  la voie du Camino Frances.  La veille,  en allant faire tamponner notre créanciale à St Jean Pied de Port,  les hospitaliers de l'accueil des pélerins nous ont fortement déconseillé de prendre l'itinéraire indiqué car trés difficile avec des vélos.

C'est ce que nous faisons. Nous prenons la D933 et grimpons tranquillement en admirant le paysage, car la nature est magnifique même par cette route. Nous entrons dans la Navarre trés boisée, rejoignons Roncevaux, un arrêt pour visiter la chapelle du St Esprit,  allons à L'accueil et repartons pour faire un bout de route. Le temps se met à la pluie, nous sommes obligés de stopper à Espinal où nous trouvons un camping à l'entrée   du village qui fait des minis chambres pour pélerins.

La pluie n'a pas cessé pendant la nuit, on se dit que les chemins seront difficiles.

26ème étape, nous partons dans l'idée de prendre le chemin, mauvaise pioche, le terrain est boueux et nous sommes obligés de pousser le vélo.  Nous faisons  cette étape en empruntant la route.  Nous sommes déçus de ne pas pratiquer le chemin là ou les pélerins cheminent.  

Ce sera ainsi tout au long du Camino, le temps n'est pas avec nous et il faut se faire une raison. Nous arrivons sur Pamplune où un Espagnol bien sympathique  et en vélo,  décide de nous faire visiter la ville, belle balade avec Iniac puis repartons pour nous diriger sur  Cisur Menor où nous décidons de passer la nuit dans  un  albergue privé.

Pamplune est la Capitale de la Navarre . Elle se situe à 440 m d'altitude. Elle a une population de 197 989 habitants. A visiter.

La cathédrale de Pamplune
La cathédrale de Pamplune

Les albergues nous changent de la France ou nous avons passé les soirées seuls.  En Espagne nous découvrons les doirtoirs et les multitudes de lits superposés, nous sommes heureux d'avoir enfin des cheminant le soir avec nous.

27ème jour,  nous espérons pratiquer le chemin mais peine perdue, nous rencontrons des difficultés avec la pluie qui rend le parcours boueux voir argileux,  nous contraignant à prendre la route. La N111 avec ses camions, voitures et pour vue l'autoroute qui se trouve en parallèle.  Nous nous arrêtons à Puento la Reina pour nous restaurer. c'est dans cette petite ville  pour la première fois depuis notre départ, qu'une roue de mon vélo décide de crever. Il faut réparer, nous ne visitons pas cette ville pourtant très belle, le pont de style roman jeté sur la rivière Arga est sans doute le plus surprenant des monuments de l'endroit. Il s'agit de l'un des exemples d'art roman les plus beaux et les plus imposants du Chemin de Saint Jacques.

C'est à Estella que nous décidons de passer la nuit.  jolie ville avec  la basilique de Notre Dame du Puy, 14 207 habitants.  Nous nous dirigeons vers l'albergue municipal,  et pour la première fois depuis que nous cheminons l'hospitalier nous fait comprendre que nous ne sommes pas les bien venus, (Les cyclistes ne sont pas prioritaires  dans les albergues municipaux). Il nous faut chercher un autre endroit, ce sera l'albergue donativo chez des religieux avec garage pour les vélos.  34 lits dans la même pièce mais confortable.

Le parcours que nous rencontrons en Espagne  est assez difficile, les montées sont fréquentes, mais pour ce mercredi 28 mai pas de  difficultés  jusqu'à Los Arcos.

Des pèlerins rencontrés  dans ce  village de 1300 habitants nous conseillent de prendre le Camino,  ce que nous faisons jusqu'à Sansol, puis reprenons la N111 car le chemin s'avère être trop pierreux et abrupte.  Nous arrivons à l'entrée de Logronio ou nous retrouvons Bernard que nous avons rencontré à Ostabat, un peu seul sur le chemin. Nous faisons tamponner nos passeports chez Félicia qui recensait les pèlerins jusqu'en 2002, c'est sa fille qui assure la relève depuis Logronio ville dans la Rioja, 15 000 habitants en 2010, la cathédrale Santa Maria la Redonda. L'église de Santiago el Real, très belle ville à visiter.

Déluge de grèle sur Logronio
Déluge de grèle sur Logronio

Nous prenons le temps de flâner dans cette jolie ville  puis repartons pour Navarrete, superbe soleil,  mais soudain, un orage et une averse de grêle, lorsque nous arrivons dans le parc, rien pour nous abriter, sauf nos casques, un couple de Français du Maine et Loire avec nous, de la grêle aussi grosse que des œufs de pigeon.  Le pire est à venir lorsque nous repartons, une déferlante venue des montagnes nous bloque. Après un certain temps, nous décidons de continuer, mais avec des vélos, la manœuvre devient difficile.

Nous arrivons à Navarrete boueux et trempés et pour couronner la journée l'albergue municipal nous dit non net et précis, l'hôtel qui se trouve en face de même.  Il est vrai que nous ne sommes pas avenants dans nos vêtements mouillés. Alors nous cherchons et nous trouvons un albergue privé (EL CANTARO lieu touristico), garage pour les vélos, le lux lorsque nous arrivons dans la chambrée que nous partageons avec une multitude de pays (Allemagne, Ile Canarie, Italie, Angleterre, Néo-Zélande) un coin cuisine, une machine à laver, un sèche linge qui nous rendent un grand service vu l'état de nos habits, le tout pour 10 euros.

Depuis Los Arcos nous roulons dans la province de la Rioja, que nous trouvons très belle.

Ce matin du 29 mai, nous prenons la direction de Najera, Thierry décide de prendre la chemin et moi sur la N120, car il me semble qu'avec le déluge de la veille, le camino ne sera pas praticable pour un VTC. Nous nous retrouvons à l'église de Najera, Thierry ne continue pas sur les pas des pèlerins car la boue l'empêche de rouler.

Nous continuons sur la N120 très dangereuse, que des camions sur cette voie. Nous arrivons à Sant Domingo de la Calzada pour y faire une halte, et  faire tamponner nos créanciales au refuge donativo tenu par des Français qui souhaitent que nous restions pour la nuit. Nous sommes très surpris de cette gentillesse. Nous demandons pourquoi cette hospitalité alors que les cyclistes ne sont pas prioritaires. Les hospitaliers trouvent que nous sommes très fatigués et vu le chemin parcouru depuis notre départ, ils souhaitent que nous restions. Nous visitons la ville et sa cathédrale.  Depuis le XIVe siècle, une poule et un coq blancs vivent à l'intérieur de la cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, dans un beau poulailler gothique   (lire le miracle du pendu-dépendu).

Nous rencontrons  Eric qui chemine avec son chien, il cherche un albergue pour la nuit, mais les hospitaliers qui nous ont bien accueilli ne veulent pas de chiens. Eric nous explique qu'il est parti du Puit en Velay  et tout au long de la France son chien et lui ont été bien accueilli. Arrivé sur le camino Espagnol, il se loge en forêt sous une bâche car les Espagnols ne veulent pas d'animaux. Nous sommes très tristes car nous   ne comprenons pas ce comportement.  Eric est un pèlerin comme tous ceux et celles que nous croisons pourquoi ce manque d'hospitalité envers ces hommes et ces femmes qui décident de partir avec leur compagnon à 4 pattes.

Pour cette étape du 30 ème jour, nous prenons le chemin sur 25 km pour ensuite reprendre la N120 toujours aussi dangereuse, les nerfs sont à vifs,  en ce qui me concerne, la fatigue s'est installée  et le plaisir a disparu. Le parcours est difficile depuis St Jean Pied de Port,  que de la montée,  je craque et décide d'abandonner lorsque nous serons sur Burgos. 81 km pour arriver dans cette grande ville, il est tard et il nous faut trouver un endroit pour dormir. Bingo, le refuge des pèlerins El Parral  nous fait comprendre que nous ne sommes pas les bien venus, nous repartons en ville pour chercher un hôtel.  Il pleut et le moral est dans les chaussettes, c'est décidé nous ne continuerons pas le chemin pour Compostelle.

Burgos est une ville de plus de 180 000 habitants, sa cathédrale Santa de Burgos, magnifique monument, la porte Sainte Marie, ses rues, ses places font que cette ville mérite d'y séjourner une journée, hélas pour nous   n'avons pas pris ce temps.

Hornillo Del Camino
Hornillo Del Camino

L'hôtel très confortable,  un bain chaud, un bon repas, nous redonne le moral pour la 31ème étape. Derrière  nous l'idée d'abandonner le camino,  nous reprenons le  parcours avec plus de sérénité. Comme le temps est souvent à la pluie, nous ne prenons pas le camino et restons sur la N120  moins fréquentée par les camions depuis la sortie de Burgos. Cette étape jusqu'à Hornillo Del Camino, petite étape, pour nous remettre en jambe. Hornillo Del Camino est un petit village  situé dans la province de Burgos et la communauté autonome de Castille-et-León.
Le village s'étend sur 14,1 km² et compte 66 habitants depuis le dernier recensement de la population. La densité de population est de 4,7 habitants par km² sur le village.  Nous sommes dans la Maseta. 

J'aime la Maseta, le spectacle est magnifique avec ses champs de blé, de coquelicots, le vent qui fait frissonné les épis, la couleur jaune se mêlant au ciel bleu.)

   l'albergue d'Hornillo se trouve près de l'église, déjà  complet lorsque nous arrivons, mais l'hospitalier souriant ouvre les portes du gymnase tant pour les randonneurs que pour  les cyclistes. Des matelas au sol, les douches, le repas que nous pouvons cuisiner dans l'albergue, la soirée se passe dans la bonne humeur. 

Très bonne nuit dans ce complexe sportif. 1er juin, nous prenons les petites routes pour nous diriger vers Castojeriz,  882 habitants en 2010,  un beau village qu'il faut visiter.

Nous prenons le temps de prendre un café dans un bar magnifique ou l'aubergiste doit faire la collection de billets de banques de tous les pays car il y en a sur les murs et le  plafond, c'est un régal pour les yeux. La pluie depuis le matin décide de nous accompagner pour la journée, nous décidons de continuer jusqu'à Fromista. C'est complètement trempés que nous arrivons au refuge des pèlerins (46 lits+matelas) cette dame bienveillante qui tient ce lieu fait tout ce qu'elle peut pour loger les pèlerins qui arrivent en manteaux sacs et chaussures délavés par la pluie.  Nous dormons dans la cuisine, certains dans les couloirs, personne ne restera sous la pluie grâce à cette  bienveillante dame.

Nous sommes 12 personnes dans la cuisine sur des matelas, nous dormons bien.

Pour ce 33ème jour nous prenons la route parallèle au Camino qui se profile jusqu'à Carrion de Los Condes, belle commune avec l' église de San Andrés,  dans le centre ville,
l'  église de Nuestra Señora de Belén  Au centre,  l' église de Notre-Dame de Bethléem   
l' ermita de la Vera Cruz , la chapelle de la Sainte Croix
le monastère de San Zoilo sont  des lieux à visiter.

cette étape se termine à Sahagun ou nous rencontrons Maryvonne, une pélerine que nous connaissons bien,  Manchoise comme nous.  Elle s'est bléssée et doit repartir,  déçue de quitter le camino.

C'est dans un refuge privé  près des arènes que nous trouvons de la place, grand dortoir, coin cuisine, rien ne manque y compris pour les vélos. Nous visitons la ville après avoir lavé le linge car le soleil décide d'ensoleiller la soirée, idéal pour sècher.

 Le Monastère de San Benito el Real, dont on conserve uniquement un arc néoclassique,  les

églises de San Tirso et de San Lorenzo, de style mudéjar des XIIe et XIIIe siècles respectivement ; le Couvent des Bénédictines, qui abrite actuellement le Musée de Sahagún ; et le Sanctuaire de la Peregrina.

Nous sommes dans la Province de LEON, le paysage est plat un peu monotone, pour ce 34ème jour.  La pluie ne se manifeste pas ce matin, a t'elle décidé de rester dans les nuages!. Cette journée  doit nous permettre de retrouver Brigitte et Dominique, deux amies qui cheminent depuis St Jean Pied de Port. Nous sommes toujours sur la N120, le camino longe la route, ainsi nous retrouvons nos amies à El Burgo Ranero, petit village où il y a  un marché. Nous   décidons tous les 4 d'y faire nos courses pour un copieux pique-nique. Brigitte nous donne l'adresse d'un albergue privé à l'entrée de Puente Villarente. L'hospitalité y est chaleureuse, chambrées de 8 lits très propre, avec un magnifique parc pour se reposer. C'est dans cette ambiance que nos amies invitent 4 allemands à partagé le repas du soir, des pèlerins qu'elles ont  rencontré sur le chemin. Pour la première fois depuis notre départ, nous nous couchons tard mais  surtout,  heureux d'avoir partagé cette soirée avec des amis.

La Manchoise et la Bretonne sur les pas de St Jacques.
La Manchoise et la Bretonne sur les pas de St Jacques.

Aujourd'hui 4 juin,  cap sur LEON.  Nous donnons rendez-vous à nos 2 amies sur le parvis de la Cathédrale Gothique pour flâner ensemble dans la ville.

 Le parcours se fait dans la Zone, pas grand chose à admirer, sauf les cigognes qui se sont installées dans cette région. La cathédrale est magnifique, ainsi que les rues pleines de charme.  Mais comme à chaque fois que nous voulons visiter un endroit, il faut que l'un de nous deux reste à surveiller les vélos, c'est le prix à payer pour les cyclistes.

Nous faisons nos adieux à Brigitte et Dominique après avoir pris ensemble un déjeuner, pour nous diriger sur  Hospital de Orbigo. Nous traversons LEON sans encombre, visitons l'hostal de San Marcos devenu un parador puis prenons l'ancienne voie Camino Réal, mais que de la nationale. Beau temps pour cette journée, mais de courte durée car en  fin d'après midi   la pluie s'invite  de nouveau en arrivant à Hospital de Orbigo. Nous sommes impressionnés du magnifique "PONT"   que nous traversons en arrivant dans la petite ville.  Hospital de Órbigo est construite sur les rives du Rio Órbigo. Les pèlerins sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle venant de León traversent le lit de la rivière en empruntant  le magnifique pont roman médiéval du 13e siècle. Le pont est exceptionnel car il mesure 240 mètres et comportes 20 arches. Le refuge paroissial (80pl) nous accueille avec gentillesse. Les chambrées sont petites, il y a un coin cuisine un beau parc que nous ne pouvons utiliser car la pluie  tombe vigoureusement. En soirée comme tous les soirs, nous faisons nos courses dans les petites épiceries que nous trouvons sur tout le chemin de St Jacques. Nous sommes désolés de voir souvent les églises fermées et  Hospital de Orbigo ne déroge pas à cette règle.

Après une nuit calme, un petit " Dej" compris dans la nuitée, nous reprenons nos cycles et la pluie pour compagne mais qui s'estompera dans la matinée. Nous nous arrêtons à Astorga pour visiter les lieux.  Belle ville de plus de 12 000 habitants. La cathédrale Santa Maria,  le palais épiscopal,  l'orloge Maragato, l'hotel de ville, la muraille.  Après 3 heures de repos et de visite, nous reprenons le chemin à destination de Rabanal Del Camino. Nous abordons le versant Est des Monts de Léon tout en pente douce. Pour les cyclistes il y a une petite route en parallèle du sentier des pèlerins. Le paysage est magnifique ajoncs fleuris, landes,  des pèlerins qui nous saluent, un beau ciel bleu, nous sommes heureux de pédaler dans ce décor.

Arrivés à Rabanal, nous n'avons pas de difficultés pour trouver un albergue, le Del Pilar, 62 places, coin cuisine et possibilité de commander des repas . Il y a vêpres à 19 h dans la petite église romane, nous y participons.  A voir dans ce village de 70 habitants en 2009, Eglise de la Asuncion Rabanal del Camino,  elle fût construite au XIIe siècle. l'Ermita del Bendito Cristo de la Vera Cruz qui date du XVIIIe siècle. 

Sur le chemin, on nous a régulièrement dit qu'il fallait faire attention à notre matériel, papiers, argent. Depuis que nous sommes en Espagne, nous sommes témoins de plusieurs vols. Un Hollandais se faisant voler son vélo dans le refuge de St Domingo de la Calzada, notre nourriture et ce matin du 6 juin, un Français se fait chiper sa lampe frontale, nous redoublons de vigilance.

 Le  ciel est ensoleillé pour notre départ, direction Molinaseca, paysage de landes,  d'ajoncs blancs. La petite  route suit le chemin des pèlerins et jusqu'à la Cruz de Ferro, nous montons en douceur atteignant les 1490m d'altitude. Comme le veut la tradition nous avons emporté avec nous 2 cailloux de la maison pour les déposer à la croix et faire un vœu. Lieu mystique pour beaucoup de pèlerins .

Nos petits cailloux à la Cruz de Ferro.
Nos petits cailloux à la Cruz de Ferro.

En fait cette croix est la dernière des  400 pieux qui servaient à guider les pèlerins depuis Foncebadon lorsque la neige effaçait le chemin. 

 Après un petit temps de repos, nous reprenons la route LE 142 qui nous mène à Monjarin, village en ruine mais avec un refuge qui est tenu par Thomas et qui offre le café pour les pèlerins qui font une halte chez lui. La route franchi le col d'une alt de 1517m  et ayant une descente très raide. Nous arrivons à El Acebo et nous y faisons une halte pour se restaurer et visiter le petit village. Nous arrivons à Molinaseca sans faire un arrêt préférant rouler jusqu'à Cacabelos. C'est une  ville  moyenne avec 5500 habitants. C'est à la sortie de la ville que se trouve l'albergue, mais pour nous ce sera non, ou bien il faut attendre 19h en cas ou des pèlerins arriveraient, priorité aux marcheurs. Nous ne pouvons attendre et partons en direction de Villafranca Del Bierzo où nous trouvons un refuge privé l'Ave Fenix, 77 pl. L'hospitalité est correcte, le refuge propose des menus pèlerins. 

Dernière importante localité du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle dans la province de Léon. . Sa vieille ville à été déclaré Bien d'intérêt culturel.

La Grande place, la Mairie, la rue de l'Agua, l'arc où elle débouche et des manoirs dont une mauresque du XVe siècle, le Couvent des Agustinas Recoletas et autres palais.

À l’entrée de la ville , se trouve  l’église romane Santiago, qui date du XIIe siècle, une visite s'y impose.

O Cebreio.
O Cebreio.

Samedi 7 juin, la journée s'annonce ensoleillée. Nous prenons la direction de O Cebreiro, tout en montée pour cette étape. O Cebreiro est un petit village médiéval mais très touristique. Nous prenons le temps de faire une pose et tamponner nos créanciales. Nous entrons dans la Galice, le paysage devient différent, paraît-il qu'il pleut souvent dans cette région, mais pour nous c'est le soleil qui nous accompagne pour cette journée. Nous franchissons le Col de San  Roque altitude 1270m  par la LU 634, découvrons la statue du pèlerin, imposante mais belle dans son effort. La route est difficile car 3 cols pour cette étape, Le 3ème,  le col de l'Alto Do Poio 1337 M aura raison de notre fatigue. Le paysage est splendide même par la petite route que nous fréquentons. Les villages sont radicalement différents des autres  contrées que nous avons traversé. C 'est par une descente de plus de 13 km que nous arrivons à Tricastela. L'albergue municipal se trouve à l'entrée du village, la jeune personne nous accueille avec gentillesse. Pas de cuisine, nous partons nous  restaurer en ville. Triacastela est un petit village , situé dans la province de Lugo . Le village s'étend sur 51,2 km² et compte 792 habitants depuis le dernier recensement de la population.

Bonne nuit dans ce refuge en compagnie d'un jeune couple. En partant ce matin, la pluie s'annonce au loin, nous décidons de bâcher nos sacoches et d'enfiler la cape. La pluie décide de nous accompagner, un peu dommage car le paysage est très beau, mais contrarié par ce temps. Nous prenons la variante par Samos sur la LU 634 ou nous faisons une halte.  le monastère de San Xian de Samos, bâti sur les berges de la Sarriá -rivière également appelée Ouribio mérite une visite.

Nous continuons sur Sarria et décidons de prendre le chemin, impraticable pour les vélos. Nous reprenons la route après avoir vu la borne des derniers 100km. Cela semble sans intérêt, mais voir cette borne nous redonne du courage pour finir ces derniers km. Nous arrivons à Portomarin et à l'entrée de la ville, voyons une pension de famille (chez Manuel) Les propriétaires nous accueillent avec gentillesse, ce soir nous avons une chambre pour 2.   Portomarin est une nouvelle ville, l'ancienne étant engloutie pour un lac artificiel.

Le lac artificiel de Belesar, sur le fleuve Minho, engloutit sous ses eaux l'ancienne cité de Portomarín. Les monuments principaux furent  sauvés pierre par pierre : l'église romane de San Pedro, l'impressionnante église forteresse de San Nicolás.

Quelques-uns des anciens palais médiévaux furent également reconstruits sur la place principale du nouveau Portomarín. Le pont médiéval fut submergé par les eaux.

Le Lac de Belezar, Portomarin.
Le Lac de Belezar, Portomarin.

Nous quittons Portomarin ce lundi 9 juin  après avoir salué  le propriétaire des lieux et un couple de Français. les pèlerins étant de plus en plus nombreux, il est hors de question de les ennuyer sur le camino avec nos vélos. La route que nous prenons la N 547,  pas si facile et dangereuse. Forêt de chênes et d'eucalyptus est le décor de cette étape, avec parfois des pèlerins en parallèle de la route. Nous prenons le temps de nous restaurer à Palas de Rei, menu pèlerin pour ce midi, et en prime le soleil qui nous revient. Depuis que nous sommes en Galice le spectacle des horreos ou greniers à maïs enchantent nos yeux, ils sont magnifiques.

Nous décidons de faire halte à Melide pour ce soir . Nous allons au refuge des pèlerins, non    pour les cyclistes. Nous trouvons un hôtel en centre ville. De la place pour les vélos, une bonne chambre, un bon bain, finalement un peu de confort nous ravi. Nous visitons la ville, rentrons dans l'église qui est ouverte et comme souvent mettons un cierge c'est un moyen de compenser le manque d'offices que nous n'avons pas fait, soit parce que nous n'avons pas le temps, soit les églises sont fermées, ou manque d'informations des horaires des messes.  Melide est la dernière étape avant Santiago pour nous qui sommes en vélo. C'est aussi à cet endroit que se rejoignent le Camino et le Norte. Beau soleil pour ce 10 juin. Nous nous arrêtons à Arzua, visitons l'église et son centre, comme tous les matins, nous prenons un café con leche puis repartons en prenant la N 547 particulièrement dangereuse. Les Espagnols ont la vitesse aisée, il faut être attentif et bien gardé son guidon droit. Le chemin étant à coté de la route, nous rencontrons beaucoup de monde, certains partis très tôt pour avoir une place dans un refuge, les autres avec un petit sac. Lavacolla nous permet de suivre l'itinéraire  des pèlerins, c'est aussi les abords de St Jacques, les montées sont belles jusqu'à  Monte Do Gozo.

Le Mont Del Gozzo.
Le Mont Del Gozzo.

Le Monte do Gozo ( colline de la joie ) est situé à environ 4 km du centre ville de Saint Jacques de Compostelle et à moins d'un kilomètre du petit hameau de San Marcos . 

Les pèlerins voient en arrivant, la petite chapelle de San Marcos et le monument érigé en l'honneur du pape Jean Paul II , qui est monté sur la colline lors de la journée mondiale de la jeunesse en août 1989. Ce monument  est surmonté d'une sculpture et sa base dépeint la visite de Jean Paul II, mais aussi  le pèlerinage de saint François d'Assise au début du 13ème siècle .

Une visite  s'impose dans cet endroit de Sainteté. Pour nous, nous réalisons l'ampleur du chemin parcouru, mais aussi un sentiment que nous n'avions pas ressenti tout au long de notre parcours.  Nous repartons pour la ville Sainte. Sur le parcours, un office de tourisme nous renseigne pour le retour ( les trains longues lignes n'acceptent pas les vélos), la compagnie Alsa, bus international,  accepte les cycles, nous prenons la direction de la station pour réserver notre départ le lendemain. L'hôtel s'impose pour cette dernière journée que nous trouvons sans trop de difficulté . C'est fatigués mais fraichement douchés et sans les bécanes que nous prenons la direction de la cathédrale. Immense joie pour tous les deux devant ce monument imposant mais beau! Nous allons à l'accueil des pèlerins pour recevoir notre compostella.  Que de monde épuisés par tant de cheminement,  poussiéreux mais heureux d'être arrivés après tant et tant de jours de joie et de souffrances pour certains.

Nous visitons la cathédrale, prenons le temps de savourer l'instant.  Une messe est célébrée, en cette fin de soirée.   Nous visitons la ville, puis allons dans un bon restaurant.   Nous retournons vers la cathédrale illuminée et restons à la contempler jusqu'à  minuit trente. Nous avons bien dormi dans cet hôtel du centre ville,  9 h nous partons visiter les lieux et à 12 h nous allons à la messe des pèlerins, la cathédrale est remplie de monde.

L'après midi arrive vite, nous rencontrons des pèlerins que nous avons vu sur le parcours, toujours un moment de joie de les retrouver à cet endroit ou ailleurs lorsque nous étions sur le camino.

Notre bus étant réservé,  il faut quitter ce lieu magique avec le sentiment que nous partons trop vite.

18 h,   départ de Santiago, nous mettons 13 h pour traverser l'Espagne et arriver à Irun.

 Départ d'Hendaye, encore une journée dans le train, c'est à 20h30 que nous arrivons à Rennes où l'amie Françoise  vient nous récupérer.  Nous sommes fatigués  par tant de voyage,  heureux d'avoir fait le  camino. Heureux aussi de retrouver la Normandie et les amis.

La porte du pardon, cathédrale de Saint Jacques.
La porte du pardon, cathédrale de Saint Jacques.